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Qu'est-ce qu'un "auctor" ? Auteur et autorité, du latin au français
Gavoille Elisabeth
AUSONIUS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782356133274
En référence à la question posée par Foucault (Qu'est-ce qu'un auteur ? 1969), la réflexion collective menée ici propose de revenir sur les fondements sémantiques de la notion et sur son lien originaire avec celle d'autorité. Il s'agit d'explorer, au travers de ces 15 contributions, la riche polysémie du latin auctor, dans ses implications juridiques et politiques, philosophiques et théologiques, rhétoriques et littéraires, et dans son évolution vers le français auteur. Une première section présente les sens fondamentaux de auctor : étymologie et rapports avec le verbe augeo, examen de divers cas de synonymie. La deuxième est consacrée aux aspects institutionnels et historiques : signification de la formule patres auctores à propos du sénat romain, autorité politique et auctoritas historiographique chez Tite-Live et chez Tacite, image au fil des siècles de Brutus, fondateur de la république romaine et artisan de liberté. La troisième envisage les usages philosophiques (auctor et auctoritas chez Cicéron, auctor et interpres chez Sénèque), les développements littéraires (passage au Ier siècle du sens de garanti à celui d'auteur comme modèle à suivre ou initiateur d'un genre, construction d'une persona auctoriale chez Jérôme), enfin l'idée d'auteur divin dans la pensée païenne puis chrétienne (auctor uniuersi et expressions similaires). La quatrième partie porte sur les prolongements et mutations du Moyen Age et de la Renaissance : statut de l'auteur dans la réécriture des textes hagiographiques et dans l'écriture épistolaire, émergence aux XVIe-XVIIe siècles de la figure moderne, qui s'affranchit de la tradition et affirme son originalité.
Marchands et comédiens ambulants, colporteurs, bateleurs et baladins, ces figures itinérantes ont en commun de se définir essentiellement par les jambes et la voix. Elles inspirent une exploitation littéraire de l'oralité et une mise en scène du corps. Elles excitent aussi l'imagination visuelle, à travers l'inventaire des marchandises variées, la vive apparition d'objets, l'évocation des tours d'adresse. Outre la description pittoresque s'expriment parfois l'empathie pour les petits métiers et l'intérêt pour la culture populaire. La déambulation dans la ville se fait également exploration de la mémoire et voyage dans le temps. Les représentations littéraires oscillent entre le croquis expressif, la sourde inquiétude devant l'altérité du nomadisme ou la séduction de l'habileté, et l'exaltation d'une liberté fantasmée de l'errance. Car souvent la déambulation est présentée comme force motrice de questionnement et de franc-parler, mobilité de l'esprit lui-même. Le parcours proposé dans cet ouvrage examine divers lieux, époques et langues : textes latins, littératures germanique (Hans Sachs) et italienne (comédies de Giovanni Bricci, romans de DinoTerra), domaine français (histoires comiques du XVIIe siècle, Marmottes et Savoyards dans le Paris des Lumières, pamphlets et presse sous la Révolution), jusqu'à Cette chose étrange en moi d'Orhan Pamuk.
La liberté de rire peut aller de l'allusion moqueuse à la provocation transgressive. Quel est précisément, en matière d'écriture épistolaire, l'effet recherché et produit d'un trait d'esprit, d'un détail comique ou d'une raillerie, selon la situation de l'épistolier et son rapport au destinataire, individualisé ou générique ? Cet ouvrage collectif propose d'explorer les enjeux et modalités de la plaisanterie dans la lettre, de l'Antiquité jusqu'au XXe siècle : autodérision et mise en valeur de soi, élément de détente dans une situation critique et contrepoids à la mélancolie, témoignage d'affection ou complicité avec le lecteur, contribution à une visée persuasive ou didactique, puissance affirmée par l'ironie mordante ou par des sarcasmes vengeurs... Ainsi il offre une lecture éclairante sur la place que, au cours des siècles, l'écriture épistolaire a accordée au rire, à la plaisanterie, à la moquerie, à l'ironie, à une liberté d'expression parfois corrosive.
En hommage à François Guillaumont, spécialiste de la philosophie et de la correspondance de Cicéron, de la pensée religieuse à Rome et de l'histoire des doctrines anciennes, le présent volume réunit 26 études, réparties en quatre sections. La première partie traite de la théorie et des pratiques divinatoires : De diuinatione de Cicéron, rôle et représentation de l'augure, image prophétique de Carmenta aux origines de Rome, interprétation des songes et des signes. La deuxième explore des questions de religion et de théologie anciennes : collège des épulons, arithmologie sacrée, figure de Numa dans l'historiographie romaine, perception du divin et hiérarchie céleste, preuves de l'existence de Dieu selon Juste Lipse. La troisième est consacrée aux formes et modèles de la sagesse : droit et philosophie chez Ulpien, concept d'art de vivre, Gabriel Chappuys traducteur de Sénèque, inspiration philosophique chez Grégoire de Nazianze, Distiques de Caton, consolation selon Marsile Ficin. Un dernier ensemble porte sur divers aspects de la postérité de Cicéron, jusqu'à la lecture contemporaine du De diuinatione chez Amin Maalouf.
A la fin de l'âge du Fer, le nord-ouest de la Gaule est subdivisé en plusieurs cités indépendantes. Entre Manche et Atlantique, huit d'entre elles ont fait l'objet d'une attention particulière dans le cadre de cette enquête archéologique, qui vise à comprendre leur organisation et le rôle joué par les différents sites d'habitats. Contrairement à ce qui a longtemps été admis par les chercheurs, cette synthèse, issue d'une thèse de doctorat, met en exergue la pleine intégration de ces régions occidentales dans les processus sociaux qui marquent la fin de l'âge du Fer en Europe celtique et qui conduisent au développement de l'urbanisme et à la formation des territoires entre le IIIe et le Ier siècles a. C. La démarche consiste en une analyse des formes et des fonctions des agglomérations, mais également en un examen des espaces à caractère religieux (sanctuaires), des sites fortifiés et des établissements aristocratiques. Ce dépouillement exhaustif permet aujourd'hui de raisonner sur les liens économiques, voire administratifs, existant entre ces divers types de sites, tout en réfléchissant à la structuration sociale des cités et à l'évolution de leurs organisations jusqu'au Haut-Empire romain.
La justice médiévale et moderne fait depuis quelques années l'objet d'une lecture voire d'une relecture archéologique en Europe. Encore inédite en France, cette analyse ne se veut pas une démarche annexe de l'histoire de la justice par les textes et les images. Au contraire, elle souligne tous les apports des sciences archéologiques dans la façon d'évaluer et de penser la pratique judiciaire, la matérialité du droit de punir et de la contrainte pénale. Dans une réflexion liant perception de l'espace, signification et représentation sociale des vestiges, les articles que contient ce livre mettent en lumière l'architecture des lieux de jugement, d'exécution et d'emprisonnement, mais aussi les outils du bourreau et le sort des corps manipulés en justice à travers les inhumations qualifiées d'infamantes.