Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LA PHILOSOPHIE OFFICIELLE ET LA PHILOSOPHIE
GAULTIER (DE) JULES
SANDRE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782358210126
Avec la philosophie officielle et la philosophie, ouvrage paru en 1922, Jules de Gaultier, le penseur du Bovarysme, l'apôtre de l'Illusionnisme, franchit une nouvelle étape dans son parcours intellectuel. Lui qui, jusque-là, s'était surtout attaché à dénoncer les égarements du pseudo-rationalisme et les suspectes prétentions des zélateurs du Vrai, du Beau, du Bien, décide d'opposer à la Philosophie officielle - à ses préjugés, à ses logiques bourgeoises -, sa propre philosophie. "Cet avènement d'une philosophie de la relation, écrit Jules de Gaultier, d'une philosophie positive, l'activité de la pensée spéculative, littéraire et scientifique l'a préparé depuis bientôt un siècle. L'heure n'est-elle pas venue d'en faire une réalité?" Le pari est excitant, mais culotté: comment en effet peut-on construire une pensée systématique, enseignable, positive quand on part du principe que tout est illusion, que tout n'est que fiction? N'y a-t-il pas une forme de contradiction dans ce projet affiché de proposer au monde une philosophie "définitive" véritablement "rationnelle", "intellectuelle" et qui obtiendrait ainsi, en quelque sorte, une dérogation inespérée lui permettant de se situer "au-delà." de la fiction? Et pourquoi l'Humanité qui, depuis des millénaires n'arrête pas de nous rappeler que les brumes de l'inconscience et de la fiction universelle lui conviennent très bien, se prendrait-elle soudainement de passion pour les implacables lumières proposées par la philosophie de Jules de Gaultier? Autant d'apparentes contradictions et de sujets de doutes que Jules de Gaultier s'applique à démonter au fil des pages, avec l'élégance du style qui est le sien, avec son humour et avec son habituel sens de la démonstration.
Une sensibilité possédant le bonheur n'engendrerait ni métaphysique, ni philosophie. C'est le mécontentement, c'est une sensation de malaise qui détermine l'esprit à s'inquiéter et à se mettre en mouvement pour chercher un remède. Au cours d'une première tentative il s'avise de vouloir réformer la vie. La vie étant ressentie comme un mal, il lui semble que les choses soient autrement qu'elles ne doivent être, il veut qu'elles deviennent autres qu'elles ne sont et c'est cette tentative de réformer l'existence, cet espoir qu'elle deviendra autre qu'elle n'est qui engendre toutes les démarches du messianisme. Cette tentative échoue : parvenue à ses formes les plus hautes, elle se manifeste comme impliquant une contradiction avec elle-même. Il apparaît que sa réussite, fût-elle, par impossible, possible, aurait pour effet de révéler cette contradiction. C'est alors qu'une autre tentative se produit et recherche si ce n'est pas faute de négliger un des éléments impliqués dans l'existence, si ce n 'est pas en raison de l'erreur de perspective déterminée par cette négligence, que l'existence se révèle à sa propre vue sous ce jour défavorable. Cette seconde tentative aboutit sous les auspices de la sensibilité spectaculaire à montrer qu'il ne faut rien changer qu'un point de vue, et que l'existence comporte en elle-même et en fonction du jeu immanent qui l'anime sa justification immédiate. Jules de Gaultier.
Résumé : Les textes les plus célèbres ne sont pas forcément les plus lus. Cet essai de jules de Gaultier (1858-1942) l'illustre bien : malgré le succès qu'a rencontré la notion de bovarysme, le texte qui lui a donné naissance ne fut pendant des décennies accessible que dans quelques bibliothèques. Cette réédition vient combler une lacune, tant pour les chercheurs que pour tout amateur de Haubert. Chacun pourra désormais constater que le bovarysme, pour Gaultier, n'est pas simplement la tendance psychologique des êtres insatisfaits à l'évasion dans un monde imaginaire mais, à un niveau plus fondamental, la faculté qu'a chaque être humain de se concevoir autre qu'il n'est. Emma Bovary se révèle alors être, plus que l'emblème d'une frustration bourgeoise typique du XIXe siècle, un véritable modèle ontologique. Présenté et largement annoté par Didier Philippot, le texte est suivi d'une série d'études éclairant différents aspects de la notion de bovarysme. Cet instrument de travail, établi par des spécialistes européens, constitue un bon exemple de ce que peut donner une recherche menée en commun. Avec cette réédition, grâce au professeur norvégien Per Buvik, les deux essais de jules de Gaultier sur le bovarysme sont disponibles, Le Bovarysme de 1902 ayant été publié par ses soins en 2006, aux Presses de l'Université Paris-Sorbonne.
Résumé : Profitant d'un mariage en province où ils devaient se rendre tous deux, un journaliste amateur de "culture satanique" (hard rock, séries, BD) demande au Père Gaultier de Chaillé de faire la route avec lui pour l'interroger sur le diable : il savait en effet qu'il avait beaucoup étudié la question. Ce livre est né de cette conversation improvisée. Il balaye de façon claire, courte et moderne toutes les questions que l'on peut se poser sur le diable. Est-ce qu'il existe vraiment ? Si oui, qui est-il ? Que peut-il faire ? Ne pas faire ? Comment tombe-t-on sous son pouvoir ? Est-il exact que cela se traduit par des phénomènes étranges ? Comment peut-on s'en libérer ? Tenant un propos équilibré, sans voir le diable partout ni le voir nulle part, le Père de Chaillé livre ici un remarquable petit livre de spiritualité qui traite autant du mal que du pouvoir de notre liberté.
Bernd Manuel Weischer est un orientaliste allemand. Né en 1937, disciple de l'illustre arabisant Cari Brockelmann, il est un des derniers représentants éminents de l'école orientaliste allemande, possédant une formation philologique irréprochable et une maîtrise parfaite tant de l'arabe que du persan. Il a publié de nombreux essais sur Attar, sur Kirmani, sur la mystique musulmane ainsi qu'un volumineux corpus de textes protochrétiens traduits du vieil éthiopien et un autre corpus traduit du grec sur la symbolique chrétienne. Il a passé sa vie dans plus d'une dizaine de pays musulmans où il a enseigné dans les universités, donné des conférences et travaillé comme conseiller pour divers organismes allemands et internationaux. C'est ce parcours qui va de l'Indonésie en passant par les Emirats, l'Afghanistan, le Sénégal jusqu'au Maroc où il vit aujourd'hui dont il nous relate les étapes dans ce livre à la fois savant et personnel.
Depuis le début des années 1960, l'oeuvre protéiforme de Michael Lowy constitue un ensemble considérable, multiple et pourtant unitaire. Elle se fait tour à tour philosophique, sociologique et historienne, n'hésitant pas à transgresser les frontières disciplinaires. ?uvre singulière, à l'image de son auteur érudit et polyglotte, brésilien et français, issu de la culture juive d'Europe centrale, marxiste hétérodoxe et surréaliste. Michael Lowy aura étudié de façon approfondie la culture juive d'Europe centrale, les révolutions européennes, les utopies latino-américaines, les écrits politiques de Che Guevara, le romantisme, le surréalisme, le marxisme libertaire, la sociologie de Max Weber, le christianisme de la Libération, l'oeuvre de Franz Kafka... C'est aussi un parcours " transfrontalier " qui traverse le Brésil, l'Amérique hispanophone, l'Europe centrale, la France, Haïti. Oeuvre voyageuse, fruit d'une infatigable curiosité, elle est travaillée par les concepts d'utopie et de messianisme, à la fois objets de pensée et ferments de transformation sociale. En sorte que cette oeuvre, si peu académique mais toujours rigoureuse, témoigne aussi d'un engagement militant.
On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)
Cet ouvrage n'entend pas fonder une improbable macropolitique deleuzo-guattarienne mais souhaite plutôt explorer la présence d'une dimension micropolitique affirmative chez ces deux penseurs. Les chercheurs français et étrangers, dont les contributions sont ici réunies, abordent ainsi la dimension politique des arts, du cinéma et de la littérature en visant à souligner des formes de résistance au présent à l'heure où le globalitarisme économique et technologique induit un inévitable appauvrissement de la subjectivité individuelle et collective : " Nous ne manquons pas de communication, au contraire nous en avons trop, nous manquons de création ". Un enjeu éthico-politique de taille, retentissant autant chez Gilles Deleuze que chez Félix Guattari, consiste par conséquent à analyser les transformations de la subjectivité et de l'être-ensemble dans le cadre des mutations en cours, et à rendre compte des dynamiques de subversion nomadisantes, autant dans leur forme politique qu'esthétique, que les nouveaux régimes de domination viennent paradoxalement et indirectement produire.