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COMPACT
Gaudillière Marcel
TRISTRAM
27,85 €
Épuisé
EAN :9782907681100
Maurice Roche s'est imposé dès la fin des années 60, avec son premier roman, Compact, comme un auteur inclassable, appelé à marquer durablement les esprits. Traduit en une quinzaine de langues, il est cité aujourd'hui par nombre de jeunes écrivains comme une influence majeure. Au même moment que l'Allemand Arno Schmidt et que l'Anglais J. G. Ballard - réfractaire, tout comme eux, aux impasses symétriques d'une littérature académique ou vainement formaliste, et avec des armes semblables : un humour, un style, une conscience politique employés comme de la dynamite - il a ouvert au roman contemporain des horizons entièrement nouveaux. " Ce que Compact, grand livre démystifiant et qui retrouve l'efficience de toute grande littérature, trouve pour répondre aux désastres qui s'abattent sur lui et sur notre humanité, ce n'est pas une justification, une morale, une interprétation, une exégèse, un sens, mais une pratique physique, une disposition de toutes les facultés corporelles, refusant tout effet de lamentation malgré l'atmosphère catastrophique qui règne, pour ne prendre en compte que ce que le corps fait, devient, forme, déchaîne ; la vie reprend ici, parce que la promesse d'un monde meilleur, d'une solution, d'une salvation, ne peut opérer, et que la réponse à la plus grave des crises que puisse subir la vie ne peut être que la vie même : " Je serai mort aussi longtemps que n'importe qui, et cependant à l'heure présente je suis vivant". " Mehdi Belhaj Kacem
Andro Armelle ; Gaudillière Jean-Paul ; Jami Irène
Point de départ : la crise économique de 2008, les politiques d'austérité en Europe et leurs effets sanitaires parfois dramatiques (Grèce, Espagne, Portugal...) qui changent apparemment radicalement la nature des débats sur le " droit à la santé " en mettant l'accent sur la " priorisation " et la gestion d'une pénurie considérée comme durable car inscrite dans un contexte bien installé de budgets réduits et de croissance faible. Autrement dit on sort du modèle de protection et de prise en charge issu de l'après-guerre qui, en France, voulait que l'assurance maladie " couvre " tous les soins et interventions qui étaient médicalement considérés comme nécessaires pour entrer dans le monde de la priorisation, priorisation des populations (" vulnérables "), priorisation des maladies (" fléaux "), priorisation des interventions (" efficientes ").
L'histoire des maladies est souvent racontée sur le mode de l'histoire a bataille": une date, un savant, une découverte ou un traitement. Depuis les années 1970, d'autres façons d'aborder les relations entre connaissances, pratiques de la médecine et gouvernement de la société se sont développées. Les savoirs de la maladie sont divers, souvent controversés, déterminés par le jeu des normes, des intérêts et des pouvoirs. Leurs effets sont complexes, pas toujours bénéfiques. Objets et techniques ont un rôle essentiel dans leur transformation. L'auteur introduit à cette nouvelle historiographie en partant de l'idée selon laquelle la médecine est, depuis le milieu du XIXesiècle, organisée autour de trois pôles: médecine clinique, médecine sociale et médecine expérimentale. Leur spécificité est affaire de lieux, d'acteurs, de rapports à l'économie ou à la politique mais aussi de manières de savoir. L'ouvrage les présente en insistant sur les multiples fils qui unissent expérimentation, soin, production matérielle et gestion politique de la santé. La dernière partie confronte cette histoire aux enjeux de la biomédecine contemporaine.
Gaudillière Jean-Paul ; Achin Catherine ; Roueff O
Un an après le mouvement de protestation contre la réforme des retraites en France, ce numéro revient sur l'histoire du répertoire d'action de la grève et ses déplacements récents. Cesser le travail salarié est un moyen d'action classique du mouvement ouvrier qui s'est adapté aux nouvelles formes du capitalisme, en s'organisant dans de nombreux secteurs partout dans le monde (dans le travail précaire, les services, le numérique...). Hors de la sphère marchande, le recours à la grève par les mouvements écologistes ou féministes met l'accent sur les communs, le travail domestique et le travail de care, dont l'importance vitale est démontrée lorsqu'ils font défaut. Dans le numéro 104 hiver 2020. Luttes antifa. A l'échelle internationale, les menaces fascistes aussi bien que les dérives autoritaires de gouvernements néolibéraux donnent lieu à des ripostes du mouvement social. Mouvements rassemble dans ce numéro des expériences de luttes antifascistes tirées du présent (Grèce, France, Espagne, Turquie, etc.) et éclairées par les héritages de luttes passées. Toutes indiquent que les nécessités stratégiques du moment sont à l'articulation des fronts anticapitalistes, antiracistes, féministes et écologiques.
Génomique, médecine moléculaire, biotechnologies génétiques : depuis une vingtaine d'années, les transformations de la biologie occupent une place essentielle dans les débats contemporains sur les sciences. Autour du gène, a pris forme une nouvelle alliance entre sciences, technologie et marché, bouleversant nos conceptions du vivant et de la maladie. Cette "révolution" est le fruit d'une histoire qu'il faut prendre en compte si l'on veut la comprendre. L'ouvrage de Jean-Paul Gaudillière retrace ainsi l'émergence du régime d'innovation biomédical qui a dominé les Trente Glorieuses, en suivant des objets aussi divers que la pénicilline, le vaccin contre la polio, les virus du cancer, l'ARN messager ou la politique de l'Institut national d'hygiène. A l'inverse des idées courantes sur la science pure et ses applications, les trajectoires présentées dans ce livre montrent à quel point la médecine et l'étude du pathologique ont contribué à la "molécularisation" des savoirs du vivant. Alors que l'échelle des investissements changeait radicalement, la lutte contre la maladie est devenue un problème de modélisation au laboratoire de biochimie ou de génétique, un problème de recherche chimiothérapeutique et de contrôle des pratiques cliniques. De plus, parce que le monde de la biomédecine naissante est aussi celui de la guerre froide et des circulations transatlantiques, cette recomposition des savoirs s'est faite "en regard de l'Amérique" et de son "complexe biomédicalo-industriel". Les biologistes et médecins français ont massivement utilisé les fonds, les savoir-faire ou les technologies américaines, sans s'aligner pour autant sur les pratiques d'outre-Atlantique. Le complexe biomédical existe aussi en France, mais il est caractérisé par d'autres rapports entre laboratoire, service hospitalier et industrie, marqué par les interventions d'un Etat devenu entrepreneur de recherche plus que de santé.
Emmanuel Carrère a déclaré à propos de ce roman : "La Tannerie, c'est le portrait d'une génération". La Tannerie a figuré à l'automne 2020 dans les sélections des Prix Médicis, Décembre et du Roman des étudiants France Culture - Télérama. Jeanne, ses études terminées, a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Paris. Elle a trouvé un emploi temporaire d'" accueillante " à la Tannerie, une nouvelle institution culturelle, installée dans une usine désaffectée de Pantin. D'abord déboussolée par le gigantisme et l'activité trépidante du lieu, timide et ignorante des codes de la jeunesse parisienne, elle prend peu à peu de l'assurance et se lie à quelques-uns de ses collègues, comme la délurée Marianne ou le charismatique Julien, responsable du service accueil. Elle les accompagne dans leurs déambulations nocturnes, participe à des fêtes. Leur groupe se mêle au mouvement Nuit debout. Ils se retrouvent dans des manifestations, parfois violentes - mais sans véritablement s'impliquer, en spectateurs. Bientôt, deux ans ont passé. Dans l'effervescence de la Tannerie, en pleine expansion, chacun tente de se placer pour obtenir enfin un vrai contrat ou décrocher une promotion. Jeanne va devoir saisir sa chance... La Tannerie - tel un microcosme de notre société - forme un monde à part entière, avec ses techniciens, ses employés de bureau, ses artistes. Mais derrière la bienveillance affichée et le progressisme des intentions, la précarité et la violence dominent. Avec ce roman, qui frappe autant par la finesse de ses descriptions que par sa force critique, Celia Levi fait le portrait d'une époque et d'une génération en proie aux ambitions factices et à l'imposture des discours.
De William Burroughs à Jean-Jacques Schuhl, de Joy Division à David Cronenberg, nombreux sont les lecteurs pour qui La Foire aux atrocités a été une révélation. Commencé à la fin des années 1960, complété et achevé dans les années 90, ce roman-laboratoire traverse tous les livres de l'auteur de Crash, Empire du Soleil, La Bonté des femmes et Super-Cannes - et les contient tous. Les stéréotypes nourrissant notre quotidien - la violence, la technologie, la culture de la célébrité qui envahissent désormais sans discrimination les musées, les médias et la rue -sont mis à nu dans ce texte prophétique avec une intensité poétique qui sidérera le lecteur contemporain. Chaque paragraphe de chaque chapitre " expose " une facette de la catastrophe invisible qui disloque notre monde. Les notes, échos ou commentaires par lesquels J.G. Ballard a actualisé son propos initial, font de La Foire aux atrocités un livre aujourd'hui sans équivalent. Au moment où la réalité semble avoir rejoint la fiction imaginée naguère par Ballard, où son influence se fait sentir dans tous les domaines de la création, la réédition de l'état final de ce work in progress à lectures multiples devrait en toute logique placer ce "classique moderne" à la place que lui reconnaît la critique anglo-saxonne : celle du plus grand auteur anglais de la fin du 20c' siècle.
Alain Julien Rudefoucauld régénère l'écriture romanesque par un parler direct, jaillissant, imagé, dont l'intensité ne cesse de croître jusqu'au point final du livre. Le Dernier Contingent a obtenu le Prix du Livre France Culture / Télérama 2012.
Résumé : James Blake est un jeune homme solitaire, rêveur et marginal. Son obsession, c'est de pouvoir voler, d'accomplir le premier " vol à propulsion humaine ". À l'aéroport de Londres, il s'empare d'un petit avion pour accomplir sa première tentative, mais il s'échoue dans la Tamise, à Shepperton, une banlieue tranquille. Miraculeusement rescapé de son accident ? on lui apprend qu'il a passé onze minutes sous l'eau ?, il est adopté par les habitants de la petite communauté. Pourtant le doute subsiste : est-il mort, est-il vivant, a-t-il transcendé sa condition de simple mortel ? Dans les jours qui suivent, Blake est en proie à des visions prophétiques. Il métamorphose son environnement et bouleverse la vie de sa nouvelle famille. Un paysage tropical recouvre le décor quotidien, une faune exotique envahit les rues et les jardins. Les gens eux-mêmes, par la puissance démiurgique du narrateur, deviennent oiseaux, poissons ou mammifères, et s'élancent enfin dans les airs pour célébrer " l'ultime mariage de l'animé et de l'inanimé, des vivants et des morts ". Agent secret de l'inconscient, J.G. Ballard s'amuse à replacer quelques-uns des plus vieux mythes de l'humanité dans un cadre banlieusard et nous propose une fable sarcastique, un " Petit Prince " perverti qui est aussi une parabole sur la situation de l'écrivain, seul véritable " rêveur illimité ". J.G. Ballard est né en 1930 à Shanghai. À la suite de l'attaque sur Pearl Harbor, il est interné avec sa famille par l'armée japonaise dans un camp de prisonniers civils jusqu'à la fin de la guerre. Ses premières nouvelles paraissent en 1956 et dès lors il ne cesse plus d'écrire. Son premier roman, Le Monde englouti, est publié en 1962, suivi depuis d'une trentaine d'autres livres de fiction. Deux d'entre eux ont été adaptés au cinéma par Steven Spielberg (Empire du Soleil) et David Cronenberg (Crash). J.G. Ballard ? qui était souvent présenté outre-manche comme " le plus grand auteur anglais vivant " ? est mort à Londres au mois d'avril 2009. Il a influencé des auteurs aussi divers que Don DeLillo, Martin Amis, Jean Baudrillard, Bret Easton Ellis ou Michel Houellebecq.