Gaudillière Jean-Paul ; Achin Catherine ; Roueff O
LA DECOUVERTE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782348064012
Un an après le mouvement de protestation contre la réforme des retraites en France, ce numéro revient sur l'histoire du répertoire d'action de la grève et ses déplacements récents. Cesser le travail salarié est un moyen d'action classique du mouvement ouvrier qui s'est adapté aux nouvelles formes du capitalisme, en s'organisant dans de nombreux secteurs partout dans le monde (dans le travail précaire, les services, le numérique...). Hors de la sphère marchande, le recours à la grève par les mouvements écologistes ou féministes met l'accent sur les communs, le travail domestique et le travail de care, dont l'importance vitale est démontrée lorsqu'ils font défaut. Dans le numéro 104 hiver 2020. Luttes antifa. A l'échelle internationale, les menaces fascistes aussi bien que les dérives autoritaires de gouvernements néolibéraux donnent lieu à des ripostes du mouvement social. Mouvements rassemble dans ce numéro des expériences de luttes antifascistes tirées du présent (Grèce, France, Espagne, Turquie, etc.) et éclairées par les héritages de luttes passées. Toutes indiquent que les nécessités stratégiques du moment sont à l'articulation des fronts anticapitalistes, antiracistes, féministes et écologiques.
L'histoire des maladies est souvent racontée sur le mode de l'histoire a bataille": une date, un savant, une découverte ou un traitement. Depuis les années 1970, d'autres façons d'aborder les relations entre connaissances, pratiques de la médecine et gouvernement de la société se sont développées. Les savoirs de la maladie sont divers, souvent controversés, déterminés par le jeu des normes, des intérêts et des pouvoirs. Leurs effets sont complexes, pas toujours bénéfiques. Objets et techniques ont un rôle essentiel dans leur transformation. L'auteur introduit à cette nouvelle historiographie en partant de l'idée selon laquelle la médecine est, depuis le milieu du XIXesiècle, organisée autour de trois pôles: médecine clinique, médecine sociale et médecine expérimentale. Leur spécificité est affaire de lieux, d'acteurs, de rapports à l'économie ou à la politique mais aussi de manières de savoir. L'ouvrage les présente en insistant sur les multiples fils qui unissent expérimentation, soin, production matérielle et gestion politique de la santé. La dernière partie confronte cette histoire aux enjeux de la biomédecine contemporaine.
Jean-Max Gaudillière a tenu pendant quarante ans un séminaire à l'EHESS intitulé "Folie et lien social", explorant les leçons de la folie conçue comme un mode de recherche sur des zones retranchées de l'histoire (à quelque échelle que ce soit), et suscitant un transfert particulier à la fois dans l'expérience analytique et au contact d'auteurs qui témoignent de la folie des guerres et des traumas réduits au silence. A partir de son expérience d'analyste pendant trente ans en hôpital psychiatrique, Jean-Max Gaudillière montre comment l'autre peut se mettre à exister malgré sa destruction par des instances sans foi ni loi, et permettre l'émergence du sujet de la parole là où elle a été trahie. Le rôle de l'analyste s'apparente alors à celui du "therapon" chez Homère : celui du second au combat, chargé aussi des devoirs funéraires. Hors de son assignation à une pathologie, la folie tend alors vers l'inscription de ce qui n'a ni nom, ni image, pour remettre en marche le temps gelé sur le site de la catastrophe. Elle croise dans ce livre les oeuvres de Kenzaburo Oe, Pirandello,Toni Morrison, August Strindberg, Pat Barker, Hannah Arendt, dans un dialogue avec des analystes de la folie et des traumas comme Gaetano Benedetti, Frieda Fromm-Reichmann et William Rivers.
Génomique, médecine moléculaire, biotechnologies génétiques : depuis une vingtaine d'années, les transformations de la biologie occupent une place essentielle dans les débats contemporains sur les sciences. Autour du gène, a pris forme une nouvelle alliance entre sciences, technologie et marché, bouleversant nos conceptions du vivant et de la maladie. Cette "révolution" est le fruit d'une histoire qu'il faut prendre en compte si l'on veut la comprendre. L'ouvrage de Jean-Paul Gaudillière retrace ainsi l'émergence du régime d'innovation biomédical qui a dominé les Trente Glorieuses, en suivant des objets aussi divers que la pénicilline, le vaccin contre la polio, les virus du cancer, l'ARN messager ou la politique de l'Institut national d'hygiène. A l'inverse des idées courantes sur la science pure et ses applications, les trajectoires présentées dans ce livre montrent à quel point la médecine et l'étude du pathologique ont contribué à la "molécularisation" des savoirs du vivant. Alors que l'échelle des investissements changeait radicalement, la lutte contre la maladie est devenue un problème de modélisation au laboratoire de biochimie ou de génétique, un problème de recherche chimiothérapeutique et de contrôle des pratiques cliniques. De plus, parce que le monde de la biomédecine naissante est aussi celui de la guerre froide et des circulations transatlantiques, cette recomposition des savoirs s'est faite "en regard de l'Amérique" et de son "complexe biomédicalo-industriel". Les biologistes et médecins français ont massivement utilisé les fonds, les savoir-faire ou les technologies américaines, sans s'aligner pour autant sur les pratiques d'outre-Atlantique. Le complexe biomédical existe aussi en France, mais il est caractérisé par d'autres rapports entre laboratoire, service hospitalier et industrie, marqué par les interventions d'un Etat devenu entrepreneur de recherche plus que de santé.
Calvez Marcel ; Gaudillière Jean-Paul ; Jas Nathal
La revue de référence en sciences humaines et sociales de la santé La revue Sciences Sociales et Santé propose chaque trimestre une réflexion globale sur les enjeux majeurs de la santé : régulation des dépenses de santé, prise en charge des maladies, analyse des systèmes de santé, sida, handicap... < Volume paru en Septembre 2016 > Dossier spécial : La santé environnementale au-delà du risque. Perturbateurs endocriniens, expertise et régulation en France et en Amérique du Nord
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.