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Igor Moukhin. Photographies 1987-2011
Gattinoni Christian ; Moukhin Igor ; Allouache Bah
LOCO
22,00 €
Épuisé
EAN :9782919507122
Igor Moukhin est un des plus grands représentants russes du photoreportage. Il n?avait pas encore publié en France de monographie retraçant son parcours photographique. Aussi, cet ouvrage reprend en une soixantaine d?images reproduites en doubles pages, la traversée du photographe dans les grandes mutations de la Russie. Né dans les années 1960, il a vécu les bouleversements importants de ce pays : de l?ère Kroutchev et la fin du régime soviétique à la Perestroïka et la mise en place de nouveaux codes sociétaux. Une partie de son travail retrouve dans la société actuelle des signes et figures qui ont émaillé la période soviétique : statues, effigie, monuments d?une ère révolue croisent des scènes où le réel ne se donne jamais à voir mais se trouve souvent mis à distance, par la présence de matières ou d?objets qui font écran. Ses photographies en noir et blanc s?inscrivent entre une certaine tradition d?une école humaniste française et celle d?une école de la rue tout américaine. Moukhin se situe en témoin proche de ses concitoyens : la distance qu?il impose aux sujets photographiés érige le style du photographe, un recul aussi bienveillant qu?amusé et critique.
Du daguerréotype au document numérique, la photographie interroge notre regard depuis près de deux siècles. Chacun pourra ici puiser, au fil des pages, dans un pêle-mêle de mots concernant cet art : termes techniques, grands noms de la photographie, courants artistiques, univers de la presse, sans négliger le plaisir de l'amateur.
Gens du voyage ou gitans, leur histoire tragique manque d'images. Intimes et familiales ou informatives, elles n'agissent que comme ces cercueils de cérémonie dont le corps est absent, cénotaphes pour une mémoire française oublieuse de ses forfaits. Unité d'application des peines, ce génocide-là se compte par familles entières. Des pratiques photographiques de fiction documentaire, comme celle de l'auteur "ni juif, ni gitan, fils de déporté résistant" tentent de donner corps à ces images sans Histoire. Travelers or gypsies, their tragic story lacks images. Intimate, family or informative they act only as ceremonial coffins from which the body is absent, cenotaphs for a French memory oblivious to its crimes. A sentencing unit, this genocide is counted in whole families. Fictional-documentary photographic practices such as that of the author, "neither Jew nor gypsy, son of a Resistance deportee" , attempt to give substance to these images without History.
Christian Gattinoni est enseignant à l'École Nationale Supérieure de la Photographie (Arles), membre de l'Association Internationale des Critiques d'Art, rédacteur en chef de www.lacritique.org et plasticien. Diplômé de l'École Nationale Supérieure de la Photographie (Arles), Yannick Vigouroux est photographe. 11 est aussi historien de la photographie, critique d'art et commissaire d'expositions.
Guidé par le souvenir d'une femme à corps de serpent, aperçue à l'automne 1976 dans une baraque de la foire de Negreni (Transylvanie), Emmanuel Raquin-Lorenzi entreprend d'explorer les divers ordres de représentation et d'expression qu'on peut recueillir parmi les populations du bassin des trois Cris (le Rapide, le Noir et le Blanc), rivières de montagne qui délimitent le pays du Lac, au nord-ouest des Carpates roumaines. Une enquête ethnographique de terrain menée pendant plus de vingt ans permet au narrateur de conter sa progressive découverte des mouvements de pensée propres aux populations mélangées de ce vieux pays. Ces chemins le conduisent à découvrir de quasi-rituels, comme celui de la reine des moissons qui ne cesse pendant quelques jours de parcourir sans s'arrêter le village, les champs et les pâturages, mais vient rendre hommage à une fille-chêne attachée à sa clairière. Il rencontre ainsi de belles figures ; le grand Ioan, berger de Delani, son meilleur informateur ; Marika, la rieuse, dont le rire, ombré par la mort de sa fille, apaise ou exaspère la douleur des deuils ; Petru le sourcier qui vit parmi les rochers ; Emeder, le merveilleux Tsigane qu'on appelle au printemps pour qu'il installe ses miroirs dans des fermes au bord des bois... Ce livre propose en fin d'ouvrage une petite anthologie de textes d'écrivains de ce pays. Deux niveaux de photographies parcourent Le Pays du Lac : les unes, illustration classique du discours ethnographique, reproduites le plus souvent dans le texte, documentent objets et choses, scènes ou lieux analysés au cours des enquêtes ; les autres interviennent comme une suite autonome, hors texte, sans commentaire, sans rapport direct au discours ethnographique ni aux textes littéraires, y insérant des routes, des ombres, des eaux, des paysages, quelques regards...
Mioveni est une ville en Roumanie située entre Bucarest et les Carpathes. Après la chute du communisme, la ville a pu survivre grâce à l'industrie automobile. Tous les habitants vivent aujourd'hui au rythme de l'usine. Pendant près de trois ans, la photographe Anne Leroy et la journaliste Julia Beurq ont accompagné le quotidien des habitants de Mioveni rapportant images et récits plongeant le lecteur dans l'intimité d'une vie ouvrière. L'enquête est un marqueur de leurs approches photographique et journalistique. Elles privilégient l'expérience du terrain au long cours. A Mioveni en Roumanie, avec empathie, elles se sont approchées au plus près des personnes et de leurs histoires. Cet ouvrage restitue leur immersion sur le terrain dans cette ville ouvrière qui, avec le rachat de Dacia par Renault il y a quinze ans, semble avoir échappé au sort des autres cités mono-industrielles tombées en ruine après la chute du communisme. Les résultats de leurs recherches autour du rapport entre le texte et l'image se déploient au fil du livre, entre perméabilité et complémentarité, sans jamais être ni illustratif ni redondant.
Et le bleu du ciel dans l'ombre " de Manuela Marques revient sur la singulière expérience du paysage que l'artiste a pu développer récemment, à l'invitation du musée de Lodève. Plutôt que de privilégier les grandes photographies aux points de vue spectaculaires -que les causses du Larzac ou les environs du lac du Salagou inspirent aisément-, elle a préféré expérimenter une approche plus intime et sensible du paysage. Observation, déplacement, et collecte d'éléments (pierres, bois, végétaux) font partie intégrante du développement de l'oeuvre. L'artiste pourra, par la suite, intégrer ces collectes dans des planches botaniques d'un nouveau genre ou dans de grandes compositions photographiques où illusions optiques, miroirs noirs et reflets fabriquent un nouveau point de vue : entre la vision d'un paysage et l'imaginaire que celle-ci suscite. Elle a en quelque sorte réinventé un paysage à travers ce qui le constitue intrinsèquement. Gilles A. Tiberghien, dont on ne présente plus le travail autour du Land art, développe un texte autour de cette nouvelle approche du paysage.
Le photographe Meyer nous livre une histoire inédite et personnelle, celle de Lunacy, une rave Party emblématique des débuts du mouvement House et Tekno en France. Témoignage rare de ce courant important de contre culture, Lunacy est avant tout l'histoire d'une fête et d'une rencontre avec la créativité et l'anticonformisme du monde underground. Huit rendez-vous ont eu lieu entre 1993 et 1995 dans un entrepôt de Genevilliers-port. L'enjeu n'est pas de faire un simple retour sur cette époque, mais de questionner la portée et le poids de la contre culture dans nos sociétés contemporaines, sa radicalité politique. Les images sont sans recul, noires, inconsciemment noyées dans la substance du dancefloor, perdues dans le jeu troublant de l'apparition et de la disparition et s'inscrivent ainsi dans la réflexion singulière du collectif Tendance Floue qui est de jouer sur la corde sensible qui relie la photographie documentaire à la démarche artistique.