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Communisme et stratégie
Garo Isabelle
AMSTERDAM
19,00 €
Épuisé
EAN :9782354801878
Si la question communiste semble faire retour, l'absence d'une alternative viable au capitalisme la cantonne pour l'heure aux registres de l'utopie et de la nostalgie. Dans un moment où les développements successifs de ce mode de production ne produisent plus que colère et révolte sur fond d'une succession de défaites, la philosophie contemporaine semble en effet réduire cette question à une aspiration intangible ou inaccessible dont il s'agirait seulement de témoigner. Contre cette tendance à théoriser l'impuissance, Isabelle Garo souhaite renouveler l'approche stratégique du communisme, l'envisageant à la suite de Marx comme la recherche d'une voie révolutionnaire au sein d'une situation historique donnée. Une telle réhabilitation du concept de stratégie, qui distingue une causalité historique de la logique propre de l'intervention politique, correspond à l'invention d'une dialectique nouvelle entre les formes et moyens de l'appropriation sociale, d'une part, et les médiations politiques qu'ils requièrent, d'autre part. Dans cette perspective, l'anti-étatisme de Badiou, le populisme de Laclau ou la thématisation du commun par Dardot et Laval apparaissent comme les prémisses d'une articulation toujours à reformuler des enjeux liés à la propriété, à l'Etat, au parti et au travail, seule à même de nourrir le dépassement des rapports de domination.
Résumé : Marx, un philosophe ? La question, longtemps demeurée classique, ne cesse pas de demeurer féconde. Isabelle Garo la pense à nouveaux frais et s'attache à montrer que l'oeuvre de Marx se structure selon des moments distincts, fortement articulés et ponctués par la constitution de concepts nouveaux : idéologie, dialectique, luttes de classes, révolution, communisme, monnaie, marchandise, travail. Ces derniers se démarquent des notions classiques de la philosophie et ont d'emblée une fonction polémique à l'égard des théories antérieures ou concurrentes. Cette réédition rend ce texte à nouveau disponible et offre un entretien inédit de l'autrice avec Stathis Kouvélakis.
Marx a souvent été présenté comme un penseur déterministe, pour qui l'histoire ne serait que la réalisation d'un programme. Suivant la même perspective, on lui impute un économisme, qui relierait de façon rigide des strates sociales et qui donnerait à la base économique de cet édifice le pouvoir d'en conditionner de façon unilatérale le développement. Contre ces stéréotypes, il faut souligner que Marx place la politique et les formes collectives d'innovation et d'invention au coeur du processus historique. C'est donc la dimension proprement politique de son analyse qu'il s'agit de mettre en évidence, à travers sa réflexion sur les formes d'organisation, de transition et de médiation politiques. La place neuve que Marx confère à l'intervention politique le conduit à forger un arsenal de concepts novateurs et une conception sans précédent du rapport entre théorie et pratique. C'est l'ouverture fondamentale du cours de l'histoire sur un devenir à la fois déterminé et non pré-écrit, précisément parce qu'il inclut les luttes sociales et politiques en cours, qui se réfracte, au sein de l'élaboration théorique, sous la forme d'une saisie dialectique du réel. Cette dialectique est attentive aux transformations permanentes de ce réel, mais aussi à la nature d'intervention en son sein de la critique révolutionnaire du capitalisme.
Bourdin Jean-Claude ; Garo Isabelle ; Bidet Jacque
Louis Althusser (1918-1990) fut l'initiateur d'une relecture de Marx qui fit école dans les années 1960 et son nom reste associé à un moment intense et exaltant d'une découverte des écrits de l'auteur du Capital, une révélation pour toute une génération et l'occasion de débats et d'apprentissages autant théoriques que pratiques. Cette relecture par Althusser a même occulté le travail réalisé par d'autres philosophes sur le renouveau de la pensée marxiste, tel celui de Henri Lefebvre, Jean-Toussaint Desanti et de certains philosophes italiens. Althusser a séduit étudiants et lecteurs par sa volonté de lire les écrits de Marx en philosophe et par la réintroduction du marxisme (devenu un dogme rigidifié par l'orthodoxie stalinienne et utilisé par les appareils des partis communistes comme instrument de légitimation politique) dans l'histoire de la philosophie. Les questions et les thèses mises en avant par Althusser conservent encore de nos jours une force d'inspiration incontournable: c'est ce que les auteurs entendent montrer. Biographie de l'auteur Ouvrage coordonné par Jean-Claude BOURDIN, professeur à l'Université de Poitiers, avec la collaboration d'Isabelle Garo, Jacques Bidet, Roberto Nigro, Yves Vargas et Franck Fischbach.
Résumé : La rencontre entre l'art et la richesse sous ses formes principales - or, monnaie, capital - est ancienne et conflictuelle. Alors que nous traversons une crise majeure du capitalisme et une période de transformation profonde de la culture et des savoirs, ce conflit est plus que jamais riche de vertus critiques et politiques. L'Or des images nous invite à nous arrêter sur certaines oeuvres qui réfléchissent par ce biais sur leur statut et leur fonction : objets d'apparat, marchandises, productions capitalistes. Des masques d'or de Mycènes au cinéma contemporain en passant par la peinture flamande, s'esquissent alors les contours d'une dialectique des représentations encore jamais explorée jusqu'ici. Articulant les questions économiques, politiques, esthétiques et culturelles, Isabelle Garo livre ici une réflexion passionnante sur la façon dont l'art s'empare de la question de la valeur en vue d'analyser son propre statut social, son autonomie et les limites de celle-ci. Une enquête sur la richesse sociale, aux sens les plus contradictoires du terme, qui concerne aussi le renouveau de l'art engagé, en dialogue fécond avec la critique marxiste de l'économie politique.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.