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Marx et l'invention historique
Garo Isabelle
SYLLEPSE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782849503300
Marx a souvent été présenté comme un penseur déterministe, pour qui l'histoire ne serait que la réalisation d'un programme. Suivant la même perspective, on lui impute un économisme, qui relierait de façon rigide des strates sociales et qui donnerait à la base économique de cet édifice le pouvoir d'en conditionner de façon unilatérale le développement. Contre ces stéréotypes, il faut souligner que Marx place la politique et les formes collectives d'innovation et d'invention au coeur du processus historique. C'est donc la dimension proprement politique de son analyse qu'il s'agit de mettre en évidence, à travers sa réflexion sur les formes d'organisation, de transition et de médiation politiques. La place neuve que Marx confère à l'intervention politique le conduit à forger un arsenal de concepts novateurs et une conception sans précédent du rapport entre théorie et pratique. C'est l'ouverture fondamentale du cours de l'histoire sur un devenir à la fois déterminé et non pré-écrit, précisément parce qu'il inclut les luttes sociales et politiques en cours, qui se réfracte, au sein de l'élaboration théorique, sous la forme d'une saisie dialectique du réel. Cette dialectique est attentive aux transformations permanentes de ce réel, mais aussi à la nature d'intervention en son sein de la critique révolutionnaire du capitalisme.
Résumé : Marx, un philosophe ? La question, longtemps demeurée classique, ne cesse pas de demeurer féconde. Isabelle Garo la pense à nouveaux frais et s'attache à montrer que l'oeuvre de Marx se structure selon des moments distincts, fortement articulés et ponctués par la constitution de concepts nouveaux : idéologie, dialectique, luttes de classes, révolution, communisme, monnaie, marchandise, travail. Ces derniers se démarquent des notions classiques de la philosophie et ont d'emblée une fonction polémique à l'égard des théories antérieures ou concurrentes. Cette réédition rend ce texte à nouveau disponible et offre un entretien inédit de l'autrice avec Stathis Kouvélakis.
Garo Isabelle ; Kouvélakis Stathis ; Sitel Francis
Comprendre la crise, ses lignes de force, ses scénarios, impose qu'on la situe au niveau européen, comme le fait François Sabado. Le regard y gagne en pertinence quand on se penche, ensuite, sur la situation française post-régionales. C'est ce que nous propose Francis Sitel qui a conduit des entretiens avec Pierre Laurent (PCF), Eric Coquerel (PG), Pierre-François Grond (NPA), ainsi qu'un entretien avec le politologue Stéphane Rozès. De Daniel Bensaïd, nous avons fait le choix de publier un texte important et peu connu : " Pour une politique de l'opprimé ". Retour, avec Michèle Riot-Sarcey et Maurizio Gribaudi, sur une révolution qu'on ne saurait oublier : 1848. A propos des révolutions de 1848, Michaël Lowy reprend la question de Marx, Engels, et la révolution permanente. Le féminisme est abordé avec deux articles, l'un de Nancy Fraser, l'autre de Cinzia Aruzza, permettant d'approcher un champ de réflexion peu connu en France. Le marxisme, est-il un, est-il multiple ? Michel Lequenne prend fermement position pour un marxisme. Vincent Chanson nous propose une réflexion sur les ouvrage de Frédéric Jameson récemment publiés en français et Julien Salingue présente le dernier livre de Gilbert Achcar. Ce numéro offre, enfin, une importante dimension culturelle : un entretien avec Erré, " peinture, politique et utopie ", une réflexion de Gilles Bounoure sur un livre de Suzanne Césaire, et un texte de Angelo Rinaldi.
Résumé : L'idéologie est partout : le mot est si galvaudé que le concept s'est comme évaporé. Parfois, on la présente comme une surface trompeuse, masquant le réel à des spectateurs-consommateurs hypnotisés. Ailleurs - selon la conception qu'on prête encore parfois à Marx - l'idéologie serait mécaniquement déterminée par sa base économique et sociale, son simple écho sans autonomie. Quant à la thèse de la " mort des idéologies ", elle semble surtout illustrer la permanence de cette fonction politique des idées, dont le discours postmoderne affirme la disparition. Isabelle Garo prend le contre-pied de ces interprétations convenues. Elle suit l'évolution de Marx concernant cette question, de l'Idéologie allemande au Capital, et elle en propose la poursuite contemporaine, en s'arrêtant sur l'effort de perpétuation hégémonique à l'heure où le triomphe planétaire du capitalisme coïncide avec sa crise majeure. " Il s'agit d'arracher la notion d'idéologie à toute tentative de définition figée et de lui rendre sa capacité à débusquer les contradictions profondes qui reconduisent sans cesse les idées dominantes à l'ensemble d'un mode de production ".
Ce numéro fait le choix du contretemps. Prenant ses distances avec l'immédiate actualité, il consacre son dossier à Frantz Fanon. Ce révolutionnaire disparu il y a 50 ans, dont l'oeuvre a connu une éclipse, mérite aujourd'hui un retour et une réflexion approfondie, pour en redécouvrir toute la force. C'est le propos des articles de Rafik Chekkat, Peter Hallward et Leo Zeilig. Autre actualité distanciée : celle du marxisme, avec une étude de Patrick Massa sur Marx et une réflexion de Michel Lequenne sur des débats de la 1re Internationale. Et un inédit en français de Walter Benjamin. Un ensemble substantiel d'articles est consacré à la question du travail, sous l'angle de l'invisibilité de catégories entières de salariés : les travailleurs sans papiers, les agents de nettoyage des avions, les ouvrières écartées de la production pour cause de fermeture de leur entreprise... Gilles Bounoure nous propose enfin un entretien avec Xavier-Gilles Néret qui vient de publier un livre important sur Matisse. Quant à la politique officielle, celle des sondages et des élections, des manoeuvres et des ambitions, présentée comme la seule qui mérite intérêt, que vaut-elle ? L'explosion du scandale "DSK" est venue, brutalement et spectaculairement, nous en rappeler l'insoutenable légèreté.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.