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ContreTemps N° 10, juin 2011 : Frantz Fanon, 50 ans après...
Garo Isabelle
SYLLEPSE
12,17 €
Épuisé
EAN :9782849503065
Ce numéro fait le choix du contretemps. Prenant ses distances avec l'immédiate actualité, il consacre son dossier à Frantz Fanon. Ce révolutionnaire disparu il y a 50 ans, dont l'oeuvre a connu une éclipse, mérite aujourd'hui un retour et une réflexion approfondie, pour en redécouvrir toute la force. C'est le propos des articles de Rafik Chekkat, Peter Hallward et Leo Zeilig. Autre actualité distanciée : celle du marxisme, avec une étude de Patrick Massa sur Marx et une réflexion de Michel Lequenne sur des débats de la 1re Internationale. Et un inédit en français de Walter Benjamin. Un ensemble substantiel d'articles est consacré à la question du travail, sous l'angle de l'invisibilité de catégories entières de salariés : les travailleurs sans papiers, les agents de nettoyage des avions, les ouvrières écartées de la production pour cause de fermeture de leur entreprise... Gilles Bounoure nous propose enfin un entretien avec Xavier-Gilles Néret qui vient de publier un livre important sur Matisse. Quant à la politique officielle, celle des sondages et des élections, des manoeuvres et des ambitions, présentée comme la seule qui mérite intérêt, que vaut-elle ? L'explosion du scandale "DSK" est venue, brutalement et spectaculairement, nous en rappeler l'insoutenable légèreté.
Marx fut d'abord un jeune bourgeois rhénan éduqué dans la fidélité aux Lumières et hostile à l'Ancien Régime prussien. Étudiant en droit, il se passionne pour la philosophie et la poésie, vocation nourrie par son amour contrarié pour Jenny von Westphalen. Devenu journaliste, il découvre la misère du peuple mais aussi l'ampleur des injustices liées au capitalisme naissant. De Kreuznach à Paris, en passant par Berlin, ses choix personnels sont inséparables de l'histoire de l'Europe à la veille de la révolution de 1848 et ils le mèneront à bouleverser la théorie autant que la politique.
Garo Isabelle ; Kouvélakis Stathis ; Sitel Francis
Comprendre la crise, ses lignes de force, ses scénarios, impose qu'on la situe au niveau européen, comme le fait François Sabado. Le regard y gagne en pertinence quand on se penche, ensuite, sur la situation française post-régionales. C'est ce que nous propose Francis Sitel qui a conduit des entretiens avec Pierre Laurent (PCF), Eric Coquerel (PG), Pierre-François Grond (NPA), ainsi qu'un entretien avec le politologue Stéphane Rozès. De Daniel Bensaïd, nous avons fait le choix de publier un texte important et peu connu : " Pour une politique de l'opprimé ". Retour, avec Michèle Riot-Sarcey et Maurizio Gribaudi, sur une révolution qu'on ne saurait oublier : 1848. A propos des révolutions de 1848, Michaël Lowy reprend la question de Marx, Engels, et la révolution permanente. Le féminisme est abordé avec deux articles, l'un de Nancy Fraser, l'autre de Cinzia Aruzza, permettant d'approcher un champ de réflexion peu connu en France. Le marxisme, est-il un, est-il multiple ? Michel Lequenne prend fermement position pour un marxisme. Vincent Chanson nous propose une réflexion sur les ouvrage de Frédéric Jameson récemment publiés en français et Julien Salingue présente le dernier livre de Gilbert Achcar. Ce numéro offre, enfin, une importante dimension culturelle : un entretien avec Erré, " peinture, politique et utopie ", une réflexion de Gilles Bounoure sur un livre de Suzanne Césaire, et un texte de Angelo Rinaldi.
Le premier livre qui tourne à gauche. Les modes d'emploi mal traduits ont une vraie force poétique, qui déconnecte les usages et les buts et rend leur mystère aux objets les plus simples. Ce petit recueil est une compilation de mode d'emplois imaginaires destinés à des objets improbables et inutilisables, mélangeant une ascendance vaguement soviétique à des technologies plus récentes, le tout sur horizon politique. Ce livre se veut lui-même un tel objet, étrange et peu praticable, à la fois si simple et très complexe, puisqu'il ne se feuillette qu'en le tournant à chaque page d'un quart de tour vers la gauche. Ni canular, ni poésie désincarnée, il s'agit de parler du communisme en confrontant quelques-uns de ses vestiges, de ses échecs et de ses ambitions à nos propres interrogations et à l'envie persistante de construire, d'organiser et de rêver. À mi-chemin entre les Shadocks et El Lissitsky, le travail graphique d'Elena Vieillard, bien plus qu'une illustration, est indissociable du texte tant il incarne et donne sa force à ce petit livre-objet à manipuler et à rêvasser, en mouvement perpétuel. Vers la gauche.
Marx a souvent été présenté comme un penseur déterministe, pour qui l'histoire ne serait que la réalisation d'un programme. Suivant la même perspective, on lui impute un économisme, qui relierait de façon rigide des strates sociales et qui donnerait à la base économique de cet édifice le pouvoir d'en conditionner de façon unilatérale le développement. Contre ces stéréotypes, il faut souligner que Marx place la politique et les formes collectives d'innovation et d'invention au coeur du processus historique. C'est donc la dimension proprement politique de son analyse qu'il s'agit de mettre en évidence, à travers sa réflexion sur les formes d'organisation, de transition et de médiation politiques. La place neuve que Marx confère à l'intervention politique le conduit à forger un arsenal de concepts novateurs et une conception sans précédent du rapport entre théorie et pratique. C'est l'ouverture fondamentale du cours de l'histoire sur un devenir à la fois déterminé et non pré-écrit, précisément parce qu'il inclut les luttes sociales et politiques en cours, qui se réfracte, au sein de l'élaboration théorique, sous la forme d'une saisie dialectique du réel. Cette dialectique est attentive aux transformations permanentes de ce réel, mais aussi à la nature d'intervention en son sein de la critique révolutionnaire du capitalisme.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.