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LE SAVOIR SANS FONDEMENTS LA CONDUITE INTELLECTUELLE COMME STRUCTURATION DE L EXPERIENCE COMMUNE
GARGANI
VRIN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782711625109
Aldo Giorgio Gargani (1933-2009) fait dans ce livre un usage novateur des concepts wittgensteiniens pour soutenir que la formation du savoir scientifique et philosophique n'est pas une progression linéaire, cumulative et définitive de techniques cognitives : le savoir est plutôt un recueil d'instruments, d'habitus conceptuels, de modèles comportementaux, de conduites opérationnelles et de procédures décisionnelles qui naissent des formes de vie des hommes, en tant qu'extensions de leurs contextes anthropologiques. Si l'expression "savoir sans fondements" est maintenant très répandue dans les sciences humaines, c'est Gargani qui a magistralement élaboré toutes les conséquences de cette idée, et son livre est l'analyse la plus riche de ces rituels épistémologiques qui découlent de notre agir humain, lui-même dépourvu de fondements. A travers ce livre on voit comment la pensée de Wittgenstein peut être utilisée comme une "boîte à outils" véritablement efficace.
Alors que de multiples crises environnementales, climatiques, sociales et économiques affectent le monde, la notion de risque a pris de l'importance, notamment pour anticiper les catastrophes. La science des risques propose des plans d'adaptation et des scenarii comme moyen de rationaliser les incertitudes attachées aux ouragans de mauvaises nouvelles. Cette science émergente n'a pas pu encore mesurer ses propres impacts et ses propres limites de façon critique. Nous apprenons maladroitement à vivre avec les catastrophes qui semblent dessiner notre nouvel horizon commun. C'est par bribes que nous appréhendons ce qui nous entoure. C'est par domaines disciplinaires spécialisés que nous décortiquons le chaos du réel. Ce qui est partagé, c'est la peur de la catastrophe et la représentation lacunaire du monde. Avec pour fil conducteur l'ouragan Irma (2017), ce livre offre un nouveau récit sur les enjeux du temps présent et l'art d'y faire face.
La pensée est précisément cet art d'exister contre les faits" écrit Thomas Bernhard, et dans l'oeuvre riche et féconde d'Aldo G. Gargani, la figure de Bernhard apparaît comme un point de rupture, un basculement décisif, qui le fera passer d'une écriture philosophique d'une extraordinaire finesse, telle qu'elle s'exprime dans L'étonnement et le hasard (L'éclat, 2025), à un corps à corps avec la littérature elle-même, selon les formes qu'elle prendra dans l'Autriche de la première moitié du XXe siècle. Ecrit juste après Regard et destin (Seuil, 1990), où Gargani fait ses adieux à l'Institution philosophique, La phrase infinie de Thomas Bernhard se retourne une dernière fois sur un passé académique, avant de s'en détacher tout à fait et d'atteindre les rives, enfin sereines, d'Une autre histoire (Laterza, 1991), qui inaugure un nouveau genre littéraire dont l'Italie n'a pas pris toute la mesure.
C'est une incitation et une initiation au voyage aux marges du savoir qui sont proposées dans ce livre. Les marges du savoir, c'est là où le savoir n'est pas totalement constitué, là où il s'élabore, dans les entrailles de la recherche scientifique. Au cours de cette promenade on pourra rencontrer des êtres humains qui se débattent pour rester altruistes, des campus universitaires qui se transforment en centres commerciaux, des théories économiques en chantier, ainsi qu'une multitude de petits détails qui contribuent à la pratique quotidienne des chercheurs et à la fabrication du savoir. Au-delà du monde de la recherche, c'est notre relation au monde contemporain qui est observé, disséqué et analysé de façon critique.
L'auteur croise la route des plus anciennes traces d'hominidé d'Asie, d'une panthère, d'une équipe de chercheurs, d'un village sans eau potable ni électricité et de Chandigarh, une ville sortie de terre, après la partition de l'Inde en 1947, il y a tout juste 50 ans grâce à l'imagination de Le Corbusier. Que retient-on de ce voyage à l'extrémité de la vallée de l'Indus ? Le bruit de la pluie, les odeurs de thé, des fossiles rarissimes, l'atmosphère de Chandigarh et peut-être même des éléments pour réfléchir à ce qu'est la science en train de se faire.