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L'histoire de Paulina Luz, héroïne du silence
Garate-Martinez Ignacio
ENCRE MARINE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782350880013
Paulina Luz aurait pu demeurer la célibataire neurasthénique embarrassée par cette psychose ménagère dont Freud nous parle. Mais son ambition réprimée, son sacrifice au profit du garçon dernier-né, n'avait plus de sens dès lors que celui-ci était donné pour mort. La seule solution était la mort propre, la mort définitive du dire, un délire si pauvre qu'il n'intéressait même pas les psychiatres réunis à son chevet. Elle deviendra la proie et l'emblème de la psychiatrie moderne du xxe siècle. Rien ne sera épargné pour la soigner : des vitamines, des comas, des chocs douloureux jusqu'à l'insupportable, la chirurgie salvatrice, les neuroleptiques enfin... Rien ne sera épargné, rien ne conduira à la rémission de son mal. Seule son agitation sera réduite, mais au profit seulement d'une vie plus calme pour les autres : elle restera ainsi jusqu'à sa mort, sans que son rebut puisse trouver un désir pour s'accrocher au monde, un petit rien pour décoller du théâtre de sa terreur. L'histoire de Paulina Luz, femme universelle, aux prises avec la psychiatrie moderne de son siècle, vaut en elle-même pour les archives du c?ur et de la mémoire. Mais elle sert aussi pour éclairer cette autre modernité : ces cent ans à venir qui compromettent le destin de nos désirs derrière les affirmations péremptoires de la science, de l'image, de l'évaluation et de la ségrégation par le " handicap ". Dans notre siècle à nous, tout peut se dire jusqu'à l'obscénité. Pourtant, ce dire déshabité, communicationnel, publicitaire, épris de croissance et de mondialisation, ennemi de la saveur vernaculaire des dialectes, fait pendre comme un pantin, un corps " machinique " schizophrène, machinal, hygiénique, ausculté, biologique et neuronal, sacrifié en ADN sur l'autel de l'idolâtrie génétique.
Après les attaques contre la scientificité et la prétendue arrogance des psychanalystes, qui ont trouvé un très large écho dans les médias durant l'année 2006, Ignacio Gârate-Martinez nous propose un essai de " psychanalyse vivante " qui n'est pas une réponse à des attaques, mais le témoignage sur une pratique, dépouillée de certitudes, qui préserve la possibilité d'une parole unique, inscrite dans la chair du sujet, et qui n'est pas comptabilisée ou formatée selon les principes de la normalité. Un écrit qui ne se situe pas contre mais pour. En effet, pour l'auteur, le désir de guérir pour normaliser constituerait un recul, un abandon face à la nécessité incontournable d'inventer la vie, de saisir au creux même de la différence radicale, la vivacité d'un verbe capable d'inventer de nouveaux " possibles ", surtout lorsque la différence parle d'une souffrance indicible ou non encore dite. Mais peut-on écouter la parole d'un autre " à venir " sans rendre compte de son propre parcours ? Le psychanalyste doit-il adopter la blouse blanche ou l'objectivité du scientifique qui se prétend légitime du fait d'être reconnu comme expert ? La souffrance humaine doit-elle être rangée et catégorisée sous la forme de handicaps " ou d'" impossibilités " qui permettraient un meilleur quadrillage, un meilleur contrôle de notre société en crise ? Ignacio Garate-Martinez ne conçoit pas ainsi les traces d'étincelles d'humanité et situe la souffrance d'avoir une âme comme un " pouls qui frappe les ténèbres ". L'auteur du Duende, jouer sa vie (encre marine) et de L'expérience d'une psychanalyse (érès) nous présente ce nouvel ouvrage où le récit clinique, les tentatives de théorisation subjective, et le témoignage de son propre parcours vers le devenir psychanalyste, épousent la poésie pour préserver le rythme, la scansion et la musique des mots : leur jaculation. La lecture de ce livre nous montre comment l'enjeu de la psychanalyse n'est pas de penser la guérison de la souffrance humaine mais de guérir de la pensée qui distille ces souffrances.
Qui peut croire que Maurice Couve de Murville a bien été en situation de succéder au Général de Gaulle, rivalisant avec Pompidou dans un combat sans merci ? Maurice Couve de Murville, pour avoir représenté la France pendant 30 ans, demeure le plus durable mais aussi le plus impénétrable des ministres des Affaires étrangères que la France s'est donnée depuis Talleyrand. Fondé sur l'exploitation d'archives et d'entretiens, cet ouvrage fait revivre un homme exceptionnel, singulier, et avec lui, un pan de l'histoire contemporaine banalisé et en réalité méconnu.
Dans cette nouvelle aventure, notre héros et ses amis seront amenés à retrouver la pierre de la destinée. Cette dernière pourrait, selon eux, les aider à vaincre le roi pour toujours. Malheureusement, Nomrad, lui aussi, se montre particulièrement intéressé par cette relique dont il souhaite s'emparer pour connaître son avenir et savoir comment vaincre notre héros. Ainsi, il enverra la sorcière Luchiana accomplir cette mission. Entre bouleversement, aventure et mystère, qui retrouvera la pierre de la destinée le premier ?
Il n'y a pas d'institution idéale. Très vite, le désir de fonder devient totalitaire et veut préserver son objet. Alors se multiplient les procédures, et les règles paralysent le pouvoir-faire. Pourtant, comme le dit tinette Michaud dans sa préface, " ce qui compte, c'est l'acte d'instituer, le mouvement d'institutionnalisation, ce qui pousse, tire, organise les demandes, désire, impulse, à partir de l'institution existante. Ce qui est important, c'est ce qui dit, formule, énonce que là où ça s'arrête, c'est la mort, c'est l'inertie institutionnelle qui souligne que là où la vie s'en est allée, il n'y a plus d'espoir ni de désir, que le projet s'est figé dans un pratico-inerte étouffant et démobilisateur ". A travers différentes lectures de l'institution et de la loi qui fonde une éthique du travail social, l'auteur propose de restaurer un espace pour la créativité dans la mission des acteurs sociaux, dans le champ de la santé mentale mais aussi de l'éducation et de la formation. Pour cela, il offre au lecteur des repères intégrant une réflexion sur la morale, la loi, le désir, le secret, qui permettent de caractériser la structure régie par les lois sociales du côté de l'institué, et l'institution du côté du sujet et de son désir.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Cette autobiographie est celle d'un philosophe du bonheur. Mais elle n'est pas un traité ni une démonstration, elle est le récit concret d'une vie singulière. Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion. L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu: au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie. C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.