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Guérir ou désirer ? Petits propos de psychanalyse vivante
Garate-Martinez Ignacio
ENCRE MARINE
32,00 €
Épuisé
EAN :9782841863761
Après les attaques contre la scientificité et la prétendue arrogance des psychanalystes, qui ont trouvé un très large écho dans les médias durant l'année 2006, Ignacio Gârate-Martinez nous propose un essai de " psychanalyse vivante " qui n'est pas une réponse à des attaques, mais le témoignage sur une pratique, dépouillée de certitudes, qui préserve la possibilité d'une parole unique, inscrite dans la chair du sujet, et qui n'est pas comptabilisée ou formatée selon les principes de la normalité. Un écrit qui ne se situe pas contre mais pour. En effet, pour l'auteur, le désir de guérir pour normaliser constituerait un recul, un abandon face à la nécessité incontournable d'inventer la vie, de saisir au creux même de la différence radicale, la vivacité d'un verbe capable d'inventer de nouveaux " possibles ", surtout lorsque la différence parle d'une souffrance indicible ou non encore dite. Mais peut-on écouter la parole d'un autre " à venir " sans rendre compte de son propre parcours ? Le psychanalyste doit-il adopter la blouse blanche ou l'objectivité du scientifique qui se prétend légitime du fait d'être reconnu comme expert ? La souffrance humaine doit-elle être rangée et catégorisée sous la forme de handicaps " ou d'" impossibilités " qui permettraient un meilleur quadrillage, un meilleur contrôle de notre société en crise ? Ignacio Garate-Martinez ne conçoit pas ainsi les traces d'étincelles d'humanité et situe la souffrance d'avoir une âme comme un " pouls qui frappe les ténèbres ". L'auteur du Duende, jouer sa vie (encre marine) et de L'expérience d'une psychanalyse (érès) nous présente ce nouvel ouvrage où le récit clinique, les tentatives de théorisation subjective, et le témoignage de son propre parcours vers le devenir psychanalyste, épousent la poésie pour préserver le rythme, la scansion et la musique des mots : leur jaculation. La lecture de ce livre nous montre comment l'enjeu de la psychanalyse n'est pas de penser la guérison de la souffrance humaine mais de guérir de la pensée qui distille ces souffrances.
Sans répit depuis l'aube, la neige était tombée sur Paris. Le jour se couchant, les flocons se firent plus minces, bientôt plus rares, et deux très jeunes amoureux, qui avaient affalé leurs masques anti-Covid pour s'embrasser longuement dans l'encoignure d'une entrée d'immeuble, quittèrent leur abri, peut-être leur repaire. Un de ces lieux que nombre d'entre nous ne peuvent revoir, des années, des décennies après, sans que remontent ces instants et l'idée même du bonheur, et que s'imposent, plongés en soi, au plus profond de notre coeur, le regard, le parfum adorés de l'autre, depuis lors perdue de vue.
Il n'y a pas d'institution idéale. Très vite, le désir de fonder devient totalitaire et veut préserver son objet. Alors se multiplient les procédures, et les règles paralysent le pouvoir-faire. Pourtant, comme le dit tinette Michaud dans sa préface, " ce qui compte, c'est l'acte d'instituer, le mouvement d'institutionnalisation, ce qui pousse, tire, organise les demandes, désire, impulse, à partir de l'institution existante. Ce qui est important, c'est ce qui dit, formule, énonce que là où ça s'arrête, c'est la mort, c'est l'inertie institutionnelle qui souligne que là où la vie s'en est allée, il n'y a plus d'espoir ni de désir, que le projet s'est figé dans un pratico-inerte étouffant et démobilisateur ". A travers différentes lectures de l'institution et de la loi qui fonde une éthique du travail social, l'auteur propose de restaurer un espace pour la créativité dans la mission des acteurs sociaux, dans le champ de la santé mentale mais aussi de l'éducation et de la formation. Pour cela, il offre au lecteur des repères intégrant une réflexion sur la morale, la loi, le désir, le secret, qui permettent de caractériser la structure régie par les lois sociales du côté de l'institué, et l'institution du côté du sujet et de son désir.
Après Revoir Paris (2017) Claire Garate et Patrice Leconte récidivent... Re-Revoir Paris - Second opus de cette promenade originale, décalée et belle. Savoir regarder, flâner, s'émerveiller, s'attacher à des détails. Savoir vivre à Paris avec l'oeil ouvert. Re REVOIR PARIS, parce que Paris est une ville que l'on a toujours plaisir à re-revoir.
Résumé : " Pour fonder son style propre en psychanalyse - et la psychanalyse n'est pas seulement les "effets" que l'on produit, mais tout autant la "théorie" que l'on parvient à produire sur ces effets -, il convient de s'éloigner du texte qui nous a formés pour interroger notre expérience et la laisser dire jusqu'à l'erreur s'il le faut. Dire comme un devoir éthique sans souci excessif de la cohérence ou des ruptures épistémologiques. Dire l'expérience d'une analyse pour témoigner du parcours d'une parole en acte. Cette parole semble chez moi ancrée autour des questions qui touchent à la fonction paternelle, à la position filiale, à l'intégration de la loi, la plénitude de la joie, l'énigme de l'amour... Toutes ces expériences impossibles autour desquelles tourne ma clinique et qui se déplacent avec les cures qu'il m'est donné de conduire. Il n'y a pas de psychanalyse en dehors de la clinique du transfert. L'expérience d'une psychanalyse ne change pas une personne ; le déplacement qui s'y opère est oblique, le sujet n'y prend pas un sens contraire dans la direction de sa vie, cela se passe hors sens, dans la constatation que nos actes portent autrement, même si nous demeurons "le même". Nos tics, nos amours, nos lubies, notre culture, nos habiletés subissent des petits détours, des variations d'intensité parfois, mais en restant là où c'était : ce qui "transforme", c'est la manière de dire "je" qui advient et qui produit une chimie différente dans la chanson de nos vies. " I.G.M.
Le terme "technoscience", abondant dans les discours militants et journalistiques, absent des discours internes aux pratiques scientifiques, parfois utilisé par des philosophes ou des sociologues, est récent. Le substantif apparaît au milieu des années soixante-dix. Il est souvent chargé d'affects et d'une axiologie implicite: il constitue souvent une arme de lutte (nommer les phénomènes techniques et/ou scientifiques de ce nom c'est déjà, dans bien des contextes, les "dénoncer" ), mais est-il aussi le lieu d'une élaboration conceptuelle précise et consistante pour accueillir ce qui nous arrive et qu'on désigne ainsi? Et ce qui nous arrive sous ce nom est-ce, localement, une reconfiguration de la représentation des rapports entre sciences et techniques, ou bien aussi, plus largement, une manière nouvelle d'expérimenter quelques énigmes fondamentales (comme celle de l'Invention, ou bien encore celle de la Puissance)? On veut manifester dans ce livre l'ambiguïté fondamentale d'une "figure" aux facettes multiples - la technoscience -, qui traverse les registres de l'épistémologique, de l'économique et du politique,, pour assumer des inflexions proprement métaphysiques et même eschatologiques.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.