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Islam & prison
Galembert Claire de
AMSTERDAM
12,00 €
Épuisé
EAN :9782354802066
Soulever la question de la religion en prison en France, c'est immédiatement évoquer la surreprésentation supposée des musulmans, ainsi que leur non moins supposée dangerosité potentielle. La cause semble entendue : la prison est le creuset de la radicalisation. Les antécédents judiciaires des auteurs des massacres commis au nom de l'islam en France depuis 2012 ont très largement alimenté cette thèse. Bien que les trajectoires de radicalisation ne passent pas nécessairement par la prison, le débat public laisse penser que les prisons sont devenues des "universités du jihad" . L'incarcération de plus de 500 personnes pour faits de terrorisme islamiste depuis 2014 et les agressions de surveillants par des détenus radicalisés n'ont fait qu'amplifier ce climat d'anxiété générale. Quel que soit le traumatisme provoqué par le terrorisme, la peur est mauvaise conseillère. Car c'est bien le spectre du terrorisme qui, des années 1990 aux années 2000, a fait émerger l'idée que l'islam est la première religion carcérale et surgir les décomptes à la rigueur douteuse des musulmans incarcérés. C'est encore elle qui a été le moteur de l'organisation d'une offre institutionnalisée d'islam, livré jusqu'au début de ce siècle à l'attentisme et aux traitements discrétionnaires des acteurs de terrain. La logique sécuritaire de ce que l'administration pénitentiaire qualifie significativement de "politique de rattrapage" brouille les effets positifs de ce qui aurait pu être une véritable reconnaissance de la légitimité de la pratique de l'islam en prison. Elle perturbe l'action des aumôniers musulmans, trop ostensiblement mobilisés comme un outil de contrôle des conduites religieuses. La politique de lutte contre la radicalisation mise en oeuvre à partir de 2015 n'a fait qu'amplifier cette confusion propice à la stigmatisation et au développement de la paranoïa collective. Cet ouvrage ne se contente pas de pointer les effets pervers de la politique carcérale concernant l'islam telle qu'elle s'est mise en place depuis les années 2000. Il interroge aussi la manière dont l'univers carcéral conditionne la pratique religieuse. Si la prison produit une intensification du rapport au religieux, c'est peut-être que celui-ci s'offre comme une ressource pour affronter l'épreuve carcérale. A travers cette intensification, dont on montrera qu'elle peut se faire pour le pire comme pour le meilleur, se lit aussi la faillite de notre prison qui n'a de républicaine que le nom. La question de la radicalisation, qui aurait pu être l'occasion de réfléchir à notre vision de la peine, est une nouvelle illustration de l'abandon de l'ambition resocialisatrice de la prison au profit de ses seules fonctions d'expiation et de neutralisation.
Cet ouvrage présente une étude de l'évolution de la pensée de Claude Bruaire. Claude Bruaire, un chrétien très engagé dans la culture de son temps (il est décédé en 1986, à 51 ans), n'est pas un auteur facile. Son travail est pourtant assez extraordinaire : il a couvert tous les espaces de la philosophie (logique, cosmologie, anthropologie, théologie philosophique, métaphysique) avec une rigueur dont il serait bon de faire mémoire. Professeur à Tours puis en Sorbonne, il a été à l'origine de la revue Communio, section française ; il participait souvent aux réunions des amis du Cardinal Jean-Marie Lustiger, était lecteur assidu du Cardinal Hans Urs von Balthasar, maître de nombreux philosophes tels que Jean-Luc Marion. Ce travail a été couronné du prix Henri de Lubac décerné par l'Institut Français - Centre Saint Louis de Rome. Le livre propose un itinéraire interprétatif de la pensée de Bruaire en analysant d'abord son système et ses racines, en envisageant ensuite le moment crucial de son développement, la crise et l'évolution positive de son oeuvre. Il se place à la frontière de la métaphysique et de la théologie philosophique en interprétant l'itinéraire bio-bibliographique de Claude Bruaire, son propos systématique, sa crise et son évolution vers la philosophie du don qu'il appelle " ontodologie ". La lecture diachronique de ses oeuvres s'entrecroise avec la méditation des thèmes constants en logique et ontologie, et devient un commentaire critique et un essai de développement d'un chemin de pensée brisé d'un coup en 1986. La mort de Bruaire arrêta en effet une production littéraire très active. Néanmoins nous croyons que la réflexion de Bruaire est arrivé a son soumet dans le chef d'oeuvre qu'est L'être et l'espritde 1983.
Résumé : Harlem, New York, un soir de novembre. Un sous-sol à l'écart des grandes avenues. Une cérémonie vaudou. Le narrateur regarde. Observateur, et non pas acteur. La nuit qui suit devient rêverie. Va-et-vient inlassable entre Harlem et Port-au-Prince. Le corps interdit de son amie et son enfance lointaine. Dans une approche semi-autobiographique, Louis-Philippe Dalembert retrouve l'un de ses thèmes favoris : l'enfance et ses tabous. La magie du récit, la langue, mélange heureux de gouaille et de détours créoles, de métaphores empruntées au vaudou et à la Bible, font de Les dieux voyagent la nuit le lieu d'une autre initiation : celle du lecteur, prêt à braver avec l'enfant téméraire toutes les peurs.
Galambert Patrice ; Arcimoles Charles-Henri d' ; D
Résumé : Cet ouvrage est à la fois un livre de conviction et un manuel technique. Comme livre de conviction, il pousse un cri d'alarme : ne limitons pas l'évaluation de la performance RH à la réduction des coûts de la structure, nous devons aussi identifier la contribution des investissements RH à la création de valeur de l'entreprise. Comme manuel technique, il propose des solutions opérationnelles : Comment conduire une démarche processus ? Quelle est la bonne grille d'analyse pour décider la création d'un centre de services partagés ? Quels sont les facteurs clés de succès d'un système d'information RH ? Quels sont les leviers RH pour la création de valeur ? Il montre ensuite comment piloter son évolution : Quelle est la différence entre tableau de bord et reporting ? Comment piloter les projets et les processus RH ? Quelle méthode d'évaluation pour la création de valeur ? Comment intégrer le pilotage de la performance dans le pilotage global de l'entreprise ?
Autour de Diderot, l'Encyclopédie, véritable "machine de guerre" de l'esprit des Lumières, regroupa des collaborateurs prestigieux au nombre desquels figurent Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Buffon, Condillac... D'Alembert présentait ainsi l'entreprise : "L'ouvrage que nous commençons a deux objets : comme Encyclopédie, il doit exposer autant qu'il est possible, l'ordre et l'enchaînement des connaissances humaines ; comme Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, il doit contenir sur chaque science et sur chaque art, soit libéral, soit mécanique, des principes généraux qui en sont la base, et les détails les plus essentiels qui en font le corps et la substance.".
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Dans Le Pouvoir des mots, Judith Butler analyse les récents débats, souvent passionnés, sur la pornographie, la violence verbale dirigée contre les minorités et l'interdiction faite aux homosexuels membres de l'armée américaine de se déclarer tels. Il s'agit pour elle de montrer le danger qu'il y a à confier à l'État le soin de définir le champ du dicible et de l'indicible. Dans un dialogue critique avec J. L. Austin, le fondateur de la théorie du discours performatif, mais aussi avec Sigmund Freud, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida ou encore Catharine MacKinnon, elle s'efforce d'établir l'ambivalence du hate speech, de la violence verbale et des discours de haine homophobes, sexistes ou racistes: s'ils peuvent briser les personnes auxquelles ils sont adressés, ils peuvent aussi être retournés et ouvrir l'espace nécessaire d'une lutte politique et d'une subversion des identités. Elle esquisse ainsi une défense pragmatique du principe de la liberté d'expression, qui ne s'en tient pas aux arguments employés classiquement par les doctrines libérales, mais est surtout préoccupée par le souci de maximiser la puissance d'agir des dominés et des subalternes. Les lecteurs français trouveront dans ce livre des instruments inédits pour repenser à nouveaux frais les questions soulevées par les débats sur la pénalisation des discours de haine.