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L'OMBRE DE L'IMAGE
GAGNEBIN MURIELLE
CHAMP VALLON
29,00 €
Épuisé
EAN :9782876733640
Toute image a-t-elle vraiment une ombre? A moins que l'ombre, peinte ou sonore, ne produise une image. Bref, qui, de l'image ou de l'ombre, l'emporte? Ajoutons à cela les multiples clins d'?il, les repentirs iconologiques, les astuces inhérentes au monde du spectaculaire, les présences d'absence habiles à hanter toute couvre, qu'elle relève de la littérature, de la peinture, de la photographie, du théâtre, ou du cinéma, voire de la psychanalyse. Bref, reprises, transpositions, falsifications, recréations ou, changeons de registre: épure, conquête de l'authentique, les manifestations de l'art ont maille à partir avec l'ombreux qui vite devient tantôt ombrageux, tantôt ombrant! De même les arts de l'empreinte, depuis l'origine du dessin jusqu'à l'horreur d'Hiroshima et ses fulgurantes lumineuses susceptibles d'éliminer l'image comme l'ombre, sont-ils toujours en étroite relation avec la mort et l'ineffable? Mais l'infigurable, trace de l'inhumain, ne peut-il aussi se transformer en trop de visible? Voir s'accompagnerait alors de quelque hystérie, capable de retentir sur la part de l'ombre liée à toute figure, sauf celle du vampire, et de faire des marges, des blancs, des silences autant de fragiles demeures, inséparables cependant de la représentation. Donner à voir implique ainsi sûrement un intime partage avec quelque secrète dispense des ombres. C'est ce que l'?uvre du cinéaste Alexandre Sokurov, si familier du langage pictural, confirme, au cours d'un hommage, à sept voix, rendu à son film Elégie de la traversée (2001). Le jeu énigmatique des ombres, spécifique de sa "touche" comme d'un certain traitement de la mélancolie, valorise tantôt le documentaire dans la fiction, tantôt le rêve dans la sèche réalité. La nostalgie, évocatrice de tant d'images, libère, là aussi, des ramifications propres à stimuler un nouvel art de créer, et peut-être même de penser les ombres.
Le conflit psychique impliqué dans la création artistique est ici analysé à travers les éléments plastiques et amène à repenser la question classique de l'illusion créatrice. Ruses, pièges, leurres mettent à l'épreuve l'artiste et son public. La vision participe donc d'un scandale en ce qu'elle révèle un inassimilable, une sorte d'excès. C'est de ce reste, commandant l'inquisition de regards désormais actifs, qu'il est traité chez des peintres (Cranach, Titien, Zurbaran, Picasso, Cy Twombly, A. Kiefer), des dessinateurs et des graveurs (M. -C. Escher, P. Klossowski, A. Rainer), des cinéastes (Visconti, Bresson). L'oeuvre d'art livre une figuration formellement héritée d'Aristote mais revisitée par la psychanalyse où les mécanismes de la bisexualité, du deuil, de la perversion et de l'emprise, apparaissent susceptibles de se laisser codifier. Sur horizon analytique, une éthique de l'art se profile...
L'auteur propose ici un modèle inédit d'interprétation de l'art centré sur le conflit psychique inhérent à chaque oeuvre. Est ainsi promue une vraie poïétique de la perturbation. De la théorie aristotélicienne de la création, l'auteur retient le jeu des quatre causes qu'elle renouvelle à la lumière des propositions freudiennes et post-freudiennes. C'est-à-dire que le capital pulsionnele, le degré de bisexualité, la capacité à élaborer deuils et choix, enfin l'emprise sur le matériau sont désormais les figures analytiques auxquelles répondent secrètement les oeuvres d'art. Considérés avant tout comme des créatures vivantes, films, tableaux, images dites virtuelles ou de synthèse sont donc à la fois des individus organisés et dotés d'une structure psychique précise et des personnes possédant un destin. Conviée en ces lieux où l'oeuvre dévoile sa vulnérabilité, l'exégèse s'attelle à travailler au bord du gouffre, là où l'art à tout instant risque de se perdre, n'était ce le recours à ce que l'auteur nomme une "greffe métaphorisante" : Antonioni et sa conception du vide, Fincher et le fétichisme, Kurosawa et l'irreprésentable, Lynch et les figures de l'excès, tels sont quelques territoires de l'expérience ici menée". Montées" sur les paroles du patient, les interprétations psychanalytiques permettent en outre à l'auteur de développer une herméneutique de montage pour le moins intrigante, tandis que certaines données princeps du cinéma viennent comme enrichir ce moment si crucial de la cure". Texte de couverture
Résumé : L'?uvre de Michel de M'Uzan, membre titulaire de la société psychanalytique de Paris, ancien directeur de l'Institut de psychanalyse et cofondateur de l'Institut de psychosomatique, se présente comem un réel système orinté par des notions originales, à la fois cliniques et théoriques, tels que " le paradoxal ", " la chimère ", " le darwinisme interprétatif ", ou encore " le spectre d'identité ". L'interprétation et ses possibilités mutatives, la mémoire conçue non plus comme un ensemble de strates mais bien comme un réquisitoire permanent, la mort et le travail du trépas qu'elle insuffle, ou encore les mécanismes de la création artistique, ainsi que la sexualité de la femme sont réétudiés. Murielle Gagnebien examine ces problèmes à travers une série d'oppositions et de paradoxes propres à faire apparaître l'unité et la fécondité de cette ?uvre qui entretient des liens serrés avec l'écriture de fiction développée, elle-même dans plusieurs recueils. Selon Murielle Gagnebin, ce travail sur la langue dirige l'intérêt du lecteur vers une conception dramatique de la prose, rejoignant en cela la dynamique de la séance considérée, ici, comme une ?uvre d'art.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?