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Authenticité du faux. Lectures psychanlytiques
Gagnebin Murielle
PUF
28,50 €
Épuisé
EAN :9782130544883
On nous parle d'une pratique particulière à la marine anglaise. Tous les cordages de la marine royale, du plus gros au plus mince, sont tressés de telle sorte qu'un fil rouge va d'un bout à l'autre et qu'on ne peut le détacher sans tout défaire ; ce qui permet de reconnaître, même aux moindres fragments, qu'ils appartiennent à la couronne. Goethe, Les Affinités électives. Dans la lutte qu'il déploie pour cacher (contrefaçons, masques, grimages, faux-semblants, camouflages divers), le faussaire exhibe un combat farouchement véridique. Cette authenticité du faux, l'auteur la traque chez J. J. Rousseau, Alban Berg, mais aussi chez Vermeer, Raphaël, ou encore chez Polanski, Michael Powell, voire Morandi, Giacometti et Nicolas de Staël... En dégageant les mobiles inconscients et les motifs esthétiques de cette curieuse authenticité critique à même les trafics de l'image, Murielle Gagnebin est ainsi amenée à proposer deux nouveaux concepts. L'ego alter, cet être qui seconde et souvent dépasse l'artiste comme le patient, asservis à la nécessité inconsciente des déplacements et des condensations qui constituent tantôt leur ?uvre tantôt la fable propre à gouverner leur vie. Et le spectre de la sublimation, susceptible, au contraire, de restituer à l'artiste sa part de responsabilité au cours du travail psychique engagé dans ses créations et de situer le patient dans sa capacité à mentaliser. C'est en qualité d'esthéticien et de psychanalyste que Murielle Gagnebin attire l'attention non sur les valeurs de la falsification mais bien sur les dévoilements de l'imposture...
À un moment bien précis de son élaboration, l'oeuvre d'art n'est plus dirigée par l'artiste lui-même mais par une entité autre, que Murielle Gagnebin dénomme Ego alter. L'auteur en traque le dévoilement qu elle aborde par la notion psychanalytique de projection avec son cortège de régressions et de dépersonnalisations. Ceci, à travers des oeuvres littéraires (Rousseau, Artaud, Walser, des Forêts, Bonnefoy, Barthes), des oeuvres plastiques (Van Gogh, le surréalisme, les frères Van Velde, et des peintres contemporains) et des cinéastes, tels Eustache, Sokurov, Van der Keuken. Ces terres insolites ne sauraient être confondues avec le domaine du rêve, dont M. Gagnebin analyse les multiples fonctions, à même des films. L'auteur s interroge sur les éclipses de cet Ego alter avec Beckett, Amiel, et Angelopoulos. Centrée sur certaines « peintures noires » emblématiques, la fin du livre permet à M. Gagnebin d'étudier les « interdits » adressés à cet Ego alter.
Les Images parlantes: l'étrangeté habite ce titre! Les détournements de l'image vers quelque langage codé, les contrebandes de l'image au gré de textes particulièrement transgresseurs (hiéroglyphes aventureux, cryptogrammes religieux, trésors de l'iconologie, subversions insolites de l'Art brut, mécanismes sulfureux du rêve, étranges translations d'un langage dans un autre), les transports sur la langue sont multiples. Une évidence s'impose donc: l'image ne parle pas, mais elle doit être parlée. Dès lors s'ouvre le domaine des fables et des fictions émanant de l'image elle-même, aptes toutefois à la spécifier comme à la sonder (livres en duo alliant l'image et le texte, fantasmagories du cinéma et parallèlement humilité signant le travail de toutcritique d'art). Exhiber une fonction inédite et captatrice de l'image en tant qu'elle est parlée, c'estse prononcer pour son capital créateur, son ingénieuse inventivité. Bref, le registre del'iconique pourrait, au terme de ce livre, se laisser argumenter en ces mots: "Voir, c'est faire parler"!
Tout affrontement ne procéderait-il pas d'un malentendu? Celui-ci ne résiderait-il pas dans le sujet lui-même, dans ses drames intérieurs? La notion d'affrontement est très loin de pouvoir être ramenée à la seule mise en face à face de sujets, d'entités, de pensées, d'idéologies. Cette notion complexe englobe tout spécialement la jalousie, en réservant une place à l'incertitude: sujet/ objet, dedans/ dehors, aujourd'hui/ autrefois. Cela se vérifie dans le champ des images aussi bien picturales, théâtrales, cinématographiques, musicales que verbales. Cette problématique s'observe dans les oeuvres de créateurs que rapproche un regard animé par une cruauté provocante. Se trouvent ainsi réunis des artistes allant de Villon ou de Shakespeare à Godard, en passant, entre autres, par Gustave Moreau, Welles, Verdi, Antonioni, Georges Bataille, Pasolini, Wim Wenders, Kieslowski, Elfriede Jelinek et Abramovic- Ulay. Des images de l'affrontement à l'affrontement des images tel est le cheminement, à la fois esthétique, philosophique et psychanalytique de ce livre. Dès lors, les termes de déconstruction, de démembrement, de démantèlement, élevés au rang d'instruments, et s'exerçant dans le champ strict de l'image, engagent une fécondité révolutionnaire.
Habitée par l'énigme, l'image ne cesse de nous provoquer dans nos certitudes et ouvre au "leurre" comme à la "présence", dirait Yves Bonnefoy. Dans ce livre qui est consacré à son ?uvre, l'image se trahira sans cesse: éclaire-t-elle ou trompe-t-elle l'être dans son rapport au monde? Lumière ou nuit de l'image?Parfois le poète se prononce en faveur de l'image: "L'homme a besoin d'images". Yves Bonnefoy invoque alors "le blé de l'image", mais ailleurs il la dévalorise et va jusqu'à mentionner "la boue de l'image aux yeux déserts", voire sa disparition "Et bientôt même il n'y a plus d'image", car "leur syntaxe est incohérence, de la cendre". Il en vient ainsi à répudier l'image qui méconnaîtrait la finitude de ce dont elle est l'image, ce "dehors du sens" qui appelle tantôt "un irréparable silence", tantôt le pouvoir, sans cesse en éveil, de revivifier son apparition.Yves Bonnefoy n'a cependant jamais renoncé à interroger l'image: simple réfraction ontologique? réinvention du réel? facteur de rassemblement?"Point de contact" entre les êtres, l'image pourrait devenir une expérience de la plénitude du réel mais aussi bien de sa vanité.Dans ce livre plusieurs chercheurs. fidèles à l'âpre mise en question de l'image, poursuivie sa vie durant par Yves Bonnefoy, vont aborder celle-là à travers tous ses aspects: littéraire, poétique, plastique, musical, architectural. Plus que jamais, sous ces filtres divers, l'image apparaîtra dans sa profonde ambivalence: lumière ou nuit? L'ouvrage se clôt sur une centaine de pages du poète, parfois inédites, parfois difficilement trouvables. consacrées à l'image et à ses ambiguïtés.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Dans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Résumé : L'ouvrage est destiné à tous ceux qui s'intéressent à la question fondamentale : " Est-ce que j'éduque bien ? " Parents, enseignants, éducateurs, responsables politiques, travailleurs sociaux, chercheurs peuvent y trouver matière à réflexion. Un modèle de besoins psychopédagogiques fondamentaux est présenté. Il tente de prendre en compte les dimensions les plus importantes entrant en jeu dans la construction de l'identité d'un individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Il donne donc un contenu - et, en cela, il constitue une véritable innovation - à la réponse à la question précitée. Par ailleurs, les auteurs s'interrogent : " Comment, concrètement, répondre au mieux à ces différents besoins ? " Pour cela, ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré " car ils se sont aperçus que les divers courants de pensée pédagogique développent spécifiquement un besoin particulier. Ainsi, ils font correspondre une pédagogie à chaque besoin fondamental. Leur proposition - et c'est en cela que leurs propos sont " postmodernes " - est de ne pas privilégier un courant au détriment des autres. Chaque courant apporte des éléments importants. La multiréférence que chaque adulte doit intégrer dans un modèle pédagogique propre est, selon eux, une démarche incontournable. Leur conception de la formation des adultes est de faire de ceux-ci des sujets-acteurs, voire, mieux, des sujets-auteurs de leur projet éducatif. En d'autres termes, on peut dire que complexité éducative et agir communicationnel sont ici au c?ur des propositions.