Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
YVES BONNEFOY LUMIERE ET NUIT DES IMAGES
GAGNEBIN MURIELLE
CHAMP VALLON
29,00 €
Épuisé
EAN :9782876734289
Habitée par l'énigme, l'image ne cesse de nous provoquer dans nos certitudes et ouvre au "leurre" comme à la "présence", dirait Yves Bonnefoy. Dans ce livre qui est consacré à son ?uvre, l'image se trahira sans cesse: éclaire-t-elle ou trompe-t-elle l'être dans son rapport au monde? Lumière ou nuit de l'image?Parfois le poète se prononce en faveur de l'image: "L'homme a besoin d'images". Yves Bonnefoy invoque alors "le blé de l'image", mais ailleurs il la dévalorise et va jusqu'à mentionner "la boue de l'image aux yeux déserts", voire sa disparition "Et bientôt même il n'y a plus d'image", car "leur syntaxe est incohérence, de la cendre". Il en vient ainsi à répudier l'image qui méconnaîtrait la finitude de ce dont elle est l'image, ce "dehors du sens" qui appelle tantôt "un irréparable silence", tantôt le pouvoir, sans cesse en éveil, de revivifier son apparition.Yves Bonnefoy n'a cependant jamais renoncé à interroger l'image: simple réfraction ontologique? réinvention du réel? facteur de rassemblement?"Point de contact" entre les êtres, l'image pourrait devenir une expérience de la plénitude du réel mais aussi bien de sa vanité.Dans ce livre plusieurs chercheurs. fidèles à l'âpre mise en question de l'image, poursuivie sa vie durant par Yves Bonnefoy, vont aborder celle-là à travers tous ses aspects: littéraire, poétique, plastique, musical, architectural. Plus que jamais, sous ces filtres divers, l'image apparaîtra dans sa profonde ambivalence: lumière ou nuit? L'ouvrage se clôt sur une centaine de pages du poète, parfois inédites, parfois difficilement trouvables. consacrées à l'image et à ses ambiguïtés.
À un moment bien précis de son élaboration, l'oeuvre d'art n'est plus dirigée par l'artiste lui-même mais par une entité autre, que Murielle Gagnebin dénomme Ego alter. L'auteur en traque le dévoilement qu elle aborde par la notion psychanalytique de projection avec son cortège de régressions et de dépersonnalisations. Ceci, à travers des oeuvres littéraires (Rousseau, Artaud, Walser, des Forêts, Bonnefoy, Barthes), des oeuvres plastiques (Van Gogh, le surréalisme, les frères Van Velde, et des peintres contemporains) et des cinéastes, tels Eustache, Sokurov, Van der Keuken. Ces terres insolites ne sauraient être confondues avec le domaine du rêve, dont M. Gagnebin analyse les multiples fonctions, à même des films. L'auteur s interroge sur les éclipses de cet Ego alter avec Beckett, Amiel, et Angelopoulos. Centrée sur certaines « peintures noires » emblématiques, la fin du livre permet à M. Gagnebin d'étudier les « interdits » adressés à cet Ego alter.
Résumé : On nous parle d'une pratique particulière à la marine anglaise. Tous les cordages de la marine royale, du plus gros au plus mince, sont tressés de telle sorte qu'un fil rouge va d'un bout à l'autre et qu'on ne peut le détacher sans tout défaire ; ce qui permet de reconnaître, même aux moindres fragments, qu'ils appartiennent à la couronne. Goethe, Les Affinités électives. Dans la lutte qu'il déploie pour cacher (contrefaçons, masques, grimages, faux-semblants, camouflages divers), le faussaire exhibe un combat farouchement véridique. Cette authenticité du faux, l'auteur la traque chez J. J. Rousseau, Alban Berg, mais aussi chez Vermeer, Raphaël, ou encore chez Polanski, Michael Powell, voire Morandi, Giacometti et Nicolas de Staël... En dégageant les mobiles inconscients et les motifs esthétiques de cette curieuse authenticité critique à même les trafics de l'image, Murielle Gagnebin est ainsi amenée à proposer deux nouveaux concepts. L'ego alter, cet être qui seconde et souvent dépasse l'artiste comme le patient, asservis à la nécessité inconsciente des déplacements et des condensations qui constituent tantôt leur ?uvre tantôt la fable propre à gouverner leur vie. Et le spectre de la sublimation, susceptible, au contraire, de restituer à l'artiste sa part de responsabilité au cours du travail psychique engagé dans ses créations et de situer le patient dans sa capacité à mentaliser. C'est en qualité d'esthéticien et de psychanalyste que Murielle Gagnebin attire l'attention non sur les valeurs de la falsification mais bien sur les dévoilements de l'imposture...
Les Images parlantes: l'étrangeté habite ce titre! Les détournements de l'image vers quelque langage codé, les contrebandes de l'image au gré de textes particulièrement transgresseurs (hiéroglyphes aventureux, cryptogrammes religieux, trésors de l'iconologie, subversions insolites de l'Art brut, mécanismes sulfureux du rêve, étranges translations d'un langage dans un autre), les transports sur la langue sont multiples. Une évidence s'impose donc: l'image ne parle pas, mais elle doit être parlée. Dès lors s'ouvre le domaine des fables et des fictions émanant de l'image elle-même, aptes toutefois à la spécifier comme à la sonder (livres en duo alliant l'image et le texte, fantasmagories du cinéma et parallèlement humilité signant le travail de toutcritique d'art). Exhiber une fonction inédite et captatrice de l'image en tant qu'elle est parlée, c'estse prononcer pour son capital créateur, son ingénieuse inventivité. Bref, le registre del'iconique pourrait, au terme de ce livre, se laisser argumenter en ces mots: "Voir, c'est faire parler"!
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.