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Petit manuel de torture à l'usage des femmes-soldats
Fusco Coco
AMSTERDAM
12,00 €
Épuisé
EAN :9782350960128
Un musulman détenu à Abou Ghraïb ou à Guantanamo. Une femme-soldat mettant son zèle militaire et sa féminité au service de la Guerre contre le Terrorisme. Des manuels de l'armée sur la coercition du prisonnier, et des consignes implicites sur les " tactiques sexuelles " qu'ont peut employer. Tels sont les éléments de l'interrogatoire en tant que dispositif politique. Après ceux qui firent scandale en 2004, où des violences sexuelles furent exercées par des femmes, l'artiste Coco Fusco a suivi une formation militaire à l'interrogatoire, dépouillé les archives de l'armée et du FBI et navigué dans le vertige de forums et d'images consacrés à ces actes de torture sexuelle. Ce qu'elle en ressort va au-delà d'une étude de cas, nous confrontant non seulement à " l'état d'exception " américain et au rapport des femmes au pouvoir, mais aussi à l'énigme de la domination : Peut-on encore se dire " extérieur " à la guerre ? Les images du conflit servent-elles à le justifier, le documenter, en faire le réservoir de nos fantasmes ? Comment penser l'absence d'images ? Quels rapports, enfin, entre la construction du genre féminin et le fait de la violence, entre les clichés culturels et l'asservissement, et entre société de consommation et extermination ? Cheminant de Susan Sontag à Virginia Woolf, Coco Fusco réenvisage la question de la guerre en deçà et au-delà de la différence sexuelle.
Maître de la chronique satirique, Gian Carlo Fusco pourfend, dans Mussolini et les femmes, les ridicules du régime du Duce. À coups d'anecdotes autour de Rachele (l'épouse) et des maîtresses innombrables de " l'homme de la Providence ", il brosse le portrait d'un homme aux séductions brutales, entouré de " play-boys " englués dans leurs jalousies, leurs rivalités, leurs ambitions de vitelloni, de séducteurs de bordels. D'un trait vif, provocateur, impitoyable, il traque, débusque et pulvérise les impostures d'un pouvoir qui, avant l'ère médiatique, avait hissé le sport au rang de priorité nationale pour divertir les Italiens, au grand dam des hiérarques ventripotents contraints de s'exhiber dans des prouesses athlétiques. Un " Envers de l'histoire mussolinienne ", truculent, inattendu et irrésistible.
Ma chère soeur, Bien chers tous, cette lettre sera la dernière que je vous écris, car aujourd'hui j'aurais cessé de vivre, aussi je vous demande de prendre courage et de vous dire que j'ai toujours été un homme honnête et consciencieux, qui a toujours suivi le droit chemin (..). Je dois payer et je le ferai en bon français..." Extrait d'une lettre d'Albert-Joseph di Fusco, cantonnier temporaire à la mairie du XVe arrondissement de Paris. Arrêté avec quatre de ses camarades cinq mois plus tôt pour activités communistes, il avait été condamné à 20 ans de travaux forcés. Au même moment, l'occupant, en la personne du général von Stüpnagel, décidait de répondre à l'activité résistante émergente par une politique de prises d'otages parmi les détenus juifs, communistes et anarchistes. C'est dans ce cadre que, le 22 octobre de la même année, avait été tué le jeune Guy Môquet et qu'il fut décidé de l'exécution le 15 décembre 1941 d'une centaines d'otages au Mont-Valérien, à Châteaubriant, à Fontrevaud et à Caen où il furent treize. Au soir de l'exécution, toutes les tombes - que le Préfet avait obtenu de faire revêtir du nom de chaque martyr - seront couvertes de fleurs par des inconnus. Ces lettres sont présentées et commentées par Claude Llucia di Fusco, née le 1e' janvier 1937 à Marseille. Enseignante, la fille unique dAlbert-Joseph di Fusco remplit avec ce livre un indispensable devoir de mémoire.
Terre, ciel, océans et forêts ne font qu'un avec les humains. 33 poésies tressées en un seul poème chantent leur parcours unique. Les forêts pluviales, Dubaï, les Inuits, des villes de décharge. Images apocalyptiques et paysages qui fascinent et promettent des "avenirs" à rendre possibles, en défiant le présent. Beaucoup de femmes communes le font partout, des activistes ou leaders de peuples autochtones, souvent menacées et tuées, contraintes à perdre leurs terres. Mots puissants et histoires, auxquelles L'aura, la poétesse Laura Fusco, donne voix, avec sa parole et son style désormais consacrés à la grande poésie, dans un poème choral, qui redessine la planète, transformant son agonie en une vision de renouveau. "Qui sera le prochain ? " Global Witness nous rappelle qu'en 2023 196 femmes et hommes défenseurs de l'environnement ont été tués. Mais nous serons les prochaines victimes si nous ne nous unissons pas pour défendre la nôtre, unique, Terre Mère, comme écrit la poétesse Laura Fusco dans son très émouvant recueil qui nous concerne toutes et tous. Ensemble nous pouvons. Nous le devons. Alessandro Giannì, Relations Institutionnelles et Scientifiques Greenpeace Italie
Tommaso Landolfi (1908-79), romancier, poète, dramaturge et critique, est un contemporain exact de Moravia, Pavese ou Vittorini, dont rien cependant ne le rapproche vraiment. Ce grand angoissé, qui entretenait avec la réalité des rapports problématiques a, dans la solitude, édifié une o euvre des plus singulières, entre fictions et autobiographie, où le fantastique occupe une place importante. Styliste raffiné et par ailleurs joueur impénitent, largement influencé par le romantisme allemand autant que par les romanciers russes du XIXe siècle, il laisse percevoir derrière son ironie un désespoir absolu auquel seule la littérature, et quoi qu?il ait pu en dire, a été capable d?offrir une alternative.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.