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Incitations
Froment-Meurice Marc
GALILEE
36,00 €
Épuisé
EAN :9782718605968
Inciter, et non juste citer. Mais qui? et à quoi? A (être) nous, avant tout ou plutôt envers et contre tout. Or "nous", c'est un pronom aussi traître que le nom de Personne au lieu d'Ulysse. Il n'y a que nous - mais nous autres. Autres que tout, autres, même, que nous, si par là "on" entendait quelque Un. Entre nous soit dit et bien dit, ce n'est pas simple. Surtout entre nous: car c'est là que cela se noue et se dénoue. Un entre tient à nous et nous entretient de nous. C'est ce singulier pluriel, que, pour le nommer, Jean-Luc Nancy aura cité à comparaître devant nous. Nous devant nous, et devant être devant nous. Mais aussi bien il retombera derrière nous. Car nous sommes mortels, ne sommes peut-être que cela - quel étrange lieu commun, tout de même! Lieu où la communauté s'envoie par le fond avant même d'avoir vu le jour, restant toujours en souffrance de naissance et de sens. Peut-on mettre la fin derrière nous, là où elle ne se trouve nulle part? Et pourtant, il ne dépend que de nous d'en finir avec la politique des grands moyens et des fins misérables, comme si toute fin, hormis la tragédie, ne l'était pas... Mais comme la tragédie elle-même est derrière nous, comme le dernier mot est tombé de L'arrêt de mort, il nous faudra rester du côté de la vie à qui il manque de pouvoir ne dire rien que "Oui".
Solitudes, au pluriel, mais de singularités : des lieux et non des sujets, des passages et non des positions. Aller de Rimbaud à Heidegger, ce ne sera pas seulement franchir l'abîme qui sépare, depuis l'origine, poésie et pensée, ce sera les exposer, ensemble, à cet abîme. Déposer princes et principes, métaphysique et esthétique, et prendre, enfin, le large ; prendre, aussi, la mesure — avant tout, de ce qu'il n'y a pas sur cette terre de mesure ou, comme le disait Mallarmé, de ce qu'"il n'est pas de Présent". L'âge des poètes commence à la fin, dans l'adieu d'Une saison en enfer, qui nous commande d'être "absolument moderne", ou dans l'écart, sur le "seuil pétrifié" où se tient Trakl. Solitudes, de la finitude demeurant hors partage, du temps-long suspendu à la venue d'un tournant, de la langue monologue ; mais aussi, de nos espaces finis, des villes inquiètes comme du paysage dépaysé du non-sens qui est encore notre seul lieu commun, tel qu'il est arrivé, césurant l'Histoire, même de l'Etre, à Auschwitz et qu'il nous revient de partout, "faute de tout".
Résumé : Il n'aura fallu que deux décennies pour que ce qui fut un monde à part, avec son soleil trompeur et sa nuit enveloppante, son arbitraire et ses règles, sa grisaille et ses couleurs singulières, sa brutalité et sa sociabilité, obsédant les uns, en asservissant d'autres, donnant de l'espoir à d'autres encore, s'évanouisse comme s'il n'avait jamais existé... Ce monde courut-il à sa fin selon un processus aussi inéluctable que discret, pour ainsi dire souterrain ? Ou bien cette disparition ne fut-elle elle-même qu'un artifice d'apparence, nombre de traits essentiels du régime défunt lui ayant survécu avec une inaltérable vigueur ? Tout ce qui entoure l'expérience soviétique nous paraît aujourd'hui bien étrange. Comment cette étrangeté, avec son coeur d'opacité encerclé par les murailles du Kremlin, fut-elle perçue par les observateurs avisés ? Un Français, issu d'un canton raisonnable, plutôt apaisé, voire un peu rassis de la vieille Europe, pouvait-il comprendre ce pays anormal, s'exempter d'humeurs et pour autant ne pas tout sacrifier à ce réalisme politique dont, après coup, l'opportunité est si souvent sujette à caution ? Pouvait-il aussi ne pas se sentir plus stimulé, fût-ce pour lui opposer un zeste d'esprit missionnaire, par ce curieux empire que par la République livrée à ses calculs, mais qu'il servait de toute sa loyauté ? Le Journal tenu par Henri Froment-Meurice, au fil de trois postes successifs dont au final celui d'Ambassadeur, est un précieux document. L'acuité du regard et le style élégant du diplomate n'assèchent en rien la capacité d'indignation et la force d'enthousiasme de l'homme. La haine du communisme contrebalancée par l'amour de la Russie, la croyance dans les vertus de la présence culturelle de la France, la complexité parfois savoureuse des rapports de l'Ambassadeur, qui n'en pense pas moins, avec son administration et un pouvoir qui se laissaient trop souvent abuser par le langage de paix venu du Kremlin... Nous voilà ramenés aux heures chaudes de la relation très particulière, très intéressée de part et d'autre, mais empreinte à sa manière de sincérité entre la France et l'URSS.
Froment-Meurice Anne ; Bertucci Jean-Yves ; Hauptm
Les grands arrêts de la jurisprudence financière présentent les grands arrêts et décisions rendus par la Cour des comptes, la Cour de discipline budgétaire et financière, le Conseil d'Etat, le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l'homme, l'ensemble des compétences juridictionnelles des juridictions financière, les règles de procédure qui leur sont applicables et illustrent la richesse de l'apport jurisprudentiel des juridictions financières dans la protection des fonds publics et la bonne gestion. Cette septième édition tient compte des différentes illustrations des cinq dernières années de jurisprudence de la mise en application du nouveau régime de responsabilité pécuniaire et personnelle des comptables publics, entré en vigueur en 2012.
L'étrange parfum des fleurs exotiques, la couleur des balisiers, la poétique de la toponymie, les formes tropicales transformées en forces, le cimetière qui est une plage, la trace sur le sable d'un enfant à venir, le pays natal où l'on n'est pas né, la vie sous l'eau, le regard d'un serpent, l'oeil d'un poisson flûte, la lenteur des animaux marins, les séquences d'une pêche miraculeuse, les lumières de la nuit dans un mouillage, l'ombre de Gauguin, la géométrie cosmique d'un squelette d'oursin, le surgissement d'un cercueil, la secousse d'un tremblement de terre, les temps de l'holothurie ou du colibri, le langage des bateaux, la déesse rousse du volcan, les lumières d'un vaisseau fantôme, la naissance de la nuit, la cérémonie d'une noce païenne, l'énergie du rayon vert, le partage des eaux avec une tortue, la furie d'un combat de coqs, la mélancolie du carnaval : la poésie est toujours autobiographique. Voici l'un de mes journaux.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.