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Les excès du genre. Concept, image, nudité
Fraisse Geneviève
NOUVELLES LIGNE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782355261336
Les Excès du genre offre une perspective originale tant sur la polémique sexe/genre que sur la critique des stéréotypes et l'usage de la nudité en politique. Pionnière dans le domaine des " études de genre ", Geneviève Fraisse observe ces débats violents de l'oeil critique d'une chercheuse qui a résolument privilégié la généalogie politique de l'émancipation des femmes et l'examen de la tradition philosophique, plutôt que la discussion sur l'identité et les identités. S'il s'agit de valider un nouvel objet de pensée, le concept de " genre " ne saurait s'entendre ni comme simple outil ni comme théorie radicale." Genre " est un mot en excès, car la question qu'il traite déborde l'ordre établi. De quoi parle-t-on avec les "stéréotypes de genre "? De changer les images des femmes et des hommes pour transformer la réalité? La lutte contre les stéréotypes n'est-elle pas plutôt la meilleure façon d'en reconduire la puissance? Et de quoi témoigne alors la nudité en politique? L'usage du nu, du corps porteur de slogans (les Femen, par exemple) renvoie à l'histoire lointaine (occidentale) de la nudité comme vérité, et de la femme nue comme image de la vérité. Auquel cas, la nudité serait elle-même un geste public.
Le mot de mixité désigne, à l'origine, l'instruction et l'éducation dispensées en commun aux garçons et aux filles. Revenons sur cette évidence de la mixité scolaire; regardons ce mélange des deux sexes pendant l'enfance et l'adolescence il est fait de clarté et d'obscurité. Est-il à l'image d'une vie future, miroir de la réalité sociale, ou est-ce un privilège du temps et de l'espace de l'enfance? Qu'est-ce que la mixité: un progrès, une expérience, une valeur républicaine, un plaisir? En tous les cas, le mot a fait fortune, pour désigner d'autres mélanges, mixité sociale, mixité urbaine...
ENTRE l'opinion et la vérité, s'ouvre le champ de la controverse des sexes. Les jugements rapides, autant que l'espoir de vérité, alimentent débats et discussions sur le lien et le rapport entre les hommes et les femmes. Le but avoué de ce livre est de donner à voir cet espace de la controverse. On connaît peut-être mon opinion : l'égalité des sexes est possible parce que pensable. Identité, différence, égalité, liberté en sont les quatre mots clés. Reste à offrir au lecteur les chemins parcourus pour "penser cette opinion", cette égalité des femmes et des hommes. Avec pour hypothèse l'historicité des sexes, de multiples voies peuvent être empruntées : celle de la tradition philosophique et des femmes philosophes, celle de la tradition politique avec les mots de "souveraineté", de "gouvernement" ou de "fraternité", celle des mythes modernes, du chant des sirènes et de Prométhée, celle du génie féminin et de la raison des femmes. Les tabous du féminisme ou de l'antiféminisme, la révolution de la contraception ou l'invention de la parité, et les obstacles continus comme l'inégalité professionnelle ou le service domestique constituent autant de repères actuels qui viennent étayer le présent ouvrage.
Toutes les femmes sont citoyennes, quelques femmes sont artistes. La citoyenne et l'artiste sont-elles les semblables des hommes ? Oui. Tout autant concernées par la politique et par l'art ? Oui. Au commencement de l'ère démocratique, initiée par la Révolution française, ces affirmations furent pourtant sources de débats et de polémiques : aux femmes la famille plutôt que la cité, la muse plutôt que le génie, arguaient bien des hommes qui n'étaient pas tous réactionnaires. Deux cents ans après, nous en discutons encore. L'ouvrage revient sur les conséquences de ce moment fondateur. Il rend compte du travail sans fi n de la démonstration de l'égalité, dans une "démocratie exclusive" où chacun - donc chacune - peut théoriquement se voir individu, sujet, citoyen, créateur, un, une parmi tous et toutes. De Poulain de la Barre, philosophe du XVIIe siècle, à Jacques Rancière, penseur contemporain, avec Virginia Woolf comme avec Simone de Beauvoir, les textes réunis ici montrent à quel point ces questions demeurent essentielles pour la modernité : celle de la jouissance revendiquée, celle de la stratégie subversive, celle de la mesure de l'émancipation des femmes, celle du féminisme comme dérèglement de la tradition occidentale.
Notre siècle propose un nouveau paradigme du service, modèle social qui mêle emploi et solidarité. Il y eut jadis la domesticité d'apparat, puis la bonne de la bourgeoisie, et l'employée de maison de l'après-guerre. Désormais, la prise en charge de la vieillesse (mais pas seulement), et la volonté de trouver de nouveaux gisements d'emploi entraînent l'organisation du " service à la personne ". Que penser de cette mutation ? Deux directions s'offrent à nous, celle du rapport entre service et démocratie, et celle du lien entre corps et propriété de soi. La question posée au XXe siècle par le service domestique fut celle de la difficulté à penser ensemble une situation faite de hiérarchie et de dépendance avec le support politique d'une société nouvelle, conjonction du principe de l'égalité de tous et de l'autonomie de la personne. Comment penser l'égalité et la dissymétrie, l'autonomie et le lien ? Comment définir un métier fait de confusion des rapports humains et de tâches sans limites précises ? Tel est, trente ans après, l'intérêt de republier Femmes toutes mains, de manière à rendre au mot de " service " toute son opacité, à réfléchir à nouveau à ce terme simple, cru, et sérieusement équivoque.
Deux philosophes que tout semble opposer (l'âge, l'histoire, l'engagement) dialoguent. Raymond Aron vient de faire paraître Les Etapes de la pensée sociologique. C'est sur ce livre que devait porter l'entretien radiophonique diffusé le 8 mai 1967. Or c'est au contraire autour de l'ouvrage que vient de publier Michel Foucault, Les Mots et les Choses, que s'organise une conversation où les points d'accord apparaissent plus nombreux que l'on n'aurait pu le penser d'abord. Transcription inédite, suivie d'une analyse de Jean-François Bert. . . Jean-François Bert est sociologue. Ses principaux travaux portent sur l'histoire de la sociologie et de l'anthropologie et sur l'édition militante des années 1960 et 1970.
La mode a fait de l'inauthentique l'espace de ses expérimentations. Lorsqu'ils véhiculent les codes de la frivolité, créateurs et top-modèles le font en conscience, et se posent en sujets d'énonciation à part entière. L'examen du "phénomène de mode" fait apparaître la relation étroite qu'il entretient avec les motifs fondamentaux de la représentation occidentale : un platonisme "hétérodoxe" et une "inversion paradoxale de l'incarnation", entendue en son sens religieux.
Il n'y a rien en effet comme la fin de quelque intermittence que ce soit qui soit moins à l'ordre du jour. C'est tout le contraire même. L'instance représentative du patronat (le Medef) regarde le statut de l'intermittence des travailleurs de l'industrie du spectacle et du divertissement de masse comme le modèle par excellence et comme, par anticipation, celui sur lequel aligner toute la législation du travail, dorénavant. Si bien qu'il faut dire ceci : les travailleurs intermittents de l'industrie du spectacle et du divertissement de masse eussent fait montre de lucidité politique en s'avisant que, au lieu de continuer à prétendre à l'exception qui était la leur, ils constituaient en réalité déjà une règle à laquelle il n'y aurait bientôt plus de travailleur, de quelque sorte que ce soit, à pouvoir s'excepter. . . Michel Surya dirige la revue Lignes. Écrivain et philosophe, il a récemment publié : L'Éternel Retour (roman) (Lignes-Léo Scheer, 2006) ; La Révolution rêvée (Fayard, 2004). Le présent volume, qui fait suite au Portrait de l'intellectuel en animal de compagnie (Farrago, 2000), est le quatrième de la série De la domination .
Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...] On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. Alain Badiou . . Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, Alain Badiou a récemment publié Logique des mondes (Le Seuil, 2006). Le présent volume est le quatrième de la série Circonstances , dans la collection Lignes.