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Histoire de l'art N° 94, décembre 2024 : Art et autoritarismes
Font-Réaulx Dominique de ; Renard Thomas ; Fenech
REVUE HIST ART
24,99 €
Épuisé
EAN :9782909196404
Dans un monde où perdurent guerres et desseins dominateurs, ce numéro interroge l'art aux prises avec l'autoritarisme sur le temps long, du XVIe siècle à nos jours. L'art a pu, dans certains cas, servir les visées autoritaires du pouvoir en place (décors fascistes d'Arnaldo Carpanetti en Italie, exposition sur l'architecture nazie présentée en 1942 à Madrid, fresques de Pierre Ducos de La Haille pour le palais de la Porte dorée, affiches de propagande communiste vietnamienne). Dans les diverses formes coloniales, certains artefacts ont revêtu des significations changeant selon le contexte (masque D'mba en Guinée, nus féminins exposés au Salon japonais dans les années 1930). L'autoritarisme a pu avancer masqué (la Documenta, marquée par Joseph Beuys, et ses liens avec des courants réactionnaires ; le genre, obstacle pour les professionnelles de musée ; l'influence de la CIA au Nigeria dans les années 1960 à 1980). Mais l'art a aussi été un moyen de résistance à l'autoritarisme (le collectif CADA dans le Chili de Pinochet ; l'oeuvre en exil du Bélarusse Sergey Shabohin, entre collecte, archivage et création ; Sammy Baloji et son travail sur les relations entre l'Europe et le royaume du Kongo). Face à la censure et à l'exclusion, certains doivent se résoudre à créer dans les interstices de liberté (les populations mexica se réappropriant des images chrétiennes ; l'Albanais Edi Hila et la sphère de l'intime ; les films de Jafar Panahi ; le spectre de Tian'anmen en Chine ; la situation des artistes palestiniens, notamment à Gaza).
Résumé : Eugène Delacroix (1798-1863) fut un des plus grands artistes français du XIXe siècle. Sa création artistique, riche, variée, multiple, le distingue. Héros de la génération romantique des années 1820, incarnant par ses succès teintés de scandale le renouveau de la peinture, il fut aussi un des plus grands peintres de décor religieux ou civils, jusqu'à la fin de sa vie. Travaillant seul, n'ayant fondé ni école, ni atelier, il fut pourtant reconnu comme maître et modèle par bien des artistes après lui. Coloriste talentueux, sa pratique du dessin, ignorée de son vivant, fut une des grandes révélations de la vente après son décès. Habité par le génie de la peinture, sûr dès ses plus jeunes années de son talent, il fut tenté par l'écriture, qu'il pratiqua toute sa vie, journal, correspondances, essais théoriques, courtes nouvelles. Cet ouvrage de référence abondamment illustré (plus de 400 reproductions) présentera, de manière transversale, l'ensemble des facettes de ce génie romantique.
La matérialité d'un artefact nous informe sur son authenticité, sa temporalité, son sens. Pourtant, les altérations qu'elle peut subir ne bouleversent pas toujours notre perception. Au-delà des questions de restauration et d'identification, l'apparition d'un tournant matériel en histoire de l'art a remis cette notion physique au coeur de la discipline. En nous attirant sur la dimension sensible des oeuvres, la matéri- alité nous offre d'accéder à des questionnements esthétiques, anthropologiques ou même méthodologiques et, ainsi, de dépasser l'opposition entre forme et contenu.
Résumé : Les très généreuses libéralités consenties par Etienne Moreau-Nélaton, donations, don et legs en 1906, 1907, 1919 et 1927, ont contribué à accroître de manière remarquable les collections du Louvre et des musées français. Moreau-Nélaton avait hérité des oeuvres acquises par son grand-père Adolphe Moreau père, qui fréquentait Eugène Delacroix et avait établi avec lui une relation de mutuelle confiance, puis par son père Adolphe Moreau fils. Le peintre est celui qui fit le lien entre les trois générations de cette famille d'agents de change et de banquiers, amateurs d'art éclairés. Cet ouvrage présente un choix de dessins et de peintures de la collection Moreau-Nélaton, conservée au musée du Louvre. Les textes évoquent le travail d'historien de l'art entrepris par Adolphe Moreau fils, qui rédigea l'un des premiers catalogues raisonnés de l'oeuvre de Delacroix, et par Etienne Moreau-Nélaton, qui publia une monographie sur l'artiste. En rendant hommage, au sein de l'appartement et de l'atelier du peintre devenus le musée Eugène Delacroix, à une famille de très grands collectionneurs, l'exposition "Delacroix en héritage. Autour de la collection Moreau-Nélaton" et le catalogue qui l'accompagne permettent de découvrir des oeuvres rarement reproduites, où se dévoilent toutes les facettes de l'art de Delacroix.
Ce numéro explore la manière dont la création artistique et l'histoire de l'art sont sans cesse traversées et refaçonnées par les limites, externes ou internes, conventionnellement déterminées ou imposées, à la fois dans les usages, les pratiques, la réception et l'étude des oeuvres. Les objets ici considérés touchent aux limites de la discipline par leur statut, à la marge d'une création artistique cadrée (couvercles de cassoni florentins ; moulages anthropologiques ; cinéma expérimental et bricolage ; art populaire ; stand-up californien des années 1970) ou à leur place dans l'oeuvre d'artistes ou dans les corpus étudiés (collections de photographies anciennes ; ratures et gribouillages ; représentation de l'intangible ; charge sémantique de la ligne). Les essais ici rassemblés questionnent ainsi la discipline même de l'histoire de l'art et ses méthodes (place de l'image dans le rituel liturgique médiéval ; figure de Joseph comme homme "limité" ; frontières mouvantes du cinéma).
Résumé : Les humanités numériques ouvrent des champs nouveaux d'étude et de recherche. Loin d'être seulement des outils pour constituer des ressources en histoire de l'art, elles jouent un rôle de plus en plus important dans la conception de la discipline et son développement. Elles transforment les oeuvres, leurs reproductions et les textes à leur sujet non pas en objets ni en représentations, mais en données, qui peuvent s'insérer dans des séries temporelles, matérielles, visuelles et spatiales. L'approche numérique est une pratique intellectuelle amenée à changer en profondeur la discipline, dans l'étude de ses objets, la constitution, l'exploitation et la transmission de savoirs, mais aussi dans l'interaction entre oeuvres, public et chercheurs, et entre institutions culturelles et recherche. Ce numéro met en lumière les nouveaux discours et questions que les humanités numériques permettent de faire émerger, incitant à penser autrement la pratique de l'histoire de l'art et sa diffusion.
L'Ukraine a pu constituer un point aveugle de l'histoire de l'art. Son patrimoine comme sa création ont longtemps été confondus avec ceux de la Russie soviétique. Le présent numéro, l'une des premières publications françaises dédiées à la création et aux artistes ukrainiens, réunit des auteurs d'Ukraine et d'Europe dont les sujets d'étude vont des débuts de la christianisation du pays à ces dernières années. Il dresse un vaste panorama de la richesse esthétique et artistique de ce pays, dans sa variété chronologique et thématique.
Interroger les liens entre le musée et l'histoire de l'art, c'est penser les tensions entre ce lieu de plus en plus happé par l'emprise d'une vision touristique et patrimoniale et un discours parfois plus porté, avec l'iconic turn, sur les images que sur les objets. Le musée ne fait pas que refléter le discours de l'histoire de l'art : il agit sur lui également. Lieu de la confrontation entre une Åuvre et une personne, il est la ou se font les redécouvertes. Lieu éminemment public, il releve du politique. Le principe de démocratisation a l'Åuvre depuis plusieurs décennies implique de nouveaux modes d'accrochage, moins savants, plus ludiques, qui entrainent une histoire de l'art éclatée, moins préoccupée uniquement de philologie savante, d'attribution et de datation, de classement stylistique, et plus ouverte vers les universaux actuels : le plaisir de l'Åil, les aventures du voir, les bricolages de l'imaginaire visuel