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L'autorefoulement et ses limites
Flonneau Mathieu ; Orfeuil Jean-Pierre
DESCARTES ET CI
14,20 €
Épuisé
EAN :9782844461735
De toute part le bruit médiatique dominant renvoie de l'automobilisme une image négative suggérant une dépendance aliénante à l'objet roi du siècle passé. A contre-courant, ce livre entend réfléchir aux motifs qui ont conduit à son règne, qui, constatons-le, continue au XXIe siècle à l'échelle planétaire. Dès lors, les motifs de succès auraient-ils vraiment et partout disparu ? L'idée est de mettre en question, sur le fond, la forme de bien-pensante et de schizophrénie qui, depuis quelque temps et tout particulièrement en France, accuse l'automobile et place les automobilistes dans une position de coupables désignés des grands maux sociaux et environnementaux. Chemin faisant, la métaphore psychanalytique sert à étayer une proposition bien connue et adaptée pour l'occasion : haine de l'auto = haine de soi. Au gré de quelques coups de volant - et de guidon ! - inattendus, l'ouvrage cherche à interroger les limites de l'autorefoulement, de la mauvaise conscience et de la mémoire malheureuse qui sont associés de nos jours à l'automobile, objet fétiche d'une liberté de plus en plus incomprise et compliquée à assumer.
Passionnelle, l'automobile le reste plus que jamais et la crise y ajoute encore du pathos. Pour l'observateur averti comme pour le simple citoyen, cette industrie, comme d'autres, semble à la veille d'une " révolution ". Pour l'automobile, toutefois, peut-être s'agit-il plutôt d'une contre-révolution initiée de longue date dans laquelle la part de désamour entre pour beaucoup. L'objectif de cette réflexion collective, alimentée par des chercheurs de notoriété internationale, est de remonter aux sources des processus de dénonciation, voire de rejet radical du phénomène automobile et d'évaluer la portée de ce désenchantement. La question des futurs de l'automobile est donc au coeur de cet ouvrage. Un nouveau contrat social est-il possible ou s'agit-il au contraire d'une rupture définitive ?
Agrandissement de soi-même" (Dino Buzzati), l'automobile a permis l'exaltation de l'individualisme. Elle a aussi enfanté une religion moderne et créé une riche culture dont le déchiffrement mérite le détour. Qu'elle soit appréciée ou au contraire perçue comme une absurdité voire une catastrophe, l'automobilisation du monde au XXe siècle n'en possède pas moins sa logique. En cheminant dans la sphère du rêve automobile et de ses icônes, en auscultant les évolutions et les déclinaisons de la pratique de l'art de conduire, en analysant les représentations de l'objet automobile et sa diffusion planétaire dans toutes les strates de la société, cet ouvrage propose au lecteur l'histoire culturelle d'une technique universelle. Depuis la fascination exercée par les toutes premières autos jusqu'à la servitude des embouteillages doublée d'insupportables deuils routiers, c'est à une véritable analyse de la civilisation automobile que Mathieu Flonneau s'exerce ici. Par un patient voyage dans les lieux de mémoire automobiles, en illustrant son propos de nombreux documents iconographiques et de textes littéraires, Mathieu Flonneau plaide dans cet essai pour une histoire de l'automobile qui soit enfin celle de l'automobilisme, c'est-à-dire l'histoire de l'un des styles contemporains de l'homme et de la femme, écartelés entre l'individuel et le collectif, bref, l'histoire d'un authentique art de vivre. Biographie de l'auteur Mathieu Flonneau, agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et au Centre d'histoire sociale du XXe siècle. Historien de l'automobilisme et de Paris, il co-anime un séminaire universitaire consacré à l'histoire de la mobilité.
Les routes de la République sont le produit d'une riche histoire. Pourtant, au mépris de cet héritage, en France, l'art de se déplacer des Parisiens est érigé en principe national par les grands médias... parisiens. Depuis plus de vingt ans, on a rangé du côté du "bien" les transports collectifs et les transports ferrés, et du côté du "mal" la route, la voiture et les poids lourds. Pourtant, la voiture assure l'essentiel de la mobilité des Français, et la route joue de plus en plus collectif, avec le renouveau de l'autocar et le développement des mobilités collaboratives. Cette contradiction pose un problème grave quant à nos valeurs républicaines : comment nos élites ont-elles pu s'enfoncer dans un tel déni de réalité ? A l'heure de la montée des populismes, notamment dans les territoires situés à l'écart des métropoles, il est urgent de refonder l'action publique en donnant la priorité aux réalités économiques, sociales et environnementales sur les fantasmes. La voiture est l'objet premier de la mobilité démocratisée, à elle de se réinventer !
L'organisation de la mobilité, notamment dans les villes et leurs périphéries, semble un problème plus technique que politique. On croit souvent qu'une restriction accrue de la circulation automobile accompagnée du développement des transports collectifs est la réponse politiquement et écologiquement correcte à ce problème. Ce livre montre qu'il n'en est rien et dénonce des solutions simplistes masquant des enjeux sociaux et républicains. Il met en évidence la scandaleuse inégalité de traitement des différents modes de déplacement ainsi que les rapports contradictoires que notre société entretient avec l'automobile et l'automobiliste. Alors qu'une part croissante de la population n'a plus les moyens économiques de demeurer dans les grandes villes, les choix actuels en matière de transport provoquent des fractures sociales en renforçant les inégalités spatiales. Cela peut même contribuer, en entretenant l'angoisse de déclassement des classes moyennes, à une montée des populismes.