Le nouveau monde des mobilités impose de réfléchir aux ajustements du droit et de l'assurance sur les questions essentielles de Sécurité routière. Comme politique publique nationale, célébrée pour ses cinquante ans en 2022, la Sécurité routière mérite d'être vue à l'aune de la science et de ses représentations dans une moyenne durée qui dépasse l'instant et l'émotion. La délégation interministérielle à la Sécurité routière date en effet de 1972 et le Code de la route de 1922, soit un peu plus d'un siècle. Quelles mises à jour sont en cours ? Les risques de tous ordres associés à l'écosystème routier, qui est lui-même porteur de nouveaux usages, méritent un encadrement assurantiel et réglementaire toujours en débats. Alors que plus que jamais les enjeux juridiques, sociétaux et techniques se mêlent pour définir as présent et pour l'avenir une ligne politique institutionnelle inscrite sur une crête très exposée, ce livre collectif apporte sa pierre à la réflexion.
Le titre de cet ouvrage, repris de celui de la journée d'étude organisée en décembre 2009 par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) annonce ouvertement la couleur et relève d'un simple constat: l'automobilisme utilitaire sert la société! Or, comment se fait-il que le discours dominant ne retienne du rapport à ce type d'automobiles qu'un sentiment globalement négatif, que le terme de "dépendance" résume par-delà l'énumération fréquente des nuisances qui lui sont associées? Précisément, l'objet de ce deuxième "Atelier du CCFA" consiste dans l'inventaire, par des universitaires et des professionnels, des services rendus par les autos utilitaires et également dans une tentative d'estimation de leur poids économique d'une part, et de leur influence sociale et culturelle d'autre part. L'utilitaire est ici entendu au sens très large, puisqu'il comprend aussi bien les poids lourds que les utilitaires légers - extensibles à tous les véhicules de flottes d'entreprises -, tous finalement constitutifs d'une même chaîne. Plongeant ses racines dans le passé, questionnant également le patrimoine, cette réflexion collective se veut également résolument tournée vers les perspectives d'avenir de ce "sous-secteur" de première importance pour l'industrie automobile.
Pendant la période des Trente Glorieuses, on assiste à la démocratisation de l'automobile qui devient un phénomène de société. Première industrie nationale, l'automobile fait l'objet d'une attention particulière de la part de l'État qui encourage son développement. Un nouvel urbanisme, de nouvelles infrastructures, une nouvelle mobilité, voient le jour. De nombreux modèles, des plus accessibles aux plus prestigieux, marquent cette période, s'appropriant les routes ? on assiste aux premiers embouteillages ? et les imaginaires à travers le cinéma ou la publicité. Plus de 300 documents iconograhiques accompagnent le texte historique.
Une histoire d'amour, passionnée parfois, qui tourne inexorablement au divorce... telle est la destinée de l'automobile à Paris. Aujourd'hui la voiture ne serait qu'un "problème" pour la capitale: il n'en a pas toujours été ainsi. Pour la première fois, un historien rappelle les étapes de l'articulation de automobile à la ville et, réciproquement, de la ville à l'automobile, à mesure que l'aspiration collective à l'individualisme gagnait l'écrasante majorité de la population. Une soixantaine d'années durant, l'auto a irrésistiblement séduit les Français. Mieux: autour d'elle s'est jouée de façon décisive l'entrée de l'ensemble de la société française dans la modernité. Ainsi, dès l'apparition des premières autos, une civilisation nouvelle s'impose, d'abord parisienne et bientôt universelle. Jusqu'aux années 1960 se met en place une politique favorable à une automobile alors perçue comme facteur de prospérité, qui se traduit, dans toutes les grandes villes, par la construction d'infrastructures majeures, des tunnels aux boulevards périphériques. Toutefois, à partir de 1968, la contestation gronde face au poids toujours croissant d'une automobile dont on dénonce désormais les nuisances. Donnant largement la parole aux acteurs et aux témoins du siècle dernier, Mathieu Flonneau offre une lecture inédite du paysage urbain contemporain, largement influencé par l'automobile telle qu'elle s'est imposée au cours du XXe siècle. La conduite parisienne et les "embarras" de la capitale touchaient la légende: il restait à en écrire l'histoire.
Constat d'évidence, l'automobile a changé la ville. L'auto a-t-elle pour autant bouleversé " voire saccagé " Paris, comme ses détracteurs l'affirment abruptement ? Délaissant la polémique, l'auteur du présent ouvrage a choisi d'entrer de manière pragmatique dans l'histoire afin de retracer, à travers une série de chroniques illustrées, les rapports, parfois conflictuels mais également souvent concordants et constructifs, entre la ville et l'automobile au cours du siècle écoulé. Il montre ainsi, à travers textes, documents et iconographie d'époque que, si le cheminement de l'auto dans la cité a été complexe, il s'est effectué, jusqu'à une période récente, sur une route bordée d'acceptations et de désirs bien plus que pavée de dénonciations et de refus. Et, s'il est vrai que la " grande peur " récurrente de la congestion a été l'ordinaire du siècle, il n'en demeure pas moins qu'un large consensus a accompagné et facilité la pénétration de l'automobile dans la capitale. L'ouvrage révèle qu'en définitive l'automobile a servi l'urbanité parisienne en participant à la modernisation de la ville, Paris ayant su trouver une voie médiane, faite d'équilibres plus subtils qu'il n'y paraît, entre les contradictions portées par ce moyen de transport conquérant et les contraintes de préservation d'un patrimoine et de modes de vie originaux. Une abondante illustration originale vient appuyer la démonstration et rappeler à ceux qui l'oublieraient volontiers que la vérité d'une capitale tient surtout à la mixité de ses usages.