Parcourant l'ensemble du XXe siècle, d'Artaud et Boulez à Goebbels et Novarina en passant par Honegger et Pasolini, cet ouvrage collectif réunit douze textes sur l'association de la musique et du théâtre. La musique de scène, composée par des musiciens en accord avec les dramaturges, inséparable du texte théâtral, s'y trouve convoquée avec la musique en scène, choix de metteurs en scène qui insèrent dans les textes et sur les plateaux des partitions autonomes qu'ils prennent le parti de confronter à la dramaturgie. Musique en connivence, musique venue de l'extérieur, musique imposée ou conçue pour elle-même, telles sont les différentes approches explorées au coeur de cet ouvrage. Quelle histoire de la scène moderne s'esquisse par cette relation ? Cette musique fait-elle bon ménage avec le théâtre—c'est-à-dire les comédiens, leur corps, leur voix, mais aussi le texte dramatique et l'ensemble des composantes du spectacle ? En quoi réside sa valeur ? C'est à ces questions qu'on souhaite ici apporter des éléments de réponse. L'ouvrage se clôt sur un entretien de François-Gildas Tual avec le compositeur Peter Eötvös.
Entre 1870 et 1914 alors que de grandes nations européennes sont en construction et que les révolutions secouent le continent, le théâtre fin-de-siècle affirme la continuité du drame historique romantique en contestant pourtant ses valeurs : l'héroïsme et la noblesse d'âme sont désormais suspects et invalidés, la scène européenne préfère les petits faits aux grands événements et les faiblesses des grands hommes à leurs moments de gloire. On voit alors sur scène, chez Strindberg, Sardou, Rostand ou Wildenbruch, un Napoléon exilé et malheureux, une Théroigne de Méricourt devenue folle et humiliée, un Duc d'Enghien ou un Aiglon qui manquent leur rendez-vous avec l'Histoire. Ce théâtre produit une histoire parallèle et dissidente à la grande Histoire, une revanche des " petits ", des oubliés de l'événementiel et interroge somme toute ce qui mérite d'être historique et de rester dans les mémoires.
Résumé : Cet ouvrage s'adresse aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques. Il a pour objectif de les aider à réussir l'épreuve littéraire des concours. Pour l'année 2018-2019, le programme porte sur : Platon, Le Banquet ; Shakespeare, Le Songe d'une nuit d'été ; Stendhal, La Chartreuse de Parme. Le thème associé à ces oeuvres est : L'amour. Complet et précis, ce livre est l'outil indispensable à une meilleure connaissance des oeuvres et du thème. Il comprend : 1. Une introduction générale qui situe le thème dans l'histoire de la pensée et analyse les différentes problématiques qu'il recouvre. 2. Trois études détaillées : pour se familiariser avec chacune des oeuvres au programme : résumé et structure, analyse du contexte, fiches thématiques ; pour comprendre comment chacune aborde et illustre le thème au programme. 3. Une réflexion synthétique et problématisée sur le thème "L'amour" à partir des oeuvres étudiées. 4. Une méthodologie de la dissertation et du résumé, des dissertations et des résumés corrigés, un index des notions qui se rattachent au thème et un répertoire de citations commentées.
Plus que jamais d'actualité, Ibsen inspire encore et toujours les metteurs en scène du monde entier. Henrik Ibsen, le plus célèbre des écrivains scandinaves, a pourtant vécu vingt-sept ans hors de la Norvège et a distillé son amertume envers son pays natal dans des portraits grinçants de provinciaux sans idéal. Admiré dans toute l'Europe de son vivant, il est compris par les symbolistes comme l'auteur d'un théâtre d'art, espace de pensée et de rêve voué aux apparitions spectrales de personnages évanescents, alors que les naturalistes voient en lui le " Zola du nord " et célèbrent ses drames bourgeois faisant la part belle à la défense de l'émancipation féminine et à la dénonciation des politiciens corrompus. Ce sont toutes ces facettes et ces contradictions que ce livre tente de restituer : Ibsen féministe mais conservateur, Ibsen patriote quoique critique envers la Norvège, Ibsen inventeur du drame moderne tout en revendiquant le modèle de la " pièce bien faite " de Scribe et Augier n'a pas fini de nous étonner.
Dans le théâtre post-brechtien, l'accessoire agace ou fait sourire : on a tôt fait d'y voir une facilité, une complaisance à l'éclat superficiel, au mieux une virtuosité technique. Le "magasin des accessoires" semble un lieu patrimonial et suranné, dont seules les périodes plus anciennes savaient lire et comprendre le sens, souvent plus subversif qu'illustratif. Pour parler d'Histoire, notamment, l'objet serait somme toute devenu suspect : étendards, guillotines et autres portraits sortis des musées pour passer à la scène ne paraissent pas indispensables et l'on joue de plus en plus en costume de ville plutôt qu'en costume historique. Ce volume a tenu à revenir sur cette association hâtive mais tenace qui fait de l'accessoire dans le théâtre historique un outil un peu désuet et banal du grand spectacle : il est pourtant bien là dans nombre de dramaturgies de la modernité, faisant le bonheur de bien des metteurs en scène, de bien des comédiens... et de bien des spectateurs.
De 1886 à 1914 paraissent les Archives d'anthropologie criminelle qui veulent révolutionner la notion de criminalité (école française de Lacassagne contre école italienne de Lombroso). Les débats sur l'homosexualité y sont particulièrement importants tout en donnant un aperçu sur la conception typiquement fin-de-siècle de cette sensibilité, ils mettent en avant la personnalité toute littéraire de Marc-André Raffalovich qui tenta de devenir le Magnus Hirschfeld français.
Tandis qu'une main de femme en moi écrivait des textes positifs, argumentés, d'ordre métaphysique, historique ou poétique, l'attente des jours se déroulait dans une aridité, une pauvreté qui se répétait elle-même. La "veille du livre" raconte le roman impossible d'une écriture forgée dans la patience des jours. Les textes rassemblés ici ont été écrits sur plus d'une dizaine d'années.
D'une île à l'autre, de tragédies en découvertes personnelles, Ariane accoste finalement en Sardaigne où elle récrit sa légende. Traversé par le deviens qui tu es nietzschéen, son récit retrace la vie mouvementée d'une femme qui pourrait être notre contemporaine. Au fil des nombreuses péripéties qui balisent son existence, elle n'a de cesse de questionner le sens, ferment de sa réelle identité.
Dans la première partie de Les deux pères, Josy Adida-Goldberg retrace sous forme de chronique l'histoire de sa famille - de l'arrivée à Constantine de son ancêtre, juif tétouanais, Salomon Adida, vers le milieu du 19e siècle, au départ d'Algérie de sa famille en 1961. On y trouve des morceaux d'histoire captés par l'enfant et la jeune fille. Dans la deuxième partie, la narratrice retrace la relation d'une transhumance depuis Constantine, en passant par Strasbourg puis Paris. C'est aussi une expérience intérieure: les contingences et les interrogations en articulant la trame. Dans la troisième partie, enfin, elle donne la parole à son époux défunt. Et avec émotion, elle lui fait dire ce qu'il s'est obstiné à taire. Récit attachant qui évoque une Algérie disparue, il témoigne d'un itinéraire et de l'acclimatation d'une famille, arrachée à son lieu d'origine par al guerre. C'est aussi un document sur la migration et l'intégration des juifs d'Algérie sur le territoire métropolitain. Benjamin Stora, historien et politologue, professeur d'Histoire du Maghreb à l'INALCO, dit en quoi Les deux pères transcende le simple récit autobiographique.