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la production des hommes
Fischbach
VRIN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782711625390
La lecture conjointe de Marx et de Spinoza que l'on tente ici se justifie de l'idée qu'est mise en oeuvre par l'un et l'autre une rationalité d'un type différent de celui de la raison formelle, utilitaire et calculatrice portée et finalement réalisée par la modernité occidentale. On se propose d'explorer - pour une critique de la raison abstraite et formelle - les ressources offertes par la thèse, partagée par les deux philosophes, selon laquelle les hommes doivent être compris comme des à parties de la nature (partes naturae, Teile der Natur) : peut alors être considéré comme ressort fondamental de l'aliénation tout procédé théorique et tout dispositif pratique aboutissant à la séparation des hommes et de la nature, à l'abstraction du sujet hors du monde objectif, à la formalisation de la raison indépendamment de ses contenus. Marx et Spinoza ont en commun d'avoir vu, en amont de toute Dialectique de la raison (et en ouvrant la voie qui y menait), que ces procédés et ces dispositifs d'abstraction du sujet et de subjectivation de la raison, instaurés initialement en vue d'assurer la maîtrise des hommes sur la nature et du sujet sur l'objectivité, devaient se renverser en leur contraire et finalement engendrer un sujet impuissant parce que dominé par ce dont il s'est lui-même séparé. Cette nouvelle édition revue et corrigée est suivie en annexe d'un compte-rendu et d'une discussion des thèses de Frédéric Lordon dans Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (2010).
Les pages de Hegel consacrées à la lutte pour la reconnaissance sont certainement parmi les plus lues et les plus commentées, particulièrement en France où elles ont fourni à Kojève le point de départ d'une magistrale interprétation de la Phénoménologie de l'esprit. Pourquoi les relire une fois encore? Pour elles-mêmes d'abord, en les inscrivant, plus qu'on ne l'a fait jusqu'ici, dans le contexte général de l'idéalisme allemand de manière à clairement faire apparaître que la théorie de la reconnaissance est la reprise par Hegel d'un problème largement élaboré avant lui, par Kant déjà, mais surtout par Fichte. Ensuite parce que les luttes pour la reconnaissance n'ont cessé de hanter notre modernité post-hégélienne et qu'un retour aux textes de Fichte et Hegel permet de comprendre que la lutte orientée vers la reconnaissance est, pour un individu ou pour un collectif, le moyen de construire les conditions intersubjectives d'un rapport positif à soi et aux autres dans la conquête d'une identité universelle et particulière à la fois. De plus, le travail étant, ainsi que le montre Hegel, un vecteur majeur de la reconnaissance, ce ne sont pas seulement les luttes culturelles, mais aussi les luttes sociales qui deviennent justiciables d'une approche relevant d'une théorie de la reconnaissance. Le thème de l'Anerkennung autorise ainsi une relecture de textes classiques qui ne coupe pas ceux-ci des enjeux de notre monde contemporain.
Si la philosophie de Fichte souffre encore trop souvent de n'être considérée que comme un point de passage entre le criticisme kantien et la spéculation schellingienne ou hégélienne, à cheval en quelque sorte entre le transcendantalisme du premier et la systémacité des seconds, sa pensée politique quant à elle se réduit encore pour beaucoup à la seule promotion de la nation allemande dans les fameux Discours adressés par Fichte à celle-ci. C'est oublier que Fichte est aussi celui qui a porté le concept du droit à une dignité philosophique sans précédent : il a fait de ce concept et de sa déduction un moment central de son système et il a complété le droit politique d'un droit social qui, adossé à un concept repensé de la propriété, inscrit Fichte au premier rang des penseurs modernes du social.
Résumé : Pour Marx, on le sait, tout part de la production et tout y ramène. Mais sait-on exactement quel concept de la production il a forgé ? Parti de l'ontologie de l'activité des idéalistes (notamment Fichte et Hegel), ayant ensuite trouvé cher Feuerbach les moyens de naturaliser cette activité (tout en rejetant le primat feuerbachien de la passivité), Marx aboutit finalement à un concept d'activité productive comme activité naturelle, matérielle et impure (contre l'acte pur des idéalistes). Et c'est alors qu'il retrouve, pour la prolonger, la pensée spinoziste d'une activité productive à la fois naturelle et humaine, immanente et infinie, vitale et mentale, relationnelle et joyeuse, nécessaire mais libératrice. Marx se situe ainsi au plus loin de toute apologie productiviste de la production comme de toute héroïsation d'un sujet de la production ; il se place dans la perspective d'une production de, soi et par soi des hommes qui soit aussi jouissance de soi et du monde par réinsertion de la productivité humaine et sociale au sein de la productivité naturelle et vitale, par reconnexion de l'industrie des hommes sur la machinerie universelle. Sur cette base, Marx articule une critique de la philosophie et une critique de la société d'une radicalité dont on n'a pas fini, aujourd'hui, de prendre la mesure. Ce livre veut y aider.
Fischbach Franck ; Tertulian Nicolas ; Haber Stéph
Résumé : Mutilations liées aux manipulations des existences, à une perte globale de contrôle sur la vie, aux atteintes à la dimension sociale de l'existence à travers la précarité et l'exclusion, aux servitudes volontaires impliquées dans les nouvelles formes d'organisation du travail, à la marchandisation du monde, etc. La question de l'aliénation s'impose à nouveau, pour l'analyse de ce qui advient ainsi massivement aujourd'hui, pour en explorer les causes et penser des alternatives. Psychologues, sociologues du travail et philosophes cherchent ici à relever ces défis.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.