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LA PHILOSOPHIE DE LA MACONNERIE, ET AUTRES TEXTES
FICHTE
VRIN
33,00 €
Épuisé
EAN :9782711612413
Grand classique de la littérature maçonnique, la Philosophie de la Maçonnerie est formée d'une série de conférences prononcées par Fichte en 1800, à la Loge " Royale York de l'Amitié ", Orient de Berlin, et éditées sous formes de lettres en 1802-1803. Cette oeuvre présente une tentative audacieuse de dégager, par delà les solutions proposées par la Maçonnerie historique, le but universel de l'" Art Royal ". Indispensable école d'humanisme, complément nécessaire d'institutions comme l'Eglise et l'Etat, la Franc-Maçonnerie aurait pour vocation d'effacer progressivement toutes les barrières existant au sein de la société civile en favorisant une éducation prenant en compte " l'homme entier " et d'instaurer, à échelle réduite, l'action universelle du genre humain sur lui-même, qui constituerait la destination de la société civile tout entière.
La Destination de l'homme (1800) appartient aux écrits de Fichte (1762-1814) qualifiés de populaires : "Ce livre n'est pas destiné aux philosophes de profession [...]. Il devrait être compréhensible pour tous les lecteurs qui sont, d'une manière générale, capables de comprendre un livre", écrit Fichte dans son avant-propos. A ce titre, ce texte constitue la meilleure introduction à la pensée du philosophe. Dans la langue allemande, ce que l'on traduit ici par destination (Bestimmung) désigne à la fois la vocation et la limitation. Ainsi, pris entre sa liberté d'agir et son appartenance au plan divin, l'homme doit tenter de sortir de cette indécision. Après l'épreuve du Doute, il s'oriente vers l'établissement d'une première certitude, le Moi. Mais, livré dès lors à lui-même, en proie aux affres de la mélancolie, il doit s'élever à la Croyance parce qu'il en va d'un intérêt moral : nous ne sommes certains de la réalité du monde que parce que nous avons des devoirs à y accomplir, dont les effets ne se mesurent pas seulement à l'aune de ce monde-ci.
L'accusation d'athéisme, qui coûta à Fichte sa chaire à l'Université d'Iéna et compromit gravement, et pour longtemps, la réputation de sa doctrine, concentre tous les anathèmes par lesquels l'esprit de calomnie pouvait tenter, avec un certain succès, d'empêcher une pensée trop libre d'agir sur son siècle en forgeant une image plus forte et plus courageuse de l'avenir du monde. Au mépris de toute contradiction, les accusateurs firent suspecter la philosophie transcendantale de conduire, à travers le développement pratique qu'en donnait la Doctrine de la science, autant au scepticisme en matière de religion qu'au panthéisme, autant à l'anarchisme qu'à l'autoritarisme révolutionnaire. On trouvera dans le présent volume la traduction des articles par lesquels Fichte se défendit publiquement contre cette accusation, ainsi que l'ensemble des textes qu'il consacra à la question religieuse depuis la fin de ses études de théologie jusqu'au déclenchement de la Querelle de l'athéisme.
Quelle est la destination du savant? Quel est son rapport à l'ensemble de l'humanité aussi bien qu'aux positions sociales particulières dans celle-ci? Par quels moyens peut-il atteindre le plus sûrement sa sublime destination? Le savant n'est un savant qu'en tant qu'il est opposé à d'autres hommes qui ne le sont pas; son concept résulte de la comparaison et de la relation à la société: par ce mot est compris non seulement l'Etat, mais en général toute agrégation d'hommes raisonnables qui vivent dans l'espace les uns à côté des autres, et qui de ce fait sont placés dans des rapports mutuels. La destination du savant en tant que tel n'est donc pensable que dans la société; et ainsi la réponse à la question: quelle est la destination du savant? suppose qu'on réponde au préalable à une autre, la suivante: quelle est la destination de l'homme dans la société?"
Le Caractère de l'époque actuelle a été présenté sous forme de cours à Berlin pendant l'hiver 1804-1805. Cet ouvrage à fonction essentiellement vulgarisatrice n'en constitue pas moins l'écrit majeur de Fichte en matière de philosophie de l'histoire et le principal appui pour essayer de reconstruire l'exposé "scientifique" qu'il n'a pas écrit. A côté de réflexions méthodologiques sur le rapport entre la philosophie et l'histoire et sur les limites de leurs approches respectives, l'auteur nous livre un jugement sur son époque qui n'a rien perdu de son actualité. Dans cette oeuvre, le message de Fichte reste foncièrement humaniste : c'est du seul usage que l'homme fait de sa liberté que dépend l'évolution de l'histoire. Ce message humaniste prend toutefois une coloration fortement religieuse qui apparente ce texte à l'Initiation à la vie bienheureuse.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.