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Méthode pour arriver à la vie bienheureuse ou La doctrine de la religion
Fichte Johann-Gottlieb
SULLIVER
18,00 €
Épuisé
EAN :9782911199608
La philosophie de Fichte (1762-1814) fut, en son temps et selon son auteur, rarement comprise. Et s'il est vrai qu'elle eût une grande influence sur le romantisme allemand, Fichte dut parfois l'en défendre, à cause des malentendus qui s'introduisaient toujours entre lui et ses " disciples " (Novalis, Schelling, Schiller, Hegel, par exemple). Ce sont sans doute ces raisons qui le déterminèrent à donner de sa doctrine des exposés oraux et " populaires ", plus directs et donc plus clairs que ses exposés " scientifiques ". La Méthode pour arriver à la vie bienheureuse (1806) est le " point culminant " de cette série de conférences, en laquelle sont présentés dans une clarté nouvelle les fondements de sa doctrine telle qu'il l'approfondit après le tournant du siècle. Dans le cours de son développement sont également abordées pour la première fois bon nombre de questions indispensables à l'étude de sa pensée (le dépassement de la morale, les cinq points de vue sur le monde...). Le lecteur trouvera là une pensée qui prend vie, la manifestation, parfois lumineuse et violente, des liens qu'entretiennent toujours cher Fichte la philosophie, le cœur, et la nécessaire critique du temps.
L'Essai d'une Critique de toute révélation parut sans nom d'auteur à Königsberg. On salua unanimement la dernière Critique de Kant. Reinhold lui-même s'y trompa. L'erreur rectifiée, le jeune Fichte fut ainsi publiquement élevé à la dignité de philosophe. Son oeuvre commençait. Bien que son auteur n'en ait jamais renié le résultat, cette Critique de toute révélation est, au sens fichtéen du mot, un texte pré-critique. Le lecteur français y trouvera exposé le fondement éthique et religieux des Contributions destinées à rectifier le jugement du public sur la Révolution française (1793) auxquelles il a depuis longtemps accès. Sa connaissance de la gestation du fichtéanisme pourra ainsi être complétée.
La Destination de l'homme (1800) appartient aux écrits de Fichte (1762-1814) qualifiés de populaires : "Ce livre n'est pas destiné aux philosophes de profession [...]. Il devrait être compréhensible pour tous les lecteurs qui sont, d'une manière générale, capables de comprendre un livre", écrit Fichte dans son avant-propos. A ce titre, ce texte constitue la meilleure introduction à la pensée du philosophe. Dans la langue allemande, ce que l'on traduit ici par destination (Bestimmung) désigne à la fois la vocation et la limitation. Ainsi, pris entre sa liberté d'agir et son appartenance au plan divin, l'homme doit tenter de sortir de cette indécision. Après l'épreuve du Doute, il s'oriente vers l'établissement d'une première certitude, le Moi. Mais, livré dès lors à lui-même, en proie aux affres de la mélancolie, il doit s'élever à la Croyance parce qu'il en va d'un intérêt moral : nous ne sommes certains de la réalité du monde que parce que nous avons des devoirs à y accomplir, dont les effets ne se mesurent pas seulement à l'aune de ce monde-ci.
La réapparition des films de Debord, après 20 ans d'absence, relève d'une duplicité certaine: la machine récupératrice va sen emparer, faisant des films un objet de fétiche pour contemplateurs béats et "branchés"; pire, elle en fera des ?uvres d'art, des objets culturels, quelques avatars de l'inoffensif cinéma expérimental. Hors des contextes et des objectifs d'action directe comment réagir à l'une des phrases-clés du Film Hurlements en faveur de Sade: "Le cinéma est mort."? Comment comprendre l'affirmation dans Guy Debord son art et son temps: "Et maintenant, je me propose d'être anti-télévisuel dans la forme comme j'ai pu l'être dans le contenu"? Les alliés du spectacle édulcoreront le contenu politique des films, feindront de ne pas les comprendre; mieux: ils classeront les idées dans les musées mortifères de leur histoire, dans les tiroirs poussiéreux de l'académisme. Non, l'art n'est plus aujourd'hui que l'ennemi de la conscience; la culture n'est plus qu'un simulacre qui sert à légitimer le prix de la marchandise, et l'histoire politique est aux mains de désinformateurs patentés. Mais pourquoi retarder l'échéance? Debord connaissait déjà ces mécanismes; renversant Hegel qui écrivait que le faux était un moment du vrai, il savait que le vrai n'est plus qu'un moment du faux. Le spectateur d'aujourd'hui, dont on a rempli la courte mémoire de lambeaux épars et décomposés d'une illusoire conscience historique, dont on a programmé la liberté, aliéné le corps, pardonné tous les péchés, n'est pas seulement entouré par le faux, il en est lui-même un produit, et il le sait. Nous parlions de duplicité, l'autre versant en est ce moment du vrai sur nos écrans; tout comme l'histoire de la révolution espagnole ou celle des conseils ouvriers de Hongrie demeurent les terrains de luttes où les positions des uns et des autres se dévoilent, la ressortie des films de Debord pourra tout au moins servir à ceci: faire parader leurs ennemis.
Commençant par les premières interventions de l'auteur en 1970, ce recueil comprend des critiques de la Nouvelle Gauche américaine et de la contre-culture hippie, et des fragments de l'histoire des premiers groupes situationnistes aux États-Unis. On y trouvera également nombre d'affiches, de comics ou d'articles concernant des anarchistes japonais, des dissidents chinois et des bouddhistes radicaux, la révolte polonaise de 1970, la révolution iranienne de 1979, la guerre du Golfe et le soulèvement anti-CPE de 2006 en France, ainsi que des textes moins directement politiques - articles sur l'écrivain Kenneth Rexroth, considéré comme le parrain de la beat generation, sur Georges Brassens et la chanson française, et sur les classiques de la littérature universelle. Enfin, les Confessions d'un ennemi débonnaire de l'État, une autobiographie qui traite principalement des activités situationnistes de Knabb, comprend également ses souvenirs des années 6o et des récits d'autres aventures ultérieures, telles que la pratique de l'escalade, de la musique populaire et du zen. Les écrits de Ken Knabb offrent un précieux regard, à la fois sympathique et critique, sur l'autre Amérique , surtout sur les aspects les plus radicaux et les plus méconnus des années 6o. En même temps, ils résument l'expérience de plusieurs décennies d'activités visant une transformation fondamentale de la société actuelle. À la différence de la plupart des auteurs qui traitent de ces questions, Knabb évite les formules dogmatiques et les slogans creux, pour examiner aussi bien les difficultés que les possibilités d'une telle transformation. Et il le fait avec concision, dans une langue claire et dans un style direct, en essayant de briser les rigidités qui tendent à se développer dans les milieux radicaux, et d'y apporter un peu d'humilité, d'humour et de bon sens. Un des rares Américains ayant bien compris le projet situationniste et l'ayant poursuivi pendant quatre décennies, il a néanmoins maintenu son indépendance, n'hésitant pas à remettre en cause certains aspects de l'orthodoxie situ. Si ses démarches ont été mal reçues par certains tenants de cette orthodoxie, d'autres les ont ressenties comme une bouffée d'air frais . . . Traducteur américain des films de Guy Debord et d'une anthologie de l'Internationale Situationniste, Ken Knabb est également l'auteur de nombreux tracts, brochures et autres écrits, dont certains ont été traduits en une quinzaine de langues. Vous les trouverez ici réunis, à l'exception des deux ouvrages déjà disponibles en France : La joie de la Révolution et Éloge de Kenneth Rexroth.
Si vous vous contentez d'observer tranquillement, en sceptique convaincu; si vous restez en dehors des luttes qui vous paraissent secondaires, ou si, même étant d'une factions, vous osez constater les défaillances et les folies de vos amis, on vous traitera comme une bête dangereuse ; on vous traquera partout ; vous serez injurié, conspué, traître et renégat ; car la seule chose que haïssent tous les hommes, en religion comme en politique, c'est la véritable indépendance d'esprit. " Guy de Maupassant. Cette indépendance d'esprit, Maupassant l'exerce, de 1881 à 1889, dans les chroniques écrites pour les grands journaux de l'époque. Elles éclairent un angle de découverte d'une brûlante actualité, toute moderne, avec des analyses quotidiennes qui ne cessent de mettre en valeur la vie parlementaire, la vie sociale, toute la perspective d'une pensée libre et ouverte, un regard implacable sur la vie politique d'une société. Cet intérêt nouveau d'un journaliste-chroniqueur pour un monde dont il dénonce les tares et les faux semblants, précise une couleur d'époque où s'exaspèrent l'affairisme et la dégradation morale. La société a perdu ses plus solides repères et ceux qui la dirigent sombrent dans la médiocrité. La parole polémique du chroniqueur devient alors parole politique, celle d'un homme qui ose prendre parti, aller à contre-courant des idées toutes faites, vers un nihilisme grandissant. Regroupées pour la première fois, les Chroniques politiques de Maupassant sont présentées par Gérard Delaisement auteur, en 1956, de Maupassant journaliste et chroniqueur (Albin Michel), d'éditions de Bel-Arni (Garnier), de Fort cantine la mort (Gallimard), des Contes et Nouvelles (Albin Michel) et qui a consacré sa vie à rassembler les Chroniques de Maupassant dont il a réalisé l'édition critique.
Grand écrivain dont le style était unanimement admiré, même par ses adversaires, Jean-Jacques Rousseau n'avait pas cependant l'écriture facile. De cet ennemi de la correspondance, ne nous sont pas moins parvenues quelque 2 700 lettres écrites de 1730 à 1778. Une vie d'homme n'est pas uniforme, et celle de Rousseau moins que toute autre, aussi ses lettres sont-elles d'une grande diversité. Certaines sont familières ou personnelles, révélatrices d'un tempérament susceptible de passions ardentes. Certaines, touchantes, vont à celle qui partagea son quotidien pendant trente-trois ans et n'hésita jamais, à partir de 1762, à le suivre dans son exil. La correspondance révèle aussi, chez ce solitaire par choix et par force, son besoin d'autrui, son exigence de compréhension toujours déçue, sa conception intransigeante de l'amitié. "Je fus ami si jamais homme le fut", assure-t-il dans Les Confessions. Autre Rousseau encore, et qu'on ne pouvait ignorer, le philosophe qui constitue son "magasin d'idées" et surtout, en 1756, la lettre qu'il adresse, sur la Providence et la théodicée, au Voltaire du Poème sur le désastre de Lisbonne. Autre Rousseau enfin, celui qui s'exprime, de plus en plus angoissé, quand, après les désastres de Môtiers et de l'île de Saint-Pierre, il pénètre dans l'univers effrayant de la paranoïa des dernières années. Il serait artificiel de présenter cette correspondance selon un ordre thématique. Mais suivies une à une, dans l'ordre chronologique, les 78 lettres de ce florilège font percevoir les étapes successives d'une vie, d'une carrière et d'une pensée.