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ESSAIS PHILOSOPHIQUES CHOISIS
FICHTE
VRIN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782711608423
Les trois essais ici réunis appartiennent à la première philosophie de Fichte, dont ils contribuèrent à éclairer à la fois la structure et la portée. L'écrit programmatique Sur le concept de la Doctrine de la science (1794), présentation par Fichte lui-même de ce que devait être son système, affirme déjà la primauté de la philosophie pratique. Dirigé contre Schiller, l'essai Sur l'esprit et la lettre dans la philosophie (1795), réflexion sur le plaisir esthétique, éclaire les raisons pour lesquelles ce sera une philosophie non pas de l'art, mais du droit qui constituera le centre du système. De cette ouverture du système sur la question de l'intersubjectivité, qui culminera en 1796 dans le Fondement du droit naturel, témoigne enfin l'essai de 1795 Sur la faculté linguistique, où " l'action réciproque par signes " est déduite comme " condition de l'humanité ".
L'initiation à la vie bienheureuse présente la doctrine de la religion de Johann Gotlieb Fichte. S'adressant à un grand public, ce cycle de conférences tenues à Berlin en 1806 et publiées la même année, n'est pas un traité théologique, mais il expose les principes d'une "doctrine de la vie et de la béatitude" qui constitue l'application pratique et religieuse de la doctrine de la science. Chef d'oeuvre édifiant, ce texte qui éclaire remarquablement (autant qu'il les suppose) les écrits théoriques de Fichte est livré ici dans une nouvelle traduction tenant compte des recherches récentes sur le philosophe, lesquelles connaissent un nouvel essor depuis quelques années grâce à l'édition, désormais achevée, de ses Oeuvres Complètes à l'Académie Bavaroise des Sciences.
Le Caractère de l'époque actuelle a été présenté sous forme de cours à Berlin pendant l'hiver 1804-1805. Cet ouvrage à fonction essentiellement vulgarisatrice n'en constitue pas moins l'écrit majeur de Fichte en matière de philosophie de l'histoire et le principal appui pour essayer de reconstruire l'exposé "scientifique" qu'il n'a pas écrit. A côté de réflexions méthodologiques sur le rapport entre la philosophie et l'histoire et sur les limites de leurs approches respectives, l'auteur nous livre un jugement sur son époque qui n'a rien perdu de son actualité. Dans cette oeuvre, le message de Fichte reste foncièrement humaniste : c'est du seul usage que l'homme fait de sa liberté que dépend l'évolution de l'histoire. Ce message humaniste prend toutefois une coloration fortement religieuse qui apparente ce texte à l'Initiation à la vie bienheureuse.
Quelle est la destination du savant? Quel est son rapport à l'ensemble de l'humanité aussi bien qu'aux positions sociales particulières dans celle-ci? Par quels moyens peut-il atteindre le plus sûrement sa sublime destination? Le savant n'est un savant qu'en tant qu'il est opposé à d'autres hommes qui ne le sont pas; son concept résulte de la comparaison et de la relation à la société: par ce mot est compris non seulement l'Etat, mais en général toute agrégation d'hommes raisonnables qui vivent dans l'espace les uns à côté des autres, et qui de ce fait sont placés dans des rapports mutuels. La destination du savant en tant que tel n'est donc pensable que dans la société; et ainsi la réponse à la question: quelle est la destination du savant? suppose qu'on réponde au préalable à une autre, la suivante: quelle est la destination de l'homme dans la société?"
La Destination de l'homme (1800) appartient aux écrits de Fichte (1762-1814) qualifiés de populaires : "Ce livre n'est pas destiné aux philosophes de profession [...]. Il devrait être compréhensible pour tous les lecteurs qui sont, d'une manière générale, capables de comprendre un livre", écrit Fichte dans son avant-propos. A ce titre, ce texte constitue la meilleure introduction à la pensée du philosophe. Dans la langue allemande, ce que l'on traduit ici par destination (Bestimmung) désigne à la fois la vocation et la limitation. Ainsi, pris entre sa liberté d'agir et son appartenance au plan divin, l'homme doit tenter de sortir de cette indécision. Après l'épreuve du Doute, il s'oriente vers l'établissement d'une première certitude, le Moi. Mais, livré dès lors à lui-même, en proie aux affres de la mélancolie, il doit s'élever à la Croyance parce qu'il en va d'un intérêt moral : nous ne sommes certains de la réalité du monde que parce que nous avons des devoirs à y accomplir, dont les effets ne se mesurent pas seulement à l'aune de ce monde-ci.