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L'éthique reconstructive
Ferry Jean-Marc
CERF
15,40 €
Épuisé
EAN :9782204053839
Narration ou argumentation ? Une nouvelle polarité philosophique se dessine ainsi, chargée d'enjeux relatifs à la question de l'éthique. Par la mise en récit des expériences, la narration confère à l'identité personnelle un ancrage et une épaisseur historiques, orientant l'éthique vers un idéal substantiel de vie bonne. Par la justification rationnelle des réclamations, l'argumentation engage la responsabilité des sujets de droit, infléchissant l'éthique vers une idée procédurale de la société juste. Mais comment articuler la visée substantielle à la voie procédurale ? Comment assurer, sur la voie du discours, le principe de reconnaissance ? Dans cette entreprise, l'éthique de la reconstruction revêt une signification décisive. C'est à introduire ce concept original que sont consacrées ces réflexions. L'auteur suit en cela une exhortation de Paul Ricoeur à qui cet essai est dédié.
Résumé : Jean-Marc Ferry repense à nouveaux frais la question de l'Etat européen. De fait, la construction de cet Etat est déjà engagée. Une nouvelle forme apparaît : celle d'une communauté d'institutions intergouvernementales visant à la coordination légitime des politiques publiques. Fédération d'Etats souverains, l'Europe consiste en une puissance publique capable d'assurer notamment l'application et la sanction de la loi commune librement adoptée par ses Etats membres ; la libre circulation et installation sur son territoire de tous ses ressortissants, quelle que soit leur nationalité ; la possibilité pour les individus à faire valoir leurs droits auprès des tribunaux européens contre leur propre Etat national. Voué à conjuguer le droit des individus (les droits de l'Homme) et le droit des gens (les droits fondamentaux des peuples), l'Etat européen ne trouvera toutefois consistance et reconnaissance que s'il se fonde sur des valeurs partagées. La communauté politique doit se doubler d'une communauté morale effective. L'heure est venue d'engager la réflexion sur la substance éthique de l'Europe cosmopolitique, à commencer par la Constitution sociale de la Communauté - le droit inconditionnel à un revenu de base, qui assurerait le fondement social de l'autonomie démocratique - ; l'émergence d'une communauté de culture publique grâce à un espace de communication que régirait une Charte européenne de l'audiovisuel ; l'édification enfin d'une communauté d'histoire à partir de la réévaluation critique des mémoires nationales.
Après les philosophies de la conscience, puis de la réflexion, puis du langage, s'élaborent aujourd'hui des philosophies de la communication. Que signifie ce " changement de paradigme " chez des auteurs qui, aujourd'hui, se réclament d'une " pensée postmétaphysique " sans renoncer pour autant à une certaine forme de transcendance ? " Philosophie de la communication " : dans un premier essai situé sous ce titre, Jean-Marc Ferry analyse notamment la façon dont se renouvelle, à la pointe des discussions contemporaines, le problème de la vérité.
Sans préconiser un retour aux anciennes images philosophiques du monde, l'auteur part à la reconquête d'une raison qu'il découvre dans le lien qu'instaure entre nous la communication de tous les jours.
Interdite ", l?Europe l?est en un double sens : éberluée par la catastrophe de la crise, la promesse non tenue de sécurité, justice et prospérité ; entravée par des disciplines de gestion, lui interdisant de financer son développement. L?Union européenne connaît une triple crise : Crise technique d?une gouvernance économique inadaptée ; crise éthique d?une union politique ratée ; crise philosophique d?un projet historique délégitimé. Aussi bien répondre de la crise signifie-t-il maintenant : reconstruire l?Europe. Une critique constructive se doit de saisir les ressorts de la crise, de comprendre les causes profondes du malaise, si l?on veut ensuite proposer des voies réellement novatrices pour une reconstruction de l?Europe. L?urgence de la situation est un appel aux armes de l?intelligence, tête et coeur unis. Telle est la tâche préparatoire pour une authentique révolution européenne.
Résumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".
Résumé : Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu'il s'agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du "vivre de" et des nourritures. Dans un séminaire qui s'adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette oeuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l'ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l'actualité de Levinas, y compris lorsqu'on s'intéresse à des sujets sur lesquels il ne s'est pas exprimé, comme la médecine, l'écologie et le rapport aux animaux.
Lorsque ces Réflexions sur la peine capitale sont parues, en 1957, la guillotine fonctionnait encore en France, pour les crimes de droit commun, et plus souvent encore pour ceux liés à la guerre d'Algérie. Quand ce livre a été mis à jour pour la dernière fois, en 1979, presque vingt ans après la mort d'Albert Camus, la peine de mort était encore en vigueur en France. Moins de deux ans plus tard, Robert Badinter, nommé garde des Sceaux, fit voter l'abolition par le Parlement le 9 octobre 1981. Pour autant, le débat ne s'est pas interrompu. Il s'est déplacé et il s'est élargi, en devenant international. Si l'abolition a prévalu en Europe et gagné du terrain partout dans le monde, la peine de mort est encore appliquée dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Il nous a paru intéressant d'apporter au débat ces Réflexions d'Arthur Koestler et d'Albert Camus qui n'étaient plus disponibles.
Résumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.