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Femmes du Maghreb, une écriture à soi
Détrez Christine
SNEDIT LA DISPU
16,00 €
Épuisé
EAN :9782843032318
Extrait de l'introductionParce qu'elle veut écrire, Hafida a décidé de ne plus partager le repas qu'elle prépare pour sa famille, afin de disposer du temps de ce quelle appelle une grève de la faim. Insaf, pour publier, a vendu des bijoux de famille. Dalila et Bahia écrivent la nuit, quand la maisonnée dort. Houda et Zohra cachent leurs textes, par peur des colères de leurs maris. Maïssa, Leïla ont dû essuyer les reproches et l'opposition de leur famille. Fatiha a pris un pseudonyme. Bahaa, à une dédicace, a été insultée par un membre du public. Saana a rompu avec son père. Ces femmes vivent au Maroc ou en Algérie, aujourd'hui, dans des milieux favorisés. Elles ont entre 30 et 60 ans, sont chirurgienne, avocate, journalisme, professeure du secondaire ou d'université, ORL, psychiatre, chirurgienne-dentiste, directrice d'une société de communication, etc., ont souvent été poussées dans leurs études par leur père, et, quand elles sont mariées, ont épousé des hommes ayant bénéficié, eux aussi, d'un parcours scolaire abouti.Ainsi, des femmes, pour écrire et publier leurs textes, s'entêtent et s'endettent, grappillent sur leurs heures de sommeil pour parvenir à écrire après la journée de travail et les tâches domestiques, mettent en péril leur tranquillité, parfois leur réputation, et souvent leur santé. Et pourtant elles continuent. Pourquoi, alors qu'écrire n'est pas leur métier, et que le prix à payer, au propre comme au figuré, est si lourd, s'acharnent-elles dans cette activité, qui, en l'occurrence, pourrait sembler être un loisir bien inoffensif? Pourquoi placent-elles l'écriture - et leurs détracteurs ne s'y trompent pas - sur le champ de l'identité, mais également de la lutte et de la liberté?Nombreux sont les ouvrages issus des études littéraires qui ont été consacrés à la production romanesque des femmes contemporaines maghrébines, notamment dans le sillage des gender studies ou des arab women studies anglo-saxonnes. Cette bibliographie pléthorique décline à l'infini la fameuse phrase de Kateb Yacine selon laquelle «une femme qui écrit vaut son pesant de poudre», écrite en préface du roman de Yamina Mechakra, La Grotte éclatée (ou cette variante: «une femme qui écrit connaît la brûlure de la braise», variation de Zineb Labidi sur le proverbe «Seul celui qui marche sur la braise ressent la brûlure»), et souligne la portée transgressive des thèmes traités dans ces oeuvres: dans des contextes où les romancières insistent sur l'invisibilité et le silence imposés aux femmes, l'accent est mis a contrario sur le corps dans tous ses états, la sexualité, le regard, la prise de parole. Mais parmi ces femmes que nous avons rencontrées, Hafida, par exemple, écrit des haïkus sur les fleurs: la transgression n'est ici guère évidente. De façon générale, insister en permanence sur la portée transgressive de tels thèmes, aujourd'hui encore, ne revient-il pas à figurer les femmes encore et toujours cloîtrées, voilées et quasi emmurées vivantes, et ainsi à se limiter à une vision anachronique et misérabiliste de la condition contemporaine des femmes au Maghreb, alimentant stéréotypes et victimisation médiatiques? En effet, comme le remarque Sophie Bessis, «la place des femmes dans la société, et les sociétés arabes elles-mêmes ont évolué plus vite durant les cinquante dernières années qu'au cours des quelques siècles précédents», notamment par l'accès à l'école, au travail et à la contraception. Alors, révolution pour les femmes? Oui, mais... (...)
Résumé : Objet éminemment utilitaire et parure soumise aux aléas de la mode, marqueur ostensible de richesse comme de pauvreté, force est de constater que la chaussure est liée à l'histoire même de l'humanité. Mais que révèlent les chaussures de la personne qui les porte ? C'est à partir de ce questionnement que l'exposition "À vos pieds" (musée des Confluences, du 7 juin 2016 au 30 avril 2017) propose aux visiteurs de cheminer à travers la collection de chaussures du musée, complétée par quelques emprunts, en abordant des thématiques relatives à l'anthropologie culturelle et la sociologie de la chaussure : comme l'habillement ou les coutumes alimentaires, elle possède ses propres codes d'une civilisation à l'autre, et la variété des chaussures ? comme des us et coutumes qui régissent leur port ? est absolument phénoménale.
La sociologie de la culture, tout comme les définitions même du mot culture, est l'objet de débats et de polémiques passionnantes et souvent passionnées. Le but de cet ouvrage est de resituer les travaux - théoriques et empiriques - dans la dynamique de ce champ de recherches vaste et varié. Derrière des oppositions entre "des écoles" ou des auteur.e.s, des méthodes ou des façons d'aborder la culture, peuvent être dégagés des points de rencontre et des complémentarités. Par ailleurs, les débats les plus actuels, soulevés par les (r)évolutions liées au numérique, l'importance prise par les études de genre, et l'émergence de nouveaux publics (les enfants, les fans), sont abordés, à la fois à travers les nouveaux terrains qu'ils font émerger, mais également par les questions méthodologiques qu'ils posent aux sociologues.
Le but de ce livre est double : d'abord, retracer le chemin qui permet l'émergence d'une "sociologie du corps" ; ensuite, montrer en quoi le corps est un "fait social total". Les représentations et les valeurs que le corps véhicule, les expressions du langage et les savoirs qui le façonnent se trouvent alors interrogés, en particulier ses aspects les plus "naturels" et les plus personnels, de la façon de marcher à la manière de se moucher, de celle de se tenir à celle de se vêtir. Ainsi pourront "prendre corps" les problématiques générales opposant individu et société, nature et culture.
Résumé : Le salariat est apparu aux penseurs sociaux du XIXe siècle comme la question centrale des sociétés modernes. Sur les débris des rapports sociaux d'Ancien Régime semblait surgir une nouvelle forme de sujétion. Sur cette base, Marx a développé une théorie de l'exploitation capitaliste qui fut au c?ur des confrontations politiques du XXe siècle. Pourtant, les sciences sociales contemporaines ont rarement traité frontalement du salariat, comme si l'ombre portée de Marx avait freiné une telle investigation. À l'aube du XXIe siècle, le salariat domine plus que jamais nos sociétés. Alors que certains préconisent, au nom de la " flexibilité du travail ", une dissolution généralisée des institutions salariales pour restaurer un utopique marché des producteurs, il est urgent de rouvrir ce dossier. C'est à quoi se sont attachés les historiens, économistes et sociologues réunis ici. Cet ouvrage n'entend pas proposer une théorie unifiée du salariat, mais poser les termes du débat et fournir des pistes pour comprendre sa dynamique présente. La première partie vise à définir le salariat comme concept et fait historique. S'y confrontent sans concessions quelques-uns des auteurs français qui ont le plus travaillé la question. La deuxième partie présente une série d'éclairages, sans prétention à l'exhaustivité, sur les formes contemporaines du salariat et les caractéristiques de diverses populations salariales. Ces études. appuyées sur des enquêtes originales, éclairent par leurs données factuelles et leurs analyses empiriques les débats théoriques de la première partie.
Résumé : Cet ouvrage constitue la première partie du dernier tome de la tétralogie Penser avec Marx aujourd'hui, oeuvre majeure du philosophe Lucien Sève. Intitulé "Le communisme"? , il fait suite à Marx et nous (tome I), "L'homme"? (tome II), "La philosophie"? (tome III). Dans leur Manifeste de 1848, Marx et Engels faisaient du mot "communisme" l'éclatant emblème de l'émancipation humaine. Au XXe siècle, les crimes du stalinisme puis l'inviabilité du système soviétique en ont fait au contraire le terme le plus décrié de tout le vocabulaire politique. Aujourd'hui, quand les catastrophes dont nous menace à brève échéance un capitalisme entré en folie nous somment d'inventer une autre civilisation, se pourrait-il qu'un communisme entièrement repensé pour notre temps redevienne le nom enviable du futur ? C'est ce que soutient Lucien Sève dans ce livre. Une étude savante et vivante de la genèse et du contenu de la visée communiste au XIXe siècle, puis une histoire critique impitoyable de ce qui se passa au XXe siècle pour "le communisme" rendent patente cette conclusion : ce qui a dramatiquement échoué au siècle dernier sous ce nom usurpé, bien loin du communisme de Marx alors prématuré historiquement, fut en vérité, à l'initiative d'un Staline traître aux espoirs nés d'Octobre 17, un national-étatisme brutal de rattrapage du capitalisme où se lancèrent la Russie et à sa suite d'autres pays en retard relatif de développement. Le sens même de l'histoire vécue ces deux derniers siècles bascule ici entièrement : le communisme en son vrai sens n'est pas derrière nous mais devant nous. La deuxième partie du livre, en préparation, traitera de cette question : quel communisme pour le XXIe siècle ?
Le magicien du Saint-André-des-Arts ", a dit de lui Jean-Luc Godard. Trois salles de cinéma au cour de Paris, des choix de programmation dictés seulement par le plaisir de ce dévoreur de films, c'est Roger Diamantis, figure emblématique de la passion cinématographique. Florence Delporte est allée à la rencontre de ce passeur infatigable, de ce découvreur entêté. Avec Une vie d'art et d'essais, elle nous restitue la parole de cet homme discret, qui s'est construit une vie, une identité par le cinéma. Roger Diamantis nous fait revivre son enfance de gamin timide, qui trouvait refuge dans les salles obscures, son quotidien d'exploitant, ses combats incessants pour préserver son indépendance. Voici donc une histoire de cinéma, intime et lumineuse, que traversent Woody Allen, Theo Angelopoulos, Yamina Benguigui, Ingmar Bergman, Alain Cavalier, Raymond Depardon, Emir Kusturica, Ken Loach, Nicolas Philibert, François Truffaut, Agnès Vanda, mais également Jacques Lacan ou Eugène Ionesco... On y croise aussi tant d'autres promeneurs et tant d'amoureux du cinéma qui aiment, contre vents et marées, les soirs du quartier Latin.
Résumé : Les quartiers populaires proches des centres-villes sont aujourd'hui des espaces très convoités par des promoteurs ou des entrepreneurs comme par des aménageurs, qui planifient leur attractivité pour des catégories choisies de populations. Pour leurs habitants déjà là ou leurs usagers ordinaires, par contre, la pression sur les conditions de vie en ville se fait toujours plus forte. Pourtant, la transformation de ces quartiers en espaces plus distingués, plus exclusifs et plus lucratifs n'est pas toute tracée. A rebours des représentations lénifiantes d'un "renouveau urbain" unanimement vertueux, ce livre vise à remettre à l'avant-plan les rapports de domination qui sont à la racine des logiques de gentrification des quartiers populaires et les violences structurelles que celles-ci impliquent. Mais il s'attache aussi à révéler ce qui, en situation concrète, va à l'encontre de ces logiques, les déjoue ou leur résiste, remettant ainsi en question l'idée selon laquelle la gentrification serait un courant inéluctable auquel il serait vain de chercher à s'opposer. C'est ainsi à une repolitisation des questions urbaines que ce livre aspire à contribuer, à contre-courant du flot de discours qui les confondent avec des phénomènes quasi naturels ou les conçoivent comme des problèmes de management détachés de toute idée de conflictualité sociale.