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LES RELIGIONS SELON LA FOI CHRETIENNE
Fédou Michel
CERF
21,00 €
Épuisé
EAN :9782204053778
On entend parfois dire que "toutes les religions se valent". Le chrétien peut-il donc être ouvert aux autres religions sans tomber dans un tel relativisme ? A l'inverse, peut-il affirmer ses propres convictions sans faire preuve d'intolérance à l'égard des autres croyants ? Ces questions sont plus actuelles que jamais, et le livre de Michel Fédou le montre en rappelant d'abord les débats suscités par la déclaration de Vatican Il sur les religions non chrétiennes et par la rencontre d'Assise en 1986 ainsi que les débats liés au phénomène du pluralisme religieux et au développement des "syncrétismes". Mais elles exigent aussi d'être enracinées dans l'histoire. C'est pourquoi l'auteur commence son enquête par la période patristique et médiévale : quelle était la position des Pères de l'Église sur les religions de leur temps, quelle place la chrétienté médiévale fait-elle aux religions non chrétiennes, que signifiait le fameux adage "hors de l'Eglise point de salut" ? L'auteur montre ensuite comment la question des religions a rebondi à l'époque moderne, d'abord grâce aux conséquences de l'expérience missionnaire, puis sous l'influence des sciences religieuses qui se sont développées à partir du XIXe siècle. Il est alors possible de mieux comprendre, sur et fond d'histoire ancienne et récente, les diverses orientations de la théologie contemporaine : c'est ce que l'auteur propose sous la forme d'un inventaire et d'une évaluation des principales positions qui ont été soutenues au xxe siècle, depuis "l'exclusivisme" habituellement associé au nom de Karl Barth jusqu'aux courants "pluralistes" de notre époque, en passant par la position dite "inclusiviste" et par La fameuse thèse de Karl Rahner sur les "chrétiens anonymes". M. Fédou tente enfin, dans le dernier chapitre, de proposer des "points de repère" qui puissent guider le chrétien dans sa manière d'aborder aujourd'hui la difficile mais nécessaire confrontation du christianisme avec les autres religions.
Résumé : Dès les origines, les chrétiens eurent à rendre compte de leur foi au Christ dans un monde marqué par une grande diversité de pratiques, de croyances, de doctrines, de sagesses, de spiritualités - en un mot, par tout l'éventail de ce que nous appelons aujourd'hui des traditions culturelles et religieuses. Le présent ouvrage se propose d'étudier sous cet angle la littérature du christianisme ancien. Certes, il serait nécessaire d'aborder notre question à travers le Nouveau Testament lui-même (qui, à son tour, ne peut être lu hors de sa relation avec le Premier Testament) ; au demeurant, la lecture proposée ici des textes patristiques présupposera toujours l'autorité de l'Ecriture, source première de toute théologie chrétienne. Il est cependant légitime d'aborder le sujet par les écrits postérieurs au Ier siècle, non seulement parce que l'interprétation des textes scripturaires doit tenir compte de décisions ecclésiales qui ont été prises après la rédaction des écrits néo-testamentaires, mais plus précisément parce que la réflexion sur le Christ s'est entre autres développée, dans les siècles de l'époque patristique, à travers de multiples confrontations avec les croyances représentées tout autour du Bassin méditerranéen et même au-delà de celui-ci. C'est donc à cette époque patristique que s'intéressera ce livre - tout au moins à la première moitié de la période, celle qui s'étend des premières décennies du IIe siècle au début du IVe siècle. Selon ses propres termes, le projet de Michel Fédou n'est pas tant de faire une histoire du dogme christologique mais plutôt de " rendre attentif à la genèse et au développement des théologies du Christ dans le contexte des traditions culturelles et religieuses du monde ancien ".
Les débats actuels sur les religions invitent à faire mémoire de ce qu'a été, dans les premiers siècles de notre ère, la confrontation du christianisme avec les pratiques et les croyances du monde païen. L'auteur aborde sous cet angle le Contre Celse, cette grande apologie qu'Origène composa vers le milieu du IIIè siècle en réponse au Discours véritable du philosophe Celse. L'ouvrage étudié comporte nombre de références à des mythes, à des cultes, à diverses représentations de la relation au divin ; il fallait donc élucider ces références, en les replaçant dans leur contexte et en s'appuyant sur les acquis récents des sciences religieuses. Il importait également de préciser la pensée de Celse, grâce aux extraits du Discours véritable qui nous sont parvenus par Origène lui-même. La visée principale du travail était néanmoins de mettre en lumière la réponse du chrétien au païen, et, à travers elle, de dégager son intelligence théologique du rapport entre le christianisme et les traditions religieuses de l'humanité. Une première partie évoque le "conflit des croyances" , qui est souvent lié à une religion particulière ("grecque" ou "barbare"), mais qui est aussi soulevé par les débats sur le syncrétisme et sur la nature d'un vrai monothéisme. Une deuxième partie s'attache au "conflit des pratiques" , celles-ci recouvrant à la fois des actes cultuels (comme la vénération des images) et d'autres phénomènes religieux ou "para-religieux" (tels que la magie et la divination). Une troisième partie permet alors, sur la base des analyses antérieures, de saisir le débat du Contre Celse comme un "conflit des interprétations" . La pensée d'Origène s'éclaire surtout par sa compréhension du rapport aux traditions, par sa lecture de l'histoire religieuse et par sa conception du "logos" . L'ouvrage suggère finalement l'intérêt d'une telle pensée pour la réflexion contemporaine en théologie des religions.
Vatican II est le premier Concile qui ait consacré des textes spécifiques au problème des religions: les Déclarations Nostra Aetate et Dignitatis Humanae. Nostra Aetote préconise une nouvelle attitude de l'Église vis-à-vis des autres croyants. Dignitatis Humanae formule le droit fondamental de la liberté religieuse. D'autres documents de Vatican II contiennent également des passages importants sur les religions, en particulier Lumen Gentium, Gaudium et Spes et Ad Gentes. Le livre montre aussi quelle a été la postérité de l'enseignement conciliaire: sa réception dans la vie de l'Eglise, les débats théologiques auxquels il a donné lieu, les interventions des papes à propos du dialogue interreligieux et de la liberté religieuse. L'importance des problèmes aujourd'hui posés par les religions ne fait que confirmer la justesse de l'intuition qui a présidé aux textes conciliaires. Le livre montre en conclusion que les évolutions survenues depuis les années 1960 ne portent nullement atteinte à l'enseignement de Vatican II mais permettent de se le réapproprier dans toute sa profondeur et, parfois même, de lui découvrir des résonances nouvelles.
Il peut sembler bien ambitieux de proposer une synthèse sur les théologiens jésuites du XVIe siècle jusqu'à nos jours. N'est-il pas d'emblée évident que les courants qu'ils représentent sont multiformes ? Cet ouvrage le montre avec précision : la distance apparaît considérable entre les controverses d'un Bellarmin et les réflexions sur le dialogue oecuménique ou interreligieux; entre les traités d'un Suarez sur la Somme théologique et les écrits d'Henri de Lubac ou de Karl Rahner ; entre les problèmes agités dans le cadre de la crise janséniste et ceux qui l'ont été à l'époque de Vatican II ; entre l'apologétique des XVIIIe-XIXe siècles et les ouvertures à la culture moderne et à la mondialisation ; entre les questionnements européens, américains, africains et asiatiques... Sans doute faut-il chercher l'inspiration commune des théologiens jésuites dans les Exercices spirituels. D'où l'importance qu'ils ont donnée aux débats sur la grâce et la liberté, ainsi qu'à la réflexion sur le Christ. Et puis, dans la diversité même de leurs expressions, ces théologiens ont toujours voulu oeuvrer "avec l'Eglise" et "dans l'Eglise".