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Une tour, des racines et de la fureur. La Transmission
Faye Cheikh gerard
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782343246994
Elle avait trente ans et les turpitudes de cet âge, de son être-au-monde aussi, régnait déjà sur la Tour, mais habitait sobrement ses racines, une vieille souche paysanne, d'extraction haute, sédimentée là, dans la glaise aqueuse de ses plaines grises, siphonnant un bonheur émacié, nourrie à la poudreuse immune de ses céréales, abreuvée au lait ébène de ses nourrices, irradiée à l'onde souveraine de ses traditions définitives, doses, scellées, cadenassées, piégées dans un émincé de chair et d'esprit sous le cuir tanné de ces gens-là, et tellement eux que lorsqu'ils se coupaient elles giclaient d'abord, leur sang à la suite. Une souche, pourtant, dans la matrice voyageuse que le poète sorti de ses entrailles fanait venir de la lointaine vallée du Nil et nommait, en égyptien ancien, la traceuse de chemins. A cette souche austère et farouche, aussi ouverte que fermée au monde, il fallut adresser de nombreuses ambassades pour gagner l'honneur d'en dessoucher la liane... Là, longtemps avant elle, a débuté l'histoire de Sanou Bambyl Codou K. Elle vaut le détour.
La seconde guerre mondiale bat son plein. Nous sommes sur la terre d'Afrique en cette aube du 1er décembre 1944. Quelque 1200 Tirailleurs sénégalais rapatriés ont osé présenter de légitimes revendications à leurs chefs blancs. Pour des raisons étroitement liées à la logique coloniale, pour toute réponse, ils reçoivent... des balles. Aujourd'hui, des tombes anonymes, au cimetière de Thiaroye, en terre sénégalaise, posent une série de questions. Par devoir de mémoire, nous devons à nos peuples d'apporter des réponses à ces interrogations fortes pour mieux asseoir, entre peuples, des relations solides de coopération dépouillées des oripeaux actuels.
Dakar est cette métropole créée par le colonisateur à la fin du XXe siècle pour pouvoir administrer judicieusement le vaste ensemble territorial conquis dans l'ouest-africain. Son développement rapide n'a été que le résultat de facteurs divers et favorables. Lorsque le second conflit mondial éclate, logiquement sa participation est attendue anxieusement par les tenants du pouvoir républicain d'abord, vichyste ensuite et gaulliste plus tard. Particulièrement liée à ces turpitudes, elle envoie régulièrement hommes, produits alimentaires, sommes d'argent etc. pour aider sa métropole. Lorsque le conflit se termine, l'espoir du lendemain meilleur se dessine. Mais la quinzaine d'années qui suit reste marquée par des enjeux très importants sur les plans politique, économique, social, culturel, etc. Dans les choix imposés par le contexte l'ensemble, tout comme elle l'a fait pendant la guerre 1939-1945, la population dakaroise, dans ses composantes métropolitaine, européenne, libano-syrienne, cap-verdienne, métisse et plus particulièrement autochtone ne manque pas de prendre position sur des questions comme la citoyenneté, l'égalité des traitements, la fin du travail forcé, le statut de la femme, l'enfance abandonnée, la politique culturelle, le sort de l'école, la propriété de la terre, la sécurité, l'hygiène, le code du travail, la transparence du processus électoral, la bonne gestion de la municipalité, les orientations politiques déterminantes comme la loi-cadre, le référendum de septembre 1958, etc. Les groupes de pression ou " faiseurs d'opinion " sont nombreux et s'appuient, chacun sur des leviers spécifiques pour défendre ses propres positions. Aussi, au travers de ces réactions se distinguent des lignes plus ou moins nettes de démarcation, clivage, antagonisme, coopération, etc. à Dakar. Au résultat, c'est une transmission en douceur de témoin qui a lieu en 1960, date des indépendances africaines.
Cet ouvrage fournit une description détaillée des ressources en eau au Sénégal sous l'angle du développement durable. Il montre l'état de la détérioration des ressources alors que la demande ne fait que s'intensifier avec la croissance démographique, le développement et les changements climatiques. Sont interrogées la planification et la gestion de ces ressources. Malgré un potentiel important (et qui peut augmenter la productivité agricole), le Sénégal voit se dégrader ses ressources et ses approvisionnements, qui deviennent parfois catastrophiquement faibles pour certaines parties de la population. Il y a urgence à passer à de nouvelles formes de gestion de l'eau telles que la GIRE pour atteindre l'ODD 6 d'ici 2030.
Les domaines fluviomarins du Sénégal ont été sévèrement endommagés par les déficits hydriques successifs depuis les années 1970. La salinisation qui s'en est suivie annihile les possibilités de mise en valeur des terres antérieurement agricoles mais favorise le développement d'activités d'exploitation et de commercialisation du sel. La dynamique saline est perçue dans ce livre comme une opportunité de développement territorial. Cette approche combine les manifestations physiques de la dynamique saline et de la variabilité climatique comme facteur de production du sel et les initiatives locales d'exploitation du sel comme forme d'appropriation des conséquences de ces dynamiques. L'aléa salinité constitue dès lors une contrainte que les populations du "haut-Saloum" transforment en opportunité économique : une forme d'adaptation/réponse qui a transformé le risque en ressource. Ce développement est à l'origine de véritables mutations, à la fois territoriales, sociales et économiques, qui se réalisent suivant des modalités très diverses : reconversion d'activité, émergences de pôles territoriaux, renforcement de noeuds de réseau routiers, amélioration des services sociaux de base, changement morphologique et typologique du bâti, etc. Cet ouvrage traite les conditions environnementales et sociales d'un terroir sahélien. Il cible de façon spécifique les dynamiques de développement territorial à travers la valorisation d'une potentialité et richesse identitaire et spécifique du "Haut Saloum" : le sel.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.