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A euloge
EVAGRE LE PONTIQUE
CERF
54,00 €
Épuisé
EAN :9782204126175
La lutte contre les vices : tel est l'objet principal du traité adressé par Evagre, sans doute peu avant 394, à un destinataire mal connu, nommé Euloge. L'homme de lettres, né dans le Pont et devenu ermite en Egypte, y invite au discernement des "pensées" envoyées par les démons pour troubler la quiétude contemplative de celui qui s'est retiré loin de l'agitation du monde. Offrant le témoignage de son expérience personnelle et celui de quelques apophtegmes, le "philosophe du désert" prône ainsi l'impassibilité inspirée du stoïcisme dont il est pétri, tout en dépassant celui-ci grâce à la relation à Dieu et aux autres. Le petit opuscule qui fait suite à Euloge dans les manuscrits, Les Vices opposés aux vertus, lui sert en quelque sorte de guide de lecture. Dans cette série de défi nitions pittoresques, en deux ou trois mots Evagre saisit chacun des neuf vices, chacune des neuf vertus qu'il distingue. Connu pour avoir, par ailleurs, dressé une liste de huit péchés devenue classique en Orient - mais réduite à sept en Occident -, il livre ici la quintessence de son enseignement et, sous une forme quasiment poétique, une rumination spirituelle sur l'acquisition des vertus. Le texte édité ici est fondé sur l'étude de l'ensemble de la tradition manuscrite et des nombreuses traductions en langues orientales qui ont été faites de ces deux traités. Charles-Antoine Fogielman, ancien élève de l'Ecole des Chartes et de l'EPHE, est prêtre du diocèse de Paris. Ce volume est le fruit de sa thèse de doctorat.
Ce livre concerne essentiellement l'enseignement du gnostique: à quelles conditions celui-ci pourra enseigner, ce qu'il enseignera (notamment l'exégèse), comment il enseignera, les précautions qu'il devra prendre, ne révélant à chacun que ce qu'il est capable de comprendre et réservant aux plus avancés les vérités les plus hautes concernant la "physique" et la "théologie'."
Résumé : Les Chapitres sur la prière, au nombre de 153, comme les poissons de la pêche miraculeuse, représentent la fine pointe de l'enseignement d'Evagre, exprimé dans une langue ciselée et selon sa forme littéraire préférée. Après Clément d'Alexandrie et Origène, Evagre y aborde à son tour la prière, qu'il présente de manière épurée comme un colloque intime entre l'intellect et Dieu. Alors que dans d'autres traités il avait surtout analysé les passions et les pensées de l'âme, il explore ici l'intellect humain, dont il reconnaît à la fois la prééminence et les faiblesses, et s'emploie à déjouer les pièges empêchant celui-ci d'atteindre la prière "en esprit et en vérité". Il s'agit notamment de se débarrasser de toute forme de représentation et de multiplicité : car, au rebours de maintes pratiques modernes de méditation, cette contemplation exclut tout usage de l'imagination. Le traité a joui d'une grande popularité à la période byzantine, comme le montrent le nombre élevé des manuscrits et l'abondante tradition indirecte. L'authenticité évagrienne du traité, transmis pendant des siècles sous le nom de Nil d'Ancyre, est un point désormais acquis. Cette édition critique, complétée par plusieurs appendices, entend restituer ainsi sa teneur originelle.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !