Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Chapitres sur la prière. Edition bilingue français-grec ancien
EVAGRE LE PONTIQUE
CERF
49,00 €
Épuisé
EAN :9782204122078
Les Chapitres sur la prière, au nombre de 153, comme les poissons de la pêche miraculeuse, représentent la fine pointe de l'enseignement d'Evagre, exprimé dans une langue ciselée et selon sa forme littéraire préférée. Après Clément d'Alexandrie et Origène, Evagre y aborde à son tour la prière, qu'il présente de manière épurée comme un colloque intime entre l'intellect et Dieu. Alors que dans d'autres traités il avait surtout analysé les passions et les pensées de l'âme, il explore ici l'intellect humain, dont il reconnaît à la fois la prééminence et les faiblesses, et s'emploie à déjouer les pièges empêchant celui-ci d'atteindre la prière "en esprit et en vérité". Il s'agit notamment de se débarrasser de toute forme de représentation et de multiplicité : car, au rebours de maintes pratiques modernes de méditation, cette contemplation exclut tout usage de l'imagination. Le traité a joui d'une grande popularité à la période byzantine, comme le montrent le nombre élevé des manuscrits et l'abondante tradition indirecte. L'authenticité évagrienne du traité, transmis pendant des siècles sous le nom de Nil d'Ancyre, est un point désormais acquis. Cette édition critique, complétée par plusieurs appendices, entend restituer ainsi sa teneur originelle.
Ce volume présente l'édition critique et la traduction française de 64 lettres d'Evagre qui ne sont pour la plupart conservées intégralement qu'en syriaque. La Lettre sur la foi, composée à Constantinople vers 381, alors que l'auteur se trouvait auprès de Grégoire de Nazianze, est comme son propre "Discours théologique" sur la Trinité, dirigé contre l'arianisme et le courant pneumatomaque. Le corpus des 62 lettres est formé de pièces d'inégale longueur, allant du simple billet à la longue "conférence spirituelle" . Toutes datent de la période monastique égyptienne (entre 383 et 399) et ont des accents plus personnels. Elles nous font entendre la voix de quelqu'un qui essaie de concilier les exigences de l'anachorèse et celles de l'amitié et qui sous couvert d'humilité délivre un enseignement spirituel de très haute valeur. Bien que dépourvues d'adresses, sauf la première, ces lettres peuvent être dans quelques cas favorables replacées dans leur contexte d'écriture. Parmi les destinataires probables figurent Mélanie l'Ancienne et Rufin, rencontrés à Jérusalem, à qui le "philosophe du désert" doit son engagement monastique, mais aussi Jean de Jérusalem et Grégoire de Nazianze. La Grande Lettre enfin offre un tableau grandiose des relations entre Dieu et sa création. Elle nous montre comment, après la chute et les divisions qu'elle a engendrées, les "natures raisonnables" retrouvent leur unité originelle et, tels les fleuves à la mer, se mêlent à l'océan divin. Paul Géhin, Directeur de recherche émérite au CNRS, ancien responsable de la Section grecque de l'IRHT (1997-2011), a déjà publié dans la collection sept volumes évagriens, seul (SC 340, 397, 514 et 589) ou en collaboration (SC 438, 614 et 615). Il poursuit maintenant l'édition des Képhalaia gnostica et des Skemmata.
Les "Scholies à l'Ecclésiaste" d'Evagre font partie des textes récemment découverts. Les voici réunies et éditées ici pour la première fois. L'Ecclésiaste est obsédé par la vanité de toute chose et par l'inanité qui frappe toute activité humaine. Evagre reprend à l'auteur de ce livre biblique les éléments qui s'accordent à sa propre sensibilité monastique, mais dans le même temps modifie la portée générale du livre. Son interprétation est liée à sa conception particulière de la vie spirituelle et du salut des créatures. A son habitude, il donne un commentaire discontinu, fait de notes généralement assez brèves. Ici ou là, on sent l'influence d'Origène.
Découvertes à la fin des années 1950, les Scholies aux Psaumes bénéficient pour la première fois d'une édition critique complète et d'une traduction. Composées par Evagre le Pontique (? 399) à une période intermédiaire de son activité littéraire, elles constituent le plus important de ses commentaires bibliques, par leur nombre - près de 1400 scholies - et par leur contenu spirituel et doctrinal exceptionnel. Le "philosophe du désert" y retrace l'itinéraire spirituel de chaque individu vers la connaissance de Dieu, mais aussi l'histoire globale de toutes les créatures et souligne le rôle central du Christ dans cette histoire. L'exégète interprète la totalité du Psautier grec, mais, comme à son habitude, de façon sélective, en choisissant tels versets, tels mots. Il témoigne ainsi de l'excellente connaissance du Psautier dans les milieux monastiques égyptiens, où il était connu par coeur et récité dans la cellule, en privé, pendant l'office de nuit appelé "petite synaxe" . Ce premier volume contient, avec l'introduction des deux tomes, le texte grec des scholies aux psaumes 1 à 70, accompagné d'une traduction française annotée. Marie-Josèphe Rondeau, professeur émérite à l'Université de Caen, a consacré sa thèse aux Commentaires patristiques du Psautier (IIIe-Ve siècles) et elle est l'auteur de la traduction française de la Vie de Constantin (SC 559). Paul Géhin, directeur de recherche émérite au CNRS (IRHT, Section grecque et de l'Orient chrétien) a publié plusieurs textes évagriens dans la Collection, seul (SC 340, 397, 514, 589), ou en collaboration avec Antoine et Claire Guillaumont (SC 438). Il poursuit maintenant l'édition des Lettres, des Képhalaia gnostica et des Skemmata. Matthieu Cassin, chargé de recherche au CNRS (IRHT, Section grecque et de l'Orient chrétien) et spécialiste de Grégoire de Nysse, a publié les Homélies sur le Notre Père de cet auteur, avec Christian Boudignon (SC 596). Il prépare maintenant l'édition du Contre Eunome III et des Homélies sur les Béatitudes du même auteur.
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.