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Supervielle
Etiemble René
GALLIMARD
4,85 €
Épuisé
EAN :9782070222674
Le Supervielle que je présente aujourd'hui, j'aimerais qu'il apparût tel que je le conçus : un essai aussi objectif que possible, et pourtant un livre d'amitié, de reconnaissance. Parce que j'ai découvert dans Supervielle que la poésie naît aussi bien du règlement raisonné que du raisonné dérèglement de tous les sens, parce que j'ai rappris chez lui qu'une poésie discursive est possible, voire souhaitable, peut-être même qu'il n'y a point de poésie sans discours, parce que mille autres choses, j'aimerais que ce livre d'amour aidât quelques jeunes poètes à retrouver, également distant du langage bestial où nous nous avachissons, et du langage divin auquel naïvement aspirent tant de vaticinants erratiques, le seul langage digne d'eux : celui de l'homme. Celui de Jules Supervielle". Etiemble.
Résumé : "Ce cinquième tome d'Hygiène des lettres - où je m'occupe de l'art entre tous malaisé : celui d'écrire en prose - sera, c'est juré, le dernier de la série. C'est pourquoi, notamment, j'ai choisi dès longtemps de l'appeler C'est le bouquet ! Au feu d'artifice du 14 juillet, quand j'étais gosse et que de toutes parts les cris fusaient : "C'est le bouquet !", je me sentais malheureux. La fête allait donc s'achever pour un an. Elle s'achève cette fois pour toujours. De même que le bouquet désigne les gerbes de fusée qu'on tire, afin de finir en beauté, la cinquième partie de ce volume est composée de nombreuses petites fusées, aussi jolies qu'il est en mon pouvoir : bouquet d'un bouquin qui, d'autre part, doit être considéré dans son entier comme le bouquet de ma série de pétards. Dans Poètes ou faiseurs ?, je me bornais à dire au vers libre son fait. Ici j'ose écrire que Proust est un auteur intelligent, qu'il n'était pas plus bergsonien que Benda, qu'en revanche il exerçait un art fortement marqué de raison et de raisons. Cent blasphèmes aussi horribles. Pensez donc ! A Robbe-Grillet, je préfère Yassu Gauclère, à La Princesse de Clèves, le Francion. J'ose prétendre que Diderot professait l'athéisme dès les Pensées philosophiques mais que Breton garda toujours la nostalgie d'un autre monde. Le type même du livre à ne pas lire, si l'on veut briller dans le monde". Etiemble.
Résumé : Par sa vigueur et sa combativité, Etiemble aura été le grand réveilleur de la littérature comparée. Le présent essai en est une nouvelle preuve. On y trouve des réflexions sur la tradition et l'innovation. Une critique de l'européocentrisme. Des groupes de textes qui nous parlent de la littérature du Japon, de la Chine, du monde malais, du monde arabe, de la Turquie, de la Hongrie, de la Russie, de l'Afrique, de l'Allemagne, du Portugal, de la Suisse Romande, de la Wallonie, et même de la France, ce qui est l'occasion d'une nouvelle offensive contre le franglais. Par une dérision proche du désespoir, Etiemble nous livre ses deux derniers textes dans ce qu'il appelle "le français de l'avenir", autrement dit l'anglais. Le dernier s'intitule "This is my best". Il est difficile de rassembler en un livre tant de science, tant de variété dans les connaissances, mais aussi tant d'indignations, d'imprécations, de saintes colères. Ce recueil d'une rare richesse permet de situer à leur vraie place un grand nombre d'auteurs non européens, autant dire inconnus en France.
En 1954, lorsque je donnai la première édition de la Genèse du mythe, deux critiques au moins voulurent bien regretter que je n'aie pu tenir compte des textes publiés à l'occasion du centenaire qu'on célébrait cette année-là. Ainsi que l'écrivait un rédacteur du Bulletin critique du Livre français, mon ouvrage y eût certainement gagné en pittoresque. J'en étais si persuadé moi-même que, dès 1953, et quoique mes thèses fussent alors soutenues, je guettais ce qui préparait la foire de 1954. Durant toute l'année sainte, je restai activement à l'affût. Si la chasse fut très peu "spirituelle", Dieu, qu'elle fut bonne! Dieu? ou Diable? On en jugera. Voici en effet L'année du centenaire. Je l'ai conçue et rédigée comme la Genèse, qu'assez de gens dont je fais cas ont aimée au point que je n'hésite pas à récidiver ce que nos génie sublimes appellent volontiers, "mon labeur de ramassage". Va pour ramassage! "Les bibliographies, d'ordinaires ça ne se lit pas", disais-je en présentant le tome premier. "Il m'a donc semblé piquant d'en écrire une, et de la vouloir amusante." On a lu la Genèse. En tapant ce livre-ci, ma secrétaire s'amusait bien, ce qui ne me surprend pas trop, vu que je m'amusais, moi, en l'ajustant (aux deux sens de ce mot: celui qu'il prend en mécanique; celui que lui donnent les tireurs.Le public, semble -t-il, fut de cet avis puisque je dois présenter une édition nouvelle. Je l'ai amputée de quelques imperfections, enrichie de diverses références; elle formera désormais ce cinquième tome d'un oeuvre dont j'espère produire bientôt le troisième, sur Le Mythe de Rimbaud dans le monde communiste.
André Steindel, dont on avait suivi la trouble adolescence dans L'Enfant de choeur, est devenu un étudiant. Cet étudiant doit devenir un homme. C'est cette lente transformation, cette ascension souvent pénible, coupée de chutes et de rechutes, qui font le sujet des cinq livres de Peaux de couleuvre, dont les trois premiers sont contenus dans ce volume. Entier, passionné, inquiet, voulant paraître tout savoir et se sentir au moins l'égal de ceux qu'il envie pour leur science, leur goût ou simplement leur richesse, André se heurte à la vie, boude ou se révolte, pour aussitôt se soumettre. Etiemble nous le fait suivre au quartier Latin, avec ses amis des grandes écoles, en compagnie de jeunes filles dont certaines sont l'objet de dérisoires tentatives amoureuses. Il découvre la musique, la peinture, les bonnes manières, le plaisir du luxe. Chaque jour il s'élève davantage, il apprend un peu plus, mais toujours poursuivi par la crainte de son hérédité, par la crainte aussi de la guerre qui le pousse aux aventures politiques. Ainsi, de degré en degré, et laissant sur chacun d'eux une partie de lui-même comme une peau de couleuvre, André approche de ce sommet de soi-même où le coeur, enfin mis à nu, palpite au vent du ciel.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.