Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Blason d'un corps
Etiemble René
GALLIMARD
17,04 €
Épuisé
EAN :9782070222704
"Tout homme de quarante ans, toute femme de trente, s'ils ont aimé ou vécu, voyez leur corps balafré de cicatrices : les plus douloureuses, les invisibles, se cachent à l'intérieur. Au lieu de tuer son partenaire, l'amant, par maladresse, la femme, par cruauté, presque toujours se bornent à le blesser. Je m'exerce à deviner quel endroit de mon corps si vulnérable fatalement par vous souffrira : quand, comment, pourquoi frapperez-vous ? je l'ignore ; mais je sais que vous frapperez. Ainsi soit-il ! A-t-il vécu, celui qui meurt indemne ?" Ainsi pense Jean, le héros du récit, au début de sa longue passion pour Mayotte. Il sera exaucé : onze ans plus tard elle frappera en effet, mais pour se revancher d'un coup qu'il lui porta parce qu'elle lui faisait par trop de bien. Echec ? ou réussite ? Pour plaire, je devrais suggérer que j'ai voulu écrire, comme tout le monde, un roman de l'échec. Je mentirais : il s'agit bien d'une réussite. Tout au plus, de l'échec d'une réussite. J'ai assez bien connu les héros de cette passion pour affirmer qu'elle rendit heureux, à un point qu'ils qualifiaient d'inadmissible, ce couple qui ne parlait de soi qu'en s'appelant "nous un". Journaliste aussi engagé dans l'histoire que dans la chair, Jean ne put éviter ni la bombe d'Hiroshima, ni le calvaire des personnes déplacées, ni les horreurs du fachisme chinois, ni la crise du Maghreb, ni toutes les plaies de l'Egypte. Pourtant, ce qui lui importait plus que tout, c'était ce qui dépendait de lui, de sa volonté d'être heureux contre toutes les raisons qui le destinaient au malheur. Heureux, oui , avec la plus méprisable des créatures, ou du moins la plus méprisée : une métisse de Caraïbe, de nègre et d'Indien, une de celles qu'on appelle aux Antilles une "échappée-couli". Quoique le héros "se défie du romanesque", il avoue un jour à son amie : "Si j'étais autre chose qu'un pauvre diable de petit grand reporter, comme j'aimerais illustrer mon pays par un vrai roman d'amour !" Au lecteur de décider si mon ami a réussi l'échec de sa réussite." Etiemble.
Résumé : Par sa vigueur et sa combativité, Etiemble aura été le grand réveilleur de la littérature comparée. Le présent essai en est une nouvelle preuve. On y trouve des réflexions sur la tradition et l'innovation. Une critique de l'européocentrisme. Des groupes de textes qui nous parlent de la littérature du Japon, de la Chine, du monde malais, du monde arabe, de la Turquie, de la Hongrie, de la Russie, de l'Afrique, de l'Allemagne, du Portugal, de la Suisse Romande, de la Wallonie, et même de la France, ce qui est l'occasion d'une nouvelle offensive contre le franglais. Par une dérision proche du désespoir, Etiemble nous livre ses deux derniers textes dans ce qu'il appelle "le français de l'avenir", autrement dit l'anglais. Le dernier s'intitule "This is my best". Il est difficile de rassembler en un livre tant de science, tant de variété dans les connaissances, mais aussi tant d'indignations, d'imprécations, de saintes colères. Ce recueil d'une rare richesse permet de situer à leur vraie place un grand nombre d'auteurs non européens, autant dire inconnus en France.
Le Supervielle que je présente aujourd'hui, j'aimerais qu'il apparût tel que je le conçus : un essai aussi objectif que possible, et pourtant un livre d'amitié, de reconnaissance. Parce que j'ai découvert dans Supervielle que la poésie naît aussi bien du règlement raisonné que du raisonné dérèglement de tous les sens, parce que j'ai rappris chez lui qu'une poésie discursive est possible, voire souhaitable, peut-être même qu'il n'y a point de poésie sans discours, parce que mille autres choses, j'aimerais que ce livre d'amour aidât quelques jeunes poètes à retrouver, également distant du langage bestial où nous nous avachissons, et du langage divin auquel naïvement aspirent tant de vaticinants erratiques, le seul langage digne d'eux : celui de l'homme. Celui de Jules Supervielle". Etiemble.
Littérature dégagée : ce titre dit suffisamment ce qu'il veut dire. En face de toutes les théories plus ou moins arbitraires que l'on soutient aujourd'hui et qui prétendent absolument à donner un sens à la littérature, en face "des belles âmes pour qui toute littérature autre que vaine est engagée (autant dire sale, et vulgaire)", en face des ignorants, aussi, "qui s'imaginent que J.-P. Sartre a seul fondé l'engagement et reçu les engagements", Etiemble se pose avec une virulence qui n'a d'égale que son talent. Mais Etiemble, tout fougueux et emporté qu'il est, Etiemble faisant de la critique littéraire comme on part à l'assaut d'une tranchée, Etiemble est un homme sage. Laissons la parole à ce petit-fils de Montaigne, et qui connaît du chinois ; en quelques lignes, il résume son livre : "Je le dis tout cru et tout de suite : ce volume second d'Hygiène des Lettres vaut moins encore que le premier : j'y parle des collabos, de Staline, des colons et de ceux qui parlent de Dieu. Qu'y puis-je ? Tout mon espoir : traiter de religion sans plaire à aucun Dieu, soit incarné, soit incarnat ; de politique sans m'aveugler, ni sur l'oeil de Moscou, ni sur celui de Washington ; des collabos sans autre souci que celui des valeurs au nom desquelles nous avons refusé leur système ; du colonialisme, sans oublier que la France des flics et celle des racistes ne peut pas nous faire oublier celle de l'Institut Pasteur".
Résumé : Pour une bibliothèque idéale se veut le guide facile et sûr pour aborder puis approfondir l'oeuvre des classiques français et étrangers de tous les temps. En plus d'un essai critique confié au spécialiste le mieux qualifié, noter collection est la seule à offrir, entre autres, l'analyse de chacun des ouvrages de l'auteur traité, le répertoire le plus complet des jugements portés sur l'homme et sur l'oeuvre, suivis d'une abondante bibliographie. C'est l'instrument de travail indispensable que tout étudiant, tout lettré se doit de posséder.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.