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Dostoïevski Le roman du corps
Eltchaninoff Michel
MILLON
29,50 €
Épuisé
EAN :9782841372942
Extrait Extrait de l'introduction Dostoïevski a été enseveli sous le poids de sa gloire. Durant presque un siècle, des années 1880 à 1970 à peu près, il a passionné les philosophes du monde entier. Une grande partie des penseurs russes, mais également Nietzsche, Freud, Heidegger, Wittgenstein, Bataille, Camus, Levinas, Ricoeur, pour n'en citer que quelques-unes, ont subi son influence. Des écrivains, des théologiens, des théoriciens de la littérature et des sémiologues ont également été inspirés par son oeuvre. Depuis, Crime et châtiment, L'Idiot, Les Démons ou Les Frères Karamazov fascinent toujours les lecteurs. Le succès de la nouvelle traduction en français de son oeuvre par André Markowicz aux éditions Acte Sud (collection Babel) ou les multiples adaptations théâtrales et cinématographiques en témoignent. Mais le romancier a pratiquement disparu du champ de la pensée. Il faut dire que Dostoïevski a presque été trop étudié et surinterprété. On a vu en lui un psychologue des profondeurs, un théoricien du mal radical, un métaphysicien de la liberté, un penseur de l'altérité, un prophète du totalitarisme, le chef de file d'un christianisme revivifié, un rénovateur de la poétique romanesque. Chacun a trouvé dans ses romans la clé ou l'illustration de ses propres théories. Mais peu nombreux sont ceux qui ont respecté la spécificité de son art. Il faut en effet rappeler cette évidence presque oubliée par les philosophes : Dostoïevski est un romancier. Si l'on veut découvrir un sens universel à son oeuvre, il faut aller le chercher dans une certaine manière de raconter des histoires et de faire exister des personnages à travers l'écriture. La plupart de ses interprètes l'ont au contraire abordé par le biais des idées exprimées par ses héros, les abstrayant de leur matériau narratif. Les rares qui, comme Bakhtine, ont compris que confondre des romans et des traités théoriques était une fausse piste, n'ont pas exploré jusqu'au bout le sens philosophique de cette démarche. Or il existe un trait de l'écriture dostoïevskienne qui a rarement été relevé - ou bien pour le reprocher à son auteur. Créateur de certaines des plus grandes figures de notre Panthéon culturel, Dostoïevski ne décrit pas l'aspect physique de ses personnages. Quelques phrases stéréotypées lui suffisent. On ne sait même pas à quoi ressemble Ivan Karamazov, l'une des plus célèbres figures de la littérature mondiale. C'est bien pour laisser toute leur place aux idées, répondront ceux qui voient en lui un philosophe génial - ou un artiste médiocre. Or ce choix est assumé. Et il est fondamental. Il exprime à la fois une originalité littéraire et une conception du corps humain ambitieuse et structurée. C'est en réalité une hypothèse philosophique sur le phénomène humain dans son ensemble que propose Dostoïevski, de manière intégralement romanesque. Le corps, en effet, n'est absent de ses textes que dans son objectivité plastique. Mais chaque lecteur ressent, presque nerveusement, la vie charnelle des personnages. Le corps est donc donné, mais sous une forme que nous appelons inobjective. Les thèmes directeurs de ses romans ne parlent que de ce corps. Il se manifeste dans la violence, dans la maladie et dans la parole, souvent frénétique, des personnages. Même les discours les plus théoriques, ceux, précisément, qu'ont isolés et épurés les interprètes traditionnels de son oeuvre, vibrent d'une vie physique intense. Du coup, c'est la totalité de la vie humaine - affectivité, perception spatio-temporelle, imagination, idées, éthique... - qui se trouve redéfinie par les moyens propres au roman. Dostoïevski en a une telle conscience qu'il prend même soin de déployer, au fil de ses oeuvres, les conceptions du corps, des idées, de la parole qu'il réfute. La philosophie de Dostoïevski se révèle sous la forme d'une quête, souvent difficile, d'une image authentique du corps, donc de l'homme. Ce roman du corps doit être déroulé, tout en demeurant au plus près du texte russe. Les outils conceptuels que nous privilégions sont librement empruntés à la phénoménologie, ce mouvement de renouveau philosophique créé par Husserl au début du XXe siècle. En effet, tant le parti pris descriptif que la richesse des analyses sur le corps perceptif, affectif et langagier chez Husserl ou Merleau-Ponty signalent une réelle proximité. Il ne s'agit pas d'ajouter une lecture phénoménologique de Dostoïevski à celles qui existent déjà, mais de mettre en lumière un voisinage philosophique fécond. Et en redéployant l'interrogation contenue dans ses romans, nous verrons que les questions qu'ils soulèvent se posent encore à nous.
Résumé : Dans les romans de Dostoïevski, la philosophie est partout présente. Les personnages ruminent les questions les plus abstraites et en discutent passionnément. Les meurtriers-théoriciens, les suicidaires par conviction, les débauchés lucides s'y côtoient et s'interrogent sur les rapports entre religion et morale, sur notre environnement scientifique et technique ou sur le sens de la beauté. Mais la folle surabondance de ces idées entrave paradoxalement la formulation d'une " philosophie de Dostoïevski ". La multitude des personnages, la violence des situations dramatiques, une écriture étrange, apparemment négligée, altèrent également la clarté conceptuelle. L'?uvre du romancier russe a marqué et fasciné de nombreux philosophes, comme Nietzsche ou Heidegger, mais les raisons de son influence n'ont pas été mises à jour. Nous nous demanderons où apparaît finalement l'unité d'une philosophie dostoïevskienne. Dans les thèmes de la liberté et du mal qui obsèdent ses personnages ? Dans une forme littéraire nouvelle, la polyphonie, entraînant une réflexion sur le double et le rapport à autrui ? Ou bien dans une présentation inédite du corps, de la parole, des idées des personnages, qui bouleverse les modèles traditionnels de compréhension de l'homme ?
Le mardi 3 novembre 2020 aura lieu la 59e élection présidentielle des Etats-Unis. Le slogan de Donald Trump, qui joue sur la peur d'un effondrement économique et de la généralisation des émeutes, est Keep America Great. Celui du candidat démocrate, Joe Bidenâ : Build Back Better, "Reconstruire en mieux" . En effet, une partie de l'opinion publique du pays espère rebâtir le rêve américain, celui d'une démocratie qui intègre des migrants venus du monde entier, portée par la foi en son propre destin⦠Mais l'Amérique est-elle encore à la hauteur de cet idéalâ?
Il y a quarante ans, on ne parlait que d'eux. Ils faisaient la une des journaux quand on les mettait en prison ou quand on les échangeait au milieu d'un pont. Et puis le camp communiste a basculé. Ils ont presque totalement disparu de la scène, balayés par les peuples et les anciens apparatchiks reconvertis en démocrates. Depuis quelques années, les dissidents réapparaissent un peu partout. Comme leurs aînés, ils refusent la lutte armée et rejettent la violence. Ils n'ont pas d'ambition politique : ce sont des individualistes. Leur démarche est d'abord éthique. Ce qu'ils ont sous leurs yeux les révolte et ils décident de réagir, c'est tout. Comment ? En inventant des formes d'actions, à leurs risques et périls. Michel Eltchaninoff est allé les rencontrer, là où ils vivent. A Téhéran, où une jeune femme qui ne supporte pas l'obligation de porter le voile enregistre un clip sur un toit de la ville et danse tête nue en compagnie de garçons. En Belarus, où des opposants, épuisés d'avoir pris tant de coups, créent des revues et des galeries d'art pour survivre sous la chape de la dictature. En Inde, où le successeur du Dalaï Lama, le 17e karmapa, s'est réfugié et tente de faire espérer le peuple tibétain en voie de disparition. Qu'ils vivent en régime dictatorial ou dans un Etat corrompu, ils créent ou redécouvrent des moyens d'expression originaux. Loin des faux dissidents de l'extrême-droite complotiste d'aujourd'hui, loin des lassitudes occidentales, ils décident de faire de leur vie quelque chose dont ils puissent être fiers.
La philosophie n'est pas un ingrédient obligé pour se détendre dans un dîner entre amis, mais - allez savoir pourquoi - elle est toujours présente. Reste à l'accommoder au mieux. Et la science est tout aussi difficile à placer entre la poire et le fromage. Plutôt que de plomber l'ambiance avec Aristote, Schopenhauer et le théorème de Gödel, les auteurs de cet indispensable manuel proposent de réhabiliter la métaphysique à l'apéritif, de louer le porno-éthique au moment du gigot et de refuser le dessert au prétexte que l'on est épicurien. Au passage, vous aurez stupéfait votre voisin de gauche (" Mon chien est situationniste, que faire ? ") et interloqué votre voisine de droite : " Etes-vous carbon neutral, mademoiselle ? " Il n'est pas absolument garanti que vous soyez réinvité.
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.
Lorsqu?un homme bâtit une maison, il y fait une porte, des fenêtres et une cheminée, de façon à entrer et sortir par la porte pour aller chercher ce qui est nécessaire, de façon à recevoir de la lumière par les fenêtres et de façon que, lorsqu?il allume du feu, la fumée sorte par la cheminée, pour que la maison ne soit pas noircie par la fumée. De la même façon, l?âme qui est installée dans le corps comme dans une maison envoie et reçoit des pensées comme par une porte, les regarde comme par des fenêtres et fait passer leurs forces vers le cerveau ? de même que lorsqu?on allume du feu, la fumée s?en va vers la cheminée ? afin que celui-ci les trie en les examinant. Les pensées sont les causes premières de la science du bien et du mal et les organisatrices de toutes choses et sont appelées pensées. Car les pensées sont les causes premières de la bonté, de la sagesse, de la sottise et des autres faiblesses semblables, de la même façon que les mauvaises pensées sortent du c?ur : voilà ce qu?est la porte de la maison de l?âme. Et c?est pourquoi depuis le c?ur un chemin s?avance vers les éléments avec lesquels l?homme réalise ce qu?il pense. Et les forces des pensées montent vers le cerveau et le cerveau les rassemble, car le cerveau est le principe humide de tout le corps, de même que la rosée humidifie toutes choses. Et lorsque certaines humeurs mauvaises ou fétides se développent chez l?homme, elles envoient vers le cerveau une vapeur nocive.Il n?y a pas de maladies, rappelle avec force Hildegarde, mais des hommes malades, et ces hommes sont intégrés dans un univers qui, de même qu?il participe à leur malheur, doit aussi prendre sa part dans la guérison ; ils doivent être soignés dans leur totalité, corps et âme, et, même si la nature peut et doit venir à leur aide, c?est bien souvent dans leur propre sagesse, leur modération, leur maîtrise d?eux-mêmes, qu?ils trouveront les forces qui soutiendront le processus de guérison.4e de couverture : Lorsqu?un homme bâtit une maison, il y fait une porte, des fenêtres et une cheminée, de façon à entrer et sortir par la porte pour aller chercher ce qui est nécessaire, de façon à recevoir de la lumière par les fenêtres et de façon que, lorsqu?il allume du feu, la fumée sorte par la cheminée, pour que la maison ne soit pas noircie par la fumée. De la même façon, l?âme qui est installée dans le corps comme dans une maison envoie et reçoit des pensées comme par une porte, les regarde comme par des fenêtres et fait passer leurs forces vers le cerveau ? de même que lorsqu?on allume du feu, la fumée s?en va vers la cheminée ? afin que celui-ci les trie en les examinant. Les pensées sont les causes premières de la science du bien et du mal et les organisatrices de toutes choses et sont appelées pensées. Car les pensées sont les causes premières de la bonté, de la sagesse, de la sottise et des autres faiblesses semblables, de la même façon que les mauvaises pensées sortent du c?ur : voilà ce qu?est la porte de la maison de l?âme. Et c?est pourquoi depuis le c?ur un chemin s?avance vers les éléments avec lesquels l?homme réalise ce qu?il pense. Et les forces des pensées montent vers le cerveau et le cerveau les rassemble, car le cerveau est le principe humide de tout le corps, de même que la rosée humidifie toutes choses. Et lorsque certaines humeurs mauvaises ou fétides se développent chez l?homme, elles envoient vers le cerveau une vapeur nocive.Il n?y a pas de maladies, rappelle avec force Hildegarde, mais des hommes malades, et ces hommes sont intégrés dans un univers qui, de même qu?il participe à leur malheur, doit aussi prendre sa part dans la guérison ; ils doivent être soignés dans leur totalité, corps et âme, et, même si la nature peut et doit venir à leur aide, c?est bien souvent dans leur propre sagesse, leur modération, leur maîtrise d?eux-mêmes, qu?ils trouveront les forces qui soutiendront le processus de guérison.