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Entre intégration et discriminations. Clés de lecture
Eloy Marie-Hélène ; Merckaert Alain
LICORNE AMIENS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782296120884
Extrait de l'introduction de Marie-Hélène Eloy et Alain MerckaertQuelle est la perception de l'Autre aujourd'hui en France?L'étranger, cet être lointain, l'est-il toujours autant?Les politiques publiques, après s'être appuyées sur la notion d'insertion dans les années 80, puis sur celle d'intégration durant la décennie suivante, sont de plus en plus orientées vers la lutte contre les discriminations. Quel est le sens profond de cette évolution?Les démarches visant à «l'insertion des immigrés» étaient fondées sur une image prépondérante de travailleurs venus en France, dont la présence se poursuivait. L'idée d'une installation définitive sur le sol français d'une bonne part d'entre eux en compagnie de leurs familles s'imposait alors progressivement. Cependant, les politiques instaurées étaient basées sur des représentations de l'étranger dans lesquelles le maintien de liens avec le pays d'émigration - se traduisant notamment par des programmes de langues et cultures d'origine - était nécessaire à la réalisation d'un possible «retour au pays».La prééminence dans les discours publics de la notion «d'intégration des immigrés» prend forme dans le courant des années 80. La volonté d'agir en vue d'une «meilleure intégration» traduit simultanément la reconnaissance d'une stabilité marquée, en France, des populations issues de l'immigration et le développement de pratiques qui visent à les «rapprocher» des populations autochtones, à favoriser ce qui est «même» au-delà des différences.Les politiques de lutte contre les discriminations ne s'affirment comme telles que depuis quelques années. Auparavant, il aurait semblé plutôt incongru de poser en ces termes des éléments fondamentaux du débat public sur les populations issues de l'immigration. Ou plutôt, cela tenait essentiellement du discours militant alors qu'aujourd'hui cette approche s'est faite officielle.Que s'est-il donc passé?La lutte contre les discriminations entend le soutien de l'Autre en vue de la reconnaissance d'un droit qui lui est dénié. Ce qui devient insupportable est la négation de ce droit à un Autre: est-ce parce que celui-ci est devenu suffisamment familier de l'autochtone?Ne serait-ce pas ainsi la représentation de l'Autre, qui de lointain devient plus proche, qui se jouerait ici? La lutte contre les discriminations s'imposerait-elle parce que, au travers de ce rapprochement, l'identification à l'Autre serait de plus en plus opérante? Où plutôt, la tolérance à la diversité se répandrait-elle dans un monde plus ouvert?
Purgatoire raconte l?histoire d?Emilia Dupuy, dont la vie s?est brisée un jour de juillet 1977, près de la ville de Tucumán, dans le nord de l?Argentine. Avec son mari Simon, cartographe comme elle, ils étaient partis en mission dans cette région lointaine pour parachever la carte d?une routeinternationale à la demande de l?Automobile Club de Buenos Aires. C?est alors qu?ils sont arrêtéspar les militaires en raison de leurs activités « suspectes », ils détiennent en effet, pour leur travail, des cartes topographiques de toute la zone. Après avoir été détenue et torturée, Emilia est libérée par les autorités grâce à l?intervention de son père, le Docteur Dupuy, l?un des intellectuels du régime, dont les idées guident l?action de la dictature. Emilia rentre à Buenos Aires où elle pense retrouver Simon. Mais Simon ne rentrera jamais. Le calvaire d?Emilia s?étend sur plus de trente ans. Elle part chercher son mari à Rio où un témoin dit l?avoir vu; elle parcourt les bidonvilles de Caracas et de Mexico où elle croit pouvoir retrouver sa trace. Elle n?accepte pas les conclusions de l?enquête menée par des ONG après la chute de la dictature ni les déclarations de plusieurs soldats qui ont vu le cadavre de Simon dans le patio d?une caserne. Emilia pense que son mari est toujours en vie car elle « sent » sa présence. Qui plus est, vers la fin de sa vie, elle le voit enfin et le retrouve mais comme dans un rêve, ou est-ce la projection de son esprit dérangé? Car Emilia vit avec les démons du passé: la culpabilité d?un père qu?elle refuse de s?avouer (ce bras droit des militaires n?a eu aucun mal à faire « disparaître » son gendre, jugé « subversif »), et les cauchemars d?une époque effroyable qu?elle a vécue comme un zombi, assommée par la violence psychologique exercée par sa famille et par la société tout entière. Tomás Eloy Martínez, l?un des intellectuels argentins qui a dénoncé avec le plus de force et d?indignation les crimes de la dictature militaire de son pays, nous raconte cette histoire d?amour et d?obsession dans deux cadres temporels alternés: celui de la dictature et, trente ans plus tard, celui des derniers jours d?Emilia, devenue bibliothécaire dans une petite ville du New Jersey. La narration passe d?un contexte à l?autre, d?une époque à l?autre, et nous offre, à la fois, une fresque historique des années noires de l?Argentine et le portrait intime d?une femme seule, déséquilibrée et hantée par son passé.
On dit qu'il ne chante plus que dans quelques cabarets malfamés du port. On dit aussi qu'il est très malade mais qu'il chante parfois dans un vieux bar du centre-ville. Certains affirment qu'ils l'ont entendu chanter dans un square de Palerme, l'ancien quartier italien, et d'autres vont jusqu'à dire qu'il se produit inopinément sur les marchés populaires des faubourgs. Bruno Cadogan regarde perplexe la carte de Buenos Aires et essaie de déceler la logique qui commande les dernières apparitions de Julia Martel. Car ce légendaire chanteur de tango à la voix obscure et envoûtante, l'homme qui n'a jamais voulu enregistrer de disques, est bien plus qu'un mythe urbain. Martel est un artiste accompli qui ne laisse rien au hasard et qui dessine par sa présence (et son absence) une autre carte de la ville, les traits d'une énigme. Volontaire, résolu, le jeune Américain est prêt à tout pour le rencontrer et pour l'entendre chanter ces étranges morceaux dont il est le seul à connaître les paroles et le sens. Mais sa quête va le conduire là où il ne l'attend pas : au cour même de l'insurrection populaire de 2001 qui fait chuter les présidents les uns après les autres. Bruno Cadogan se trouve ainsi emporté par le tourbillon de l'histoire dans un Buenos Aires rebelle et assoiffé de justice où la voix de Julio Martel est devenue l'un des symboles de l'espoir.
Témoignage de la vie de l’auteur, cette bande dessinée illustre le parcours de Louis, assigné fille à la naissance, de son enfance pleine de questions à l’adulte qui s’épanouit en tant qu’homme en passant par le mal-être d’un adolescent qui ne parvenait pas à identifier ce qui le rendait si mal. C’est un récit intime, touchant et juste d’une dysphorie de genre et d’une transition dans une culture familiale pas forcément ouverte à la question. C’est aussi un appel puissant pour une plus grande représentativité pour lutter contre la transphobie et la désinformation sur le sujet. Ce que fait d’ailleurs l’auteur sur les réseaux au quotidien, en toute transparence et avec beaucoup de sensibilité.
Ce livre est le résultat d'une démarche de terrain des auteurs : ils se sont rendus dans les villes et les quartiers à la rencontre de ceux qui interviennent en soutien aux populations et particulièrement sur les questions d'emploi et d'insertion. Ils leur ont demandé de leur expliquer ce qu'ils font pour les personnes confrontées à des discriminations en raison de leur origine. Les résultats de cette démarche ont de quoi étonner. La palette des interventions est vaste, et nombreux sont ceux qui font preuve d'inventivité, explosant les cadres habituels. Cependant, le premier des enseignements réside dans l'attitude des acteurs : ils font preuve d'une volonté inébranlable. Cet ouvrage s'inscrit dans un cycle autour du thème "entre intégration et discriminations" dont il est la deuxième production.
L'immigration constitue un sujet qui se retrouve périodiquement sur le devant de la scène publique. Cependant, le manque de connaissances et les préjugés nuisent souvent aux débats. Une plongée dans un espace défini - la Picardie - et une appréhension des processus dans la durée - depuis le milieu du XIXe siècle - permettent de mieux comprendre, sous des angles variés, ce qui caractérise vraiment les phénomènes migratoires. Cet ouvrage collectif fait suite à une enquête régionale commanditée par l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances et à un colloque, tous deux organisés par une équipe de chercheurs de l'université de Picardie Jules-Verne (laboratoire Habiter-processus identitaires-processus sociaux).
Dans cet ouvrage, ceux qui parlent des associations sont ceux qui les créent, ceux qui tracent leurs perspectives, mais aussi ceux qui les font vivre chaque jour. A partir d'entretiens auprès des responsables associatifs, l'auteur choisit de jouer le rôle d'un metteur en scène : il distribue les espaces et la parole. Il nous donne à écouter le récit des passions, les expériences et idées partagées au sein du monde associatif. Il propose une vision forte et moderne des associations.
Souvent en marge de notre société et exclus des droits les plus fondamentaux, les Tsiganes doivent lutter pour faire reconnaître leur identité. Qu'ils soient Rroms, Tsiganes, Gitans, Manouches - termes souvent employés de manière confuse alors qu'ils renvoient à des dimensions culturelles spécifiques -, les "gens du voyage", ainsi qu'ils sont identifiés administrativement, sont tous confrontés à des discriminations. Les enfants tsiganes, comme tous les enfants, doivent trouver dans l'école un accès aux connaissances: cependant, ce lieu est également le symbole de la société de l'écrit qui inquiète et écarte leurs parents. La relation au savoir constitue alors un enjeu essentiel. Chercheurs, travailleurs sociaux, enseignants, eux-mêmes Tsiganes ou engagés auprès de ces populations, apportent, dans cet ouvrage, leurs réflexions et leurs expériences. Ce livre collectif est composé de contributions dont une partie est issue d'un colloque consacré aux jeunes tsiganes, organisé par le CASNAV/rectorat de l'académie d'Amiens, le FASILD/ACSÉ de Picardie, l'université de Picardie Jules Verne et la Licorne. Outre les développements relatifs à la scolarisation, des textes traitent d'aspects historiques, économiques, sociaux et culturels.
Cet ouvrage est né de la rencontre des auteurs avec la pratique sportive, mais aussi d'une attention portée à la question du devenir chez les adolescents. Chacun, à partir de son expérience singulière et avec les outils de sa discipline, a tenté de rendre compte de cet espace d'affrontements si particulier qu'offre le sport dans nos cités modernes. Sa pratique ne cesse de confronter ses adeptes à l'idéal et aux limites. Souvent synonyme d'excès, elle peut aussi ouvrir sur la créativité. Au-delà, les auteurs décryptent la façon dont s'articulent le corps, la langue, l'inconscient. Pour les uns, l'acte sportif reste le lieu de tous les dangers, pour d'autres il constitue une voie de résolution de l'angoisse, une sortie de crise, un renoncement même aux fantasmes de toute-puissance. Mais, pour nombre d'adolescents, ne représenterait-il pas d'abord une nouvelle place à conquérir, un peu à distance de l'enfance, un autre mode de vie, une façon d'être à l'heure de son désir?