Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Alternatives Sud Volume 18-2011/4 : Amérique latine. Etat des résistances dans le Sud
Duterme Bernard
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849503294
ÉditorialToujours rebelle l'Amérique latine?Mouvements sociaux, contestations et pouvoirs de Tijuana à UshuaïaBernard DutermeLe «virage à gauche» latino-américain de cette dernière décennie peut être analysé dans son unicité («une même lame de fond»), dans sa dualité («deux gauches distinctes») ou dans sa multiplicité («diversité des situations»). En amont, en cours, en aval et même à rebours de ce «virage», les mouvements sociaux jouent un rôle crucial dans la volonté de démocratisation et de transformation sociale inégalement à l'oeuvre sur le continent.Continent de forte croissance économique, de démocraties fragiles et d'inégalités extrêmes, l'Amérique latine est aussi traversée d'une dynamique soutenue de rébellions et de contestations sociales, aux formes, aux identités et aux revendications renouvelées. Pour autant, les mouvements sociaux de la région ont fort à faire aujourd'hui pour continuer à exister, à peser sur le politique. Menacés de dilution, de fragmentation ou de répression dans les pays où les gouvernements sont restés ou revenus dans les courants dominants du néolibéralisme et du «consensus de Washington»; guettés par l'instrumentalisation, la cooptation ou l'institutionnalisation dans ceux où les pouvoirs se sont attelés, peu ou prou, à récupérer en souveraineté et à redistribuer les dividendes des richesses exportées, les protestataires et leurs pressions émancipatrices offrent un visage pluriel.Un double clivage prévaut d'ailleurs au sein de la «gauche sociale» latino-américaine. Celui - de fond - qui divise tenants et opposants du neo-desarrollismo, nationalisme populaire d'un côté, écosocialisme de l'autre. Et celui - plus stratégique - qui oppose les partisans d'un aboutissement politique des mobilisations aux apôtres de voies plus autonomistes, basistes ou localistes du changement social. Reste que, du Chili au Mexique, du Brésil au Venezuela, de l'Uruguay au Guatemala, de la Bolivie au Honduras et dans le reste de l'Amérique latine, les mouvements sociaux - paysans, urbains, indigènes, étudiants, etc. - influent à leur mesure, bon gré mal gré, sur la redéfinition de la participation démocratique et de la citoyenneté politique.Mais revenons, dans l'ordre, sur ce qui sans conteste aura marqué l'actualité sociopolitique latino-américaine de cette première décennie du 21e siècle, à savoir «le virage à gauche». Virage à géométrie variable certes, partiel aussi, atypique, multiple, conjoncturel, limité, réversible..., mais virage effectif tout de même et inédit: jamais dans l'histoire, le continent n'aura connu autant de partis de gauche avec autant de pouvoir dans autant d'endroits. Et les mouvements contestataires n'y auront pas été pour rien bien sûr. En amont, en cours, en aval et même à rebours de ce «virage», ils occupent une place centrale dans la volonté de transformation sociale et de démocratisation, inégalement à l'oeuvre de Tijuana à Ushuaïa.Trois lectures du «virage à gauche»Parmi les observateurs, trois grilles de lecture ont prévalu ces dernières années pour qualifier la tendance. Une première qui insiste sur son unicité («une même lame de fond»); une deuxième qui se focalise sur sa dualité («deux gauches distinctes»); une dernière qui l'aborde par sa multiplicité («diversité des situations nationales»).Dans ses grandes lignes, la première lecture s'est appuyée sur un triple constat à portée continentale: un contexte favorable à la montée d'un ras-le-bol social et politique, l'émergence de nouveaux acteurs populaires de gauche et un même «air de famille» partagé par les nouveaux pouvoirs. Et de fait, le bilan désastreux du processus, plus ou moins concomitant, de libéralisation politique et de libéralisation économique qu'a entamé l'Amérique latine à partir des années 1980 - pluripartisme et élections libres, généralisation des politiques néolibérales, dépendance financière et technologique accrue, volatilité de la croissance, hausse des inégalités, pauvreté... - a nourri une forte désillusion démocratique, dans pratiquement tous les pays (Alternatives Sud, 2005).(...)
Source de revenu et d'alimentation pour des centaines de millions de personnes, principalement dans le Sud, la pêche constitue un enjeu clé. Comme industrie lucrative, elle se trouve également à la croisée de questions socio-économiques, géostratégiques et écologiques de premier plan. Avec les progrès techniques et la hausse constante de la demande, le"boom de l'halieutique" s'est traduit par davantage de pression sur les ressources et une explosion des inégalités spatiales, sociales et économiques. A mesure que le secteur s'est mondialisé, les clivages se sont renforcés : mise en concurrence des pêcheries artisanales et des flottilles industrielles, concentration des filières et captation de la valeur par les puissances maritimes et les transnationales du secteur, transfert de protéines du Sud (premiers producteurs) vers les pays industrialisés (premiers consommateurs), surexploitation de réserves, etc. Encouragés par des ONG environnementalistes centrées sur l'épuisement des stocks, Etats, institutions internationales et acteurs privés ont proposé des mesures pour contrer la surpêche : droits de pêche gérés par le marché, aquaculture, aires marines protégées, certification, valorisation du capital naturel, etc. Mais, libérale et conservationniste, la stratégie tend à renforcer la privatisation des mers, lacs et cours d'eau, aux dépens des communautés de pêche artisanale. Celles-ci, victimes du réchauffement climatique et des mégaprojets côtiers - touristiques, industriels, aquacoles -, s'organisent pour défendre leurs droits face au "blue lobby".
La Chine a repris pied en Afrique. Bousculant l'agenda du développement et redéfinissant les équilibres géostratégiques. elle s'impose comme l'un des principaux partenaires commerciaux. fournisseurs d'aide et investisseurs du continent. Menace ou opportunité, cette présence croissante et multiforme suscite la polémique. La Chine sape-t-elle les efforts de la "communauté internationale" en faveur de la "bonne gouvernante", des "droits de l'homme" et de la "démocratie"? N'oeuvre-t-elle pas, derrière un discours de solidarité Sud-Sud. à la seule poursuite de ses intérêts: accaparement des ressources. conquête de nouveaux marchés. élargissement de ses appuis diplomatiques? La Chine ne reproduit-elle pas en Afrique les formes de dépendance et de division internationale du travail héritées de la période coloniale? A l'inverse, n'offre-t-elle pas plutôt une alternative salutaire au modèle de développement occidental et à la "tyrannie de la dette et des conditionnalités", après trois décennies d'ajustements structurels désastreux sur le plan économique et social? Quels sont les véritables enjeux et les implications de l'engagement chinois en Afrique? Au-delà de la diabolisation a priori ou de l'acceptation béate, quel est le regard porté par les premiers concernés. sur la nature de ce nouveau rapprochement sino-africain. sur ses effets et sur les défis qu'il pose aux populations locales?
L'imbrication des crises et des guerres, les faux-semblants du développement et la poussée des inégalités témoignent de l'illusion d'une société démocratique fondée sur les artifices d'une croissance "inclusive" et du "libre" échange. Des résistances et des critiques mettent à nu et dénoncent ? plus que jamais ? un modèle inique et insoutenable. Ce faisant, elles se nourrissent, en creux, d'une soif utopique et d'une volonté de construire un autre monde de possibles. Au Sud, de nombreuses pistes pour un changement de paradigme ont émergé ces dernières années. Elles se cristallisent autour de concepts clés comme le buen vivir, l'économie solidaire, le féminisme décolonial ou les biens communs. Que recouvrent ces conceptions ? Comment se conjuguent-elles et se déclinent-elles selon les lieux et les acteurs ? Au-delà des spécificités, des lignes communes se dessinent. Les luttes sont appréhendées de manière plurielle, en fonction de leur nécessaire interconnexion, et non plus à partir de l'alignement sur la classe révolutionnaire. La transformation est pensée de pair avec la transition, pour ne pas reporter les changements et pour souligner le potentiel créatif de pratiques actuelles. La recherche d'une harmonie ? entre les personnes, avec la nature ? est aux premières loges. Reste que les contours de ces dynamiques font débat et que la question, centrale, du pouvoir continue de diviser. Loin donc d'avoir disparu, la volonté de "changer le monde" demeure. Elle emprunte plusieurs chemins et réinvente ses moyens d'action, mais la révolution est toujours à l'ordre du jour.
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux Etats-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une "arythmie" , c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une "arythmie" systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.