Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Alternatives Sud Volume 23-2016/3 : Changer le modèle. Ici et maintenant ?
Duterme Bernard
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849505373
L'imbrication des crises et des guerres, les faux-semblants du développement et la poussée des inégalités témoignent de l'illusion d'une société démocratique fondée sur les artifices d'une croissance "inclusive" et du "libre" échange. Des résistances et des critiques mettent à nu et dénoncent ? plus que jamais ? un modèle inique et insoutenable. Ce faisant, elles se nourrissent, en creux, d'une soif utopique et d'une volonté de construire un autre monde de possibles. Au Sud, de nombreuses pistes pour un changement de paradigme ont émergé ces dernières années. Elles se cristallisent autour de concepts clés comme le buen vivir, l'économie solidaire, le féminisme décolonial ou les biens communs. Que recouvrent ces conceptions ? Comment se conjuguent-elles et se déclinent-elles selon les lieux et les acteurs ? Au-delà des spécificités, des lignes communes se dessinent. Les luttes sont appréhendées de manière plurielle, en fonction de leur nécessaire interconnexion, et non plus à partir de l'alignement sur la classe révolutionnaire. La transformation est pensée de pair avec la transition, pour ne pas reporter les changements et pour souligner le potentiel créatif de pratiques actuelles. La recherche d'une harmonie ? entre les personnes, avec la nature ? est aux premières loges. Reste que les contours de ces dynamiques font débat et que la question, centrale, du pouvoir continue de diviser. Loin donc d'avoir disparu, la volonté de "changer le monde" demeure. Elle emprunte plusieurs chemins et réinvente ses moyens d'action, mais la révolution est toujours à l'ordre du jour.
La Chine a repris pied en Afrique. Bousculant l'agenda du développement et redéfinissant les équilibres géostratégiques. elle s'impose comme l'un des principaux partenaires commerciaux. fournisseurs d'aide et investisseurs du continent. Menace ou opportunité, cette présence croissante et multiforme suscite la polémique. La Chine sape-t-elle les efforts de la "communauté internationale" en faveur de la "bonne gouvernante", des "droits de l'homme" et de la "démocratie"? N'oeuvre-t-elle pas, derrière un discours de solidarité Sud-Sud. à la seule poursuite de ses intérêts: accaparement des ressources. conquête de nouveaux marchés. élargissement de ses appuis diplomatiques? La Chine ne reproduit-elle pas en Afrique les formes de dépendance et de division internationale du travail héritées de la période coloniale? A l'inverse, n'offre-t-elle pas plutôt une alternative salutaire au modèle de développement occidental et à la "tyrannie de la dette et des conditionnalités", après trois décennies d'ajustements structurels désastreux sur le plan économique et social? Quels sont les véritables enjeux et les implications de l'engagement chinois en Afrique? Au-delà de la diabolisation a priori ou de l'acceptation béate, quel est le regard porté par les premiers concernés. sur la nature de ce nouveau rapprochement sino-africain. sur ses effets et sur les défis qu'il pose aux populations locales?
Evoquant le rapport publié par l'ONG Oxfam, en octobre 2014, le quotidien Le Parisien écrivait : "La famille de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, est tellement riche qu'il lui faudrait 102 ans pour dépenser sa fortune, à raison d'un million de dollars par jour. Un constat sidérant, mais qui n'est qu'un exemple parmi d'autres évoqués dans [ce] rapport coup de poing." La situation est si grave que Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), n'hésite pas à inviter dans le Financial Times, les "maîtres du monde" à s'inquiéter que, "dans de trop nombreux pays, les bénéfices de la croissance ont profité à trop peu de gens, ce qui n'est pas la bonne recette pour la stabilité et la durabilité" de la croissance mondiale. L'inégalité nuit gravement au bien-être. Le truisme est désormais décliné à l'envi par nombre d'études internationales : les disparités de revenus, les asymétries de patrimoines, la concentration des richesses génèrent des sociétés moins prospères, plus vulnérables et moins durables. Or, à l'exact opposé des promesses de la doxa libérale du trickle down selon laquelle l'accumulation des nantis finit par ruisseler vers les plus modestes, l'aggravation des inégalités enregistrée ces dernières décennies - entre pays et à l'intérieur de la plupart des pays - s'impose comme l'effet sociétal majeur de la globalisation de l'économie. Et signe, en cela, l'échec d'un modèle de développement planétaire, inique et inefficace. Comble de la concentration des patrimoines, 1 % de l'humanité (73 millions d'ultrafortunés) détient aujourd'hui 50 % des richesses totales, tandis que la moitié de la population mondiale (3,65 milliards d'individus) dispose de moins de 1 % de celles-ci. Disproportion exorbitante, sans précédent et éthiquement injustifiable. Quant à l'écart entre pays riches et pays pauvres, si son explosion remonte à la période coloniale, il a encore pratiquement triplé depuis lors, pour atteindre un rapport de 80 à 1. Comment se construisent ces disparités ? Pourquoi le rendement du capital supplante- t-il à ce point les revenus du travail ? Que pèsent les mécanismes de redistribution face à la dérégulation, aux accaparements privatifs, à la libéralisation commerciale, à la concentration des actifs, à l'évasion fiscale ? Des pistes politiques existent pour renverser la croissance des inégalités.
Deux clichés sont d'emblée discutés par cet Etat des résistances dans le monde arabe. D'abord, celui du "vide d'acteurs" civils et sociaux qui caractériserait les sociétés non démocratiques. L'autoritarisme, le militarisme ou les tiraillements des Etats de la région auraient pour corollaire mécanique la confiscation rédhibitoire de tout espace autonome de mobilisation citoyenne et de contestation sociale. Ensuite, second lieu commun mis en perspective. l'épuisement de l'essentiel des formes protestataires dans la figure simplifiée et réifiée des "fous de Dieu", figure qui fige et surdimensionne la rhétorique religieuse. Les contradictions supposées intrinsèques entre mouvements islamistes et dynamiques de modernisation sociale et politique sont fixées a priori. Or, les réalités des résistances à l'ordre établi et aux inégalités sociales dans le monde arabe apparaissent, à un deuxième niveau de lecture. à la fois plus denses et plus complexes. L'échec des politiques de développement mimétique. l'essoufflement des moteurs idéologiques -socialisme. nationalisme, panarabisme- des Etats post-coloniaux et les crises laissées ouvertes parla libéralisation économique, la mondialisation et la géopolitique du pétrole ont nourri le mécontentement social et ouvert la voie à la (ré)émergence de sociétés civiles identitaires. nationalistes et démocratiques... Les réactions des pouvoirs contestés oscillent entre éradication. répression cachée. cooptation sélective, ouvertures en trompe-l'oeil et intégration neutralisante à la scène politique.
Source de revenu et d'alimentation pour des centaines de millions de personnes, principalement dans le Sud, la pêche constitue un enjeu clé. Comme industrie lucrative, elle se trouve également à la croisée de questions socio-économiques, géostratégiques et écologiques de premier plan. Avec les progrès techniques et la hausse constante de la demande, le"boom de l'halieutique" s'est traduit par davantage de pression sur les ressources et une explosion des inégalités spatiales, sociales et économiques. A mesure que le secteur s'est mondialisé, les clivages se sont renforcés : mise en concurrence des pêcheries artisanales et des flottilles industrielles, concentration des filières et captation de la valeur par les puissances maritimes et les transnationales du secteur, transfert de protéines du Sud (premiers producteurs) vers les pays industrialisés (premiers consommateurs), surexploitation de réserves, etc. Encouragés par des ONG environnementalistes centrées sur l'épuisement des stocks, Etats, institutions internationales et acteurs privés ont proposé des mesures pour contrer la surpêche : droits de pêche gérés par le marché, aquaculture, aires marines protégées, certification, valorisation du capital naturel, etc. Mais, libérale et conservationniste, la stratégie tend à renforcer la privatisation des mers, lacs et cours d'eau, aux dépens des communautés de pêche artisanale. Celles-ci, victimes du réchauffement climatique et des mégaprojets côtiers - touristiques, industriels, aquacoles -, s'organisent pour défendre leurs droits face au "blue lobby".
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.