Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'unique Christ. La symphonie différée
Duquoc Christian
CERF
28,01 €
Épuisé
EAN :9782204069717
Le doute s'insinue. La grande fresque christique d'un projet commun unissant histoire humaine et devenir cosmique, réconciliant judaïsme et christianisme, menant à leur terme la convergence des religions, semble illusoire. Jésus arraché par Dieu à la mort n'a pas accompli le rêve prophétique évoqué dans les hymnes des épîtres de la captivité. Le don de son Esprit n'a pas éliminé les fractures : les divisions sont actives, elles dégénèrent souvent en hostilité. Doit-on rejeter hors de notre monde l'utopie de l'unité ? Elle meut l'?cuménisme, elle incite au dialogue avec le judaïsme, elle accélère les échanges interreligieux : elle n'est pas inerte. Faut-il renoncer au sens global de l'histoire ? Il a dynamisé la culture occidentale : ce n'est pas dérisoire. Faut-il abandonner l'intuition d'une direction unique de l'évolution universelle ? L'utopie de l'unité ne serait-elle que beauté vaine ou fiction nécessaire pour conjurer le désespoir ? Est-il raisonnable dans ce monde de dissémination et de violence de reconnaître au Christ ressuscité la volonté d'unifier ce qui sans cesse se fragmente ? Ne serait-ce point lui attribuer un désir prématuré ? Un autre chemin est possible : assumer de manière positive la division. Si les fragments qui constituent notre monde sont élimines, l'unité serait cruelle et totalitaire : elle ne permettrait pas de reconnaître leur libre singularité et d'exploiter leur richesse. Le chrétien croit à l'exécution d'une symphonie finale, il en ignore la partition, il soupçonne qu'elle n'est pas écrite. Quelques indices en laissent deviner l'éclat.
Résumé : Pour peu qu'on ait vécu et réfléchi, l'absence de Dieu est une expérience absolument commune et déroutante. Et c'est souvent autour d'elle que surgissent les diverses attitudes : la religion, l'athéisme, la foi. Ce livre s'efforce d'abord d'analyser ces réactions. Il en tire ensuite un principe d'interprétation pour aborder les questions fondamentales que se pose l'homme devant Dieu. Enfin, il s'attache à situer la prière comme accueil de Dieu et acte de foi. Le style, le contenu et la méthode de cet ouvrage le désignent particulièrement à l'attention de lecteurs à la recherche d'une pensée cohérente. Il voudrait les aider à élaborer un bilan de leur expérience humaine devant Dieu.
L'oecuménisme est né d'une indignation : comment croire des Eglises en conflit ? Les théologies ont alors élaboré une doctrine de l'Eglise idéale et invisible. Quant à la pluralité des Eglises, tenue pour impure, elle a été abandonnée aux historiens. Ne faut-il pas partir de l'hypothèse inverse : prendre acte de cette pluralité et la concevoir comme positive ? L'Eglise idéale s'affirme ainsi comme perspective, à condition qu'aucune Eglise historique ne se l'annexe. Ce livre suggère une autre manière de penser l'unité, excluant l'usage de la violence qui viserait à anticiper visiblement le Règne de Dieu dans une Eglise.
Les théologiens européens, qui se réclament d'un dialogue fécond entre l'Evangile et l'idéal d'émancipation (et de " progressisme ") né à l'époque des Lumières, ne devraient-ils pas être proches des théologiens de la libération ? En fait, entre théologiens européens de la " modernité " et théologiens latino-américains de la libération, le dialogue ne s'est pas encore - ou s'est mal - engagé. Au-delà du soutien amical aux personnes, il reste un débat à engager. Le " progressisme " des théologies européennes n'est-il pas contemporain de la stratégie d'expansion des nations riches et d'exploitation par celles-ci des pays en voie de développement ? En revanche, la théologie de la libération n'est-elle pas refus de cet engrenage de la " dépendance " et de l'exploitation ? Le " choix prioritaire des pauvres " situe les théologiens de la libération en lien étroit avec les classes sociales démunies. Les théologies européennes sont-elles aussi conscientes de leurs implications sociales ? Réciproquement, les théologies de tous pays ne peuvent se développer de façon " catholique " et oecuménique sans faire appel à toutes les ressources de la raison, y compris celles de la raison éclairée. Le dialogue ne peut donc être indéfiniment différé. Il faut le commencer.
Résumé : " Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, non le Dieu des philosophes. " Cet aphorisme de Pascal pointe vers la dualité de l'alliance : l'une contractée par Dieu avec Israël, l'autre initiée avec Noé. La première fut particulière, elle bénéficia d'une parole et d'une promesse sans cesse renouvelées. La seconde s'épuisa dès son origine dans une garantie de sécurité cosmique et l'interdiction de verser le sang. Dieu se taisant, elle ne reçut pas de paroles divines spécifiques, elle laissa le champ libre à la quête humaine, religieuse ou philosophique, du divin. Mille tentatives furent entreprises pour l'arraisonner. Ce chemin tracé et retracé depuis la nuit des temps demeure encore parcouru par des multitudes. La voie initiée en Israël et développée par Jésus s'en démarque fortement : elle s'appuie sur un contrat contesté qui, lors de conflits récurrents entre l'un et l'autre partenaires, dévoile l'être humain en son ambiguïté et révèle Dieu en sa patience et ses hésitations. Impliqué dans une histoire mouvementée, Dieu semble " partagé " sur la conduite à tenir : ou se réfugier dans sa transcendance, ou se rendre vulnérable. Un titre biblique exprime son acceptation de la contradiction, celui de " serviteur ". Ce titre est la clé d'une connaissance de Dieu qui se sépare de l'épopée religieuse et philosophique à visages multiples ouverte par l'alliance noachique. Cette aventure sans soutien divin déclaré oppose un contre-pouvoir à la révélation particulière qui tend à l'universel, elle la préserve d'annexer prématurément la totalité du domaine humain et de se figer en une pensée unifiée.
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin