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La biopolitique vue du cinéma. L'âge de cristal
Dupuis Joachim Daniel ; Aouacheria Abdel
L'HARMATTAN
28,50 €
Épuisé
EAN :9782343138558
Quel rapport entre la biopolitique et le cinéma ? La biopolitique, méthode d'analyse du pouvoir mise en place par Michel Foucault, dans les années 70, n'a jamais vraiment été mise à contribution dans les analyses cinématographiques. Or le film de Michael Anderson, L'Age de cristal (Logan Run) est un parfait exemple de proposition biopolitique. L'originalité des Studios (Majors) est d'avoir su introduire une biopolitique pour prendre le contrôle direct de la biologie du corps de l'individu, via un cristal bio-technologique, qui n'a plus besoin de "laisser mourir" puisque même la mort est désormais inscrite dans un programme informatique. Cette gouvernementalité d'un nouveau genre, c'est tout à la fois le rêve et le cauchemar de la biopolitique de demain. Celles de dômes post-démocratiques capables d'assurer une vie "parfaite" à l'humain. Mais cette humanité obsolescente vivrait-elle pour autant "une vie bonne" ? L'enjeu de cet ouvrage est de montrer que ce film d'Anderson n'est pas un cas isolé. Star Wars, Superman, The Island, Matrix, l'ensemble de la science-fiction, et aussi de nombreux autres genres, sont contaminés par ce cristal qui garantit le succès commercial des films, tout en reflétant son intégration en chacun d'entre nous. Le geste du cristal, si fascinant et si illusoire à la fois, impose sa puissance souveraine tant aux gouvernants qu'aux gouvernés et aux sujets que nous sommes tous devant lui. Ces éléments fondent et justifient l'étude du cristal filmique, pour saisir comment il a vu le jour, a circulé et comment il "respire" aujourd'hui dans nos sociétés. Au fond, ce livre raconte comment nous sommes entrés dans les dômes de cristal presque sans nous en rendre compte, que ce soit par le cinéma, mais aussi par les autres paysages audiovisuels (télévision, internet,...). Il n'y a désormais plus qu'une seule question à se poser : pouvons-nous sortir du cristal ?
En 1968, avec des réalisateurs comme George Romero ou Stanley Kubrick, le cinéma intègre l'idée que l'humain peut et doit changer. Le "changement" est un prétexte pour faire réfléchir le spectateur sur la place qu'il occupe dans la société ou dans l'univers. Dans la continuité, Saul Bass, graphiste surdoué, sort en 1974, en collaboration avec Mayo Simon, son unique long-métrage : Phase IV. Suite à un événement cosmique (solaire), des fourmis deviennent plus intelligentes, plus sociales (entre espèces) et font peser sur l'humanité la menace d'une extinction. La réponse des hommes : l'extermination chimique. Mais les fourmis ne sont pas des monstres : elles veulent forcer les hommes à sortir de leur évolution, de leur " dôme ". Une régénération écologique, voilà l'enjeu du film. Les soleils hantent tous les films de Bass, ce sont des symboles du renouveau et de création.
Gilles Deleuze, Félix Guattari et Gilles Châtelet. Trois penseurs singuliers, des résonances multiples. Ces auteurs déploient des concepts à la fois proches et différents (dont les principaux sont le geste et le diagramme) mais ils se divisent sur la notion de métaphore. Chacun produit donc un "système" de pensée tournant autour du temps pour le premier, de l'affect pour le second, du physicomathématique pour le dernier. Or ces systèmes déploient, selon nous, un même horizon de pensée qu'on pourrait appeler Expérience diagrammatique. "Expérience", parce que penser, pour eux, revient à inventer des concepts, les tailler encore et toujours, pour nom faire saisir le monde, la vie autrement que dans des partages sociaux, tissés pour l'action immédiate. "Expérience" implique d'entrer dans une odyssée. "Diagrammatique", parce que l'on n'a pas une pensée, on l'habite, et qu'il faut être attentif à la manière dont les pouvoirs viennent envahir notre temps, notre espace, nos affects, et trouver le moyen de reconquérir dignement notre vie. Nous avons besoin plus que jamais d'habiter autrement la pensée machinée par le capitalisme, le pouvoir, les médias. Laissons-nous donc saisir par les pensées militantes, exigeantes de Deleuze, Guattari, Châtelet.
On le dit amateur de jeux de mots et de romans à casser (ou à caser) des "e" . Mais Georges Perec n'a qu'une obsession : les plis. Formes topologiques ou géométriques, elles articulent les champs de l'oeuvre (autobiographie, ludique, infra- ordinaire, fiction) et en modifient sans cesse la configuration, tel un labyrinthe mouvant. Ce livre propose un fil d'Ariane à tout lecteur déterminé à parcourir et arpenter les dédales de l'écrivain.
La force du cinéma, c'est son fétichisme. L'industrie cinématographique sait comment habiller les films pour qu'ils nous deviennent indispensables. Jadis, elle levait une grande Armada dont les vaisseaux sublimes enchantaient toutes les mers du globe ; aujourd'hui, elle pollue l'océan de monstrueux cargos blockbusters. Le projet Mécanoscope rêve le cinéma autrement, comme un immense Mécano. En véritable pirate, Marco Candore propose un étrange "ouvroir de vidéo potentielle" : film après film, il démonte et remonte ces bastions flottants du capitalisme pour libérer la psyché des spectateurs.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.