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KANT ET LA GENESE DE LA SUBJECTIVITE ESTHETIQUE
DUMOUCHEL
VRIN
36,00 €
Épuisé
EAN :9782711614141
Sur un plan historique, la première partie de la Critique de la faculté de juger de Kant mérite d'être considérée comme la principale entreprise de fondation philosophique de l'esthétique de la subjectivité. Cette reconnaissance du statut philosophique de l'"esthétique", Kant semble l'avoir opérée tardivement, en 1790, dans la troisième de ses grandes oeuvres critiques. Or, on oublie souvent que l'essentiel de cette théorie esthétique s'est formé bien plus tôt, entre 1755 et 1787, au fil d'un dialogue sans cesse renoué avec la philosophie esthétique du XVIIIe siècle. C'est ce parcours méconnu de la réflexion de Kant sur l'esthétique qu'il s'agira de reconstituer, en marquant trois étapes principales qui forment autant de strates philosophiques que la troisième Critique se chargera de réinterpréter. On est d'abord conduit des textes de jeunesse (1755-1763), encore fortement imprégnés des conceptions rationalistes de la beauté et de l'art, à une deuxième période marquée par la prédominance d'un questionnement anthropologique qui fait apparaître la proximité du sentiment moral et du sentiment esthétique (1764-1765), avant de s'arrêter à une période cruciale (1769-1779), qui recoupe la mise en place de la philosophie critique, pendant laquelle Kant isole la dimension proprement "esthétique" de la subjectivité. C'est pendant cette décennie silencieuse, mais féconde, que se met en place une théorie du goût et du beau fondée sur l'universalité des lois de la sensibilité, en même temps que s'élabore une importante réflexion sur l'art, la nature et l'exemplarité sans règles du génie. Lien intime entre la beauté et la finalité, affinité entre le goût et la moralité, revendication de validité non conceptuelle du sentiment esthétique : les trois moments théoriques principaux que cette genèse permet successivement d'isoler sont autant de clés pour comprendre les "tensions" théoriques qui structurent la Critique de la faculté de juger esthétique.
De la vie parisienne à la touffeur des tropiques et à travers Arnaud Bessac et ses collègues, ingénieurs talentueux, ce livre retrace ce que fut réellement l'épopée du canal de Panama, considérée comme un échec et qui, à l'évidence avec un gouvernement moins frileux, aurait dû être une réussite française.
Résumé : L'émotion n'est pas un épisode privé dans la vie du sujet, et qui reçoit par la suite une socialisation qui la dompte ou qui la met en forme. Elle n'est ni un équilibre particulier des humeurs, ni un tressaillement des viscères, ni un état mental, ni, a fortiori, une réaction de la psyché confrontée au refoulé. Les émotions sont des ?uvres communes auxquelles plusieurs participent.
Résumé : La fonction première de l'Etat moderne est d'assurer la protection de ses citoyens: de les protéger les uns des autres et de les défendre contre les adversaires extérieurs. Pourtant, les violences à l'égard des populations civiles, les génocides, nettoyages ethniques ou massacres organisés sont pour l'essentiel perpétrés par des Etats et, dans une large mesure, contre leurs propres citoyens. Le présent essai montre que ces actes ne sont pas des accidents contingents, mais des événements inscrits dans la structure même de l'Etat. Par un saisissant retournement, ce dernier; ne pouvant plus faire de l'ennemi extérieur un bouc émissaire, s'est mis à multiplier les ennemis de l'intérieur. Cet affolement de la raison politique révèle l'échec de son mécanisme constitutif: le transfert de la violence vers des victimes acceptables. Ainsi l'ordre politique moderne, censé remplacer le sacrifice archaïque, repose sur une économie de la violence de même nature, mais beaucoup moins efficace. Les sacrifices à la nation, à la cause ouvrière ou à toute cause transcendant l'individu sont, eux aussi, devenus inutiles. La violence politique s'avère incapable de donner naissance à un ordre stable. Cette autodestruction du politique est l'un des signes les plus inquiétants de notre temps.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.