Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Cliniques N° 26 : Narrativité et soin psychique
Ducarre Catherine
ERES
23,00 €
Épuisé
EAN :9782749278711
Depuis toujours les gens se racontent des histoires pour tenter de donner du sens aux énigmes de l'existence : du mystère des origines aux différences entre les êtres et à la finitude du temps. C'était la fonction originelle des mythes, contes et légendes de tradition orale : construire, imaginer et transmettre des récits au fil des générations sont autant de possibles réponses aux questions existentielles. La narrativité participe à construire l'identité du sujet, nous sommes les histoires que nous nous racontons sur notre histoire, selon Paul Ricoeur. Pour autant, le processus de mise en récit ne se résume pas à la seule construction identitaire. La question "qui suis-je ? " rencontre toujours à un moment la question plus ou moins formulée : "de qui suis-je ? " . Mettre en récit son histoire ramène toujours à l'originaire et aux fantasmes inconscients qui lui sont adjoints. "Les histoires apprivoisent le temps, domestiquent l'inattendu et permettent de transformer ce dernier en événement et non en traumatisme, l'événement faisant progresser le récit tandis que le traumatisme le rompt" , écrivent Zigante, Borghine et Golse. Dans le soin psychique, l'acte narratif permet de lier l'excitation pulsionnelle et de se dégager des vécus traumatiques, il soutient aussi la continuité du sentiment d'exister. En revenant sur son histoire, le sujet éclaire également peu à peu les pièges de la répétition. Pour acquérir une valeur psychothérapeutique, l'acte narratif doit contribuer à engendrer la réflexivité, un écart par rapport à soi-même, à réinstaurer de l'altérité. Un récit ne vaut que d'être adressé à un autre que soi, étant entendu que cet autre peut être un autre en soi ou soi comme autre. D'un côté, l'autre est contenu dans ce que nous racontons. D'un autre côté, nous ne sommes pas tout entiers contenus dans ce que nous racontons. Il est important que la part inconsciente, réprouvée et incohérente qui habite le sujet ne soit pas occultée par un récit trop lisse et une écoute trop superficielle.
L'autorité fait souvent débat dans les institutions de soins psychiques, tout particulièrement lorsqu'elles accueillent des sujets dont les troubles du comportement constituent une menace pour eux-mêmes ou pour autrui. A quelles fonctions intrapsychiques et intersubjectives l'autorité doit-elle alors renvoyer pour être suffisamment opérante ? Quelles valeurs la sous-tendent : éducatives, thérapeutiques ? Qui est légitime pour exercer une autorité dans une institution : les responsables, les experts, les personnalités charismatiques ? Dans le contexte contemporain de la santé, l'accent est porté sur l'autonomie du patient " acteur de ses soins ". Pour autant, une forme d'autorité sera toujours nécessaire pour protéger les patients les plus vulnérables, pour ne pas les livrer à eux-mêmes, à des idées délirantes ou suicidaires par exemple, pour médiatiser les rapports entre des individus par-delà la violence pulsionnelle. L'autorité ne peut alors être affaire de pouvoir, d'emprise, voire de séduction de quelques-uns. Elle opère à la condition d'être exercée dans un cadre autorisant le tiers et la conflictualité et quand ses motivations implicites sont de limiter la toute-puissance, d'où qu'elle provienne, de favoriser le déploiement de la subjectivité tout en préservant les liens. Comment en somme penser l'autorité pour qu'elle soit la condition de l'homme ou de la femme libre et non pas seulement une fin en soi ?
Coblence Françoise ; André Jacques ; Ducarre Cathe
Construire un livre rassemblant les articles les plus représentatifs de la pensée de Françoise Coblence était plus qu'un hommage : une évidence, du fait de la profondeur et de la diversité de ses textes, jamais réunis jusque-là. Les thèmes qu'elle a examinés sous un prisme psychanalytique (rêve, pensée en séance, pulsions, affects...) sont aussi nombreux que les outils conceptuels auxquels elle a eu recours pour discuter et éclairer l'épistémologie psychanalytique, qu'ils relèvent de l'esthétique (littérature et poésie, image, musique, question de la forme en général) ou d'autres domaines de la philosophie (phénoménologie, politique, éthique...), sans oublier la perspective historique toujours présente. Ainsi, plutôt que de les regrouper en fonction d'une proximité thématique, les directeurs ont pris le parti de les faire se succéder par ordre chronologique de publication, de 1993 à 2020.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
Mauvais Patrick ; Blazy Micheline ; Deligne Isabel
Des professionnels de PMI, de lieux d'accueil, de services de soins en périnatalité, de CAMSP et de pouponnières témoignent de leurs pratiques dans l'accompagnement des relations entre parents et enfants. On reconnaîtra aisément, au travers de ces expériences diverses, une référence appuyée aux travaux d'Emmi Pikler - pédiatre hongroise qui a fondé en 1946 la pouponnière de Lòczy à Budapest - sur le très jeune enfant et sa famille. On y retrouvera l'importance qu'elle accordait, jusqu'au moindre détail, aux conditions concrètes du bien-être et de la sécurité de l'enfant. Les professionnels réunis ici, attentifs et assurés de leur confiance en l'enfant, nous enseignent combien l'accompagnement du processus de parentalisation peut bénéficier de cette approche, dans le respect des familles en devenir. Biographie: Patrick Mauvais est psychologue clinicien, responsable de la formation des formateurs à l'association Pikler Lòczy de France.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.