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Les conséquences économiques de mai 68. Du désordre social français à l'ordre monétaire européen
Dubois Mathieu
PETER LANG AG
68,60 €
Épuisé
EAN :9782807608733
Mai 68, aux origines de la monnaie unique européenne ? Telle est la thèse audacieuse défendue par le présent ouvrage en mettant en lumière la relation entre la contestation sociale et le renforcement de la compétition économique au sein du Marché commun. Les grèves, les hausses de salaire et la spéculation contre le franc déstabilisèrent en effet l'économie française à quelques semaines de l'ouverture des barrières douanières européennes le 1er juillet 1968. Le mouvement ouvrier et étudiant vint ainsi interrompre l'effort de compétitivité lancé par la France depuis dix années pour rattraper ses partenaires européens. Cette pression économique affecta le climat social en limitant les hausses de salaire et les relances publiques pour lutter contre un chômage renaissant. L'entrée dans le Marché commun avait ainsi préparé le terrain aux revendications de Mai. Les conséquences du mouvement français, en particulier la crise monétaire qui s'ensuivit, firent éclater au grand jour le rééquilibrage de puissance en Europe au profit de la République fédérale d'Allemagne. Cette crise souligna la nécessité d'une plus grande solidarité monétaire entre les membres de la Communauté européenne. Cette solidarité était toutefois conditionnée pour l'Allemagne par la convergence des politiques économiques vers davantage de stabilité et de garanties contre les dérapages inflationnistes tels que ceux de Mai 68. De ce point de vue, Mai 68 eut bien des conséquences fortes et déterminantes à long terme. La principale d'entre elles fut la volonté de stabiliser les monnaies et les économies européennes en amorçant le processus d'Union économique et monétaire lors de la conférence de La Haye. Si le chemin de Maastricht était encore long et semé d'embûches, les conséquences de Mai 68 jouèrent un rôle décisif dans ce choix fondateur.
Forcade Olivier ; Dubois Mathieu ; Grossmann Johan
Sait-on que les évacuations de population ont une histoire longue en Europe depuis le XXe siècle, dont les racines plongent dans les deux guerres mondiales ? En septembre 1939, près de deux millions de Français et d'Allemands furent ainsi évacués préventivement par leurs Etats des zones frontalières de l'Alsace et de la Moselle côté français, et de la Sarre, du Palatinat et du pays de Bade côté allemand. Cette migration forcée ouvre la série des grands déplacements de population qui marquèrent l'histoire de l'Europe durant et au lendemain de la seconde guerre mondiale. Pour l'Allemagne nazie, elle constitue le laboratoire des déportations ultérieures de populations indésirables. Pour la France républicaine, elle préfigure les flots incontrôlables de l'exode de 1940. Dans les deux cas, les régimes ont dû faire face à la difficulté d'évacuer les zones de départ, mais également d'accueillir et de reloger ces populations dans des régions plus éloignées des frontières. Les Etats et les différents acteurs sociaux et humanitaires durent s'adapter à des problématiques nouvelles à cette échelle, telles que le convoyage de centaines de milliers d'individus, l'accueil et l'assistance aux réfugiés, la relocalisation industrielle, le dédommagement et les réquisitions. Bouleversant les pratiques et la vie quotidienne des populations et confrontant des cultures régionales très différentes, cet épisode devait laisser des traces durables dans la mémoire des régions de départ et d'accueil comme de la nation française, mais aussi dans les pratiques de la gestion publique des populations à l'heure de la nécessaire solidarité nationale, tant en Allemagne qu'en France. Résultat de quatre années de recherches d'un programme franco-allemand financé par l'Agence nationale de la recherche et la Deutsche Forschungsgemeinschaft, cet ouvrage redonne à cet événement largement méconnu toute son importance fondatrice dans l'histoire des cultures de guerre et des migrations de population : les évacués de 1939-1940 constituaient le dernier groupe à devoir être étudié après les émigrés, les exilés, les réfugiés, les déportés et les prisonniers des conflits du XXe siècle.
L'Europe a fait le choix du libéralisme à travers l'adoption d'un ordre économique et social : "l'économie sociale de marché" . Ce livre raconte l'histoire de ce choix décisif pour l'européanisation des sociétés. Du marché commun à l'euro, cette convergence économique et sociale s'est opérée dans tous les pays engagés dans le processus d'unification européenne à travers l'influence d'un modèle largement inspiré par la République fédérale d'Allemagne et la version allemande du néolibéralisme, l'ordolibéralisme. A l'aune de sources inédites, cet ouvrage réévalue le rôle de l'Allemagne, de son modèle, mais aussi de sa diplomatie dans le processus d'intégration européenne. Loin de l'image d'un "nain politique" et d'une "culture diplomatique de la retenue" , l'Allemagne fédérale s'est ainsi révélée l'arbitre décisif et l'initiateur patient, non d'une "Europe allemande" , mais des compromis européens. Effaçant une à une les alternatives laissez-fairistes, interventionnistes, socialistes, protectionnistes et écologistes proposées à l'Ouest, au Sud et à l'Est du continent, elle a ainsi orienté le projet européen vers la construction d'une communauté économique de stabilité ouverte au marché libre et fortement intégrée à l'économie mondiale. Avec le soutien de l'université de Rennes
Van Raemdonck Dan ; Detaille Marie ; Meinertzhagen
Ceci n'est pas une grammaire. Quoique. N'est-il pas présomptueux de vouloir rajouter une grammaire à la grammaire ? Cependant, les enseignants que nous rencontrons depuis plusieurs années maintenant ressentent et pensent la grammaire comme arbitraire et dogmatique, peu systémique. Leur attitude révèle une certaine insécurité face à la matière à enseigner. D'où la démarche entreprise de rédiger un référentiel grammatical à leur usage. Plutôt qu'une parole dogmatique, nous proposons un chemin progressif d'acquisition, comme en spirale. L'appropriabilité du discours grammatical dépend, selon nous, de la réinstauration du sens. En effet, si le savoir a du sens pour l'apprenant, si le système présenté est organisé de manière cohérente et ne se réduit pas à une classification ou à un étiquetage décalés de l'usage et de la construction/interprétation de la signification, la grammaire, qui n'est dès lors plus orthocentrée, apparaitra plus en phase avec la langue telle que l'exploitent les divers usagers. Elle ne sera plus vue comme un discours abstrait et inappropriable car inadapté. Dans cette perspective, nous avons interrogé le savoir à transmettre, révisé le discours sur la langue afin de nous assurer de sa justesse – celui-ci ayant trop souvent été constitué en savoir presque en soi –, de sa cohérence et de son appropriabilité, et proposé une " linguistique applicable ".
Directeur de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, Commissaire au plan, plusieurs fois ministre, mais aussi directeur général du marché intérieur à Bruxelles à trente-trois ans et premier président français de la Commission européenne, François-Xavier Ortoli (1925-2007) représente une personnalité profondément originale au sein des élites politiques françaises de la deuxième moitié du XXe siècle. Après avoir combattu les Japonais en Indochine - son pays de jeunesse - en 1944 et 1945, il promeut l'ouverture internationale et la modernisation de l'économie française comme jeune fonctionnaire au ministère des Finances, puis à la Commission européenne entre 1958 et 1961. La France, l'Europe, le monde sont dès lors au coeur de ses préoccupations et de son action, tant auprès de Georges Pompidou jusqu'en 1972, qu'à la Commission européenne jusqu'en 1984, ou à travers des canaux institutionnels multiples par la suite. C'est Ortoli lui-même qui parle dans le présent ouvrage où transparaît son goût pour l'analyse prospective. Les textes ici réunis rendent compte de la dimension spécifiquement européenne de sa pensée. Prises de position publiques, notes de réflexion ou de travail mais aussi correspondances révèlent le fonctionnement interne de la Commission ou mettent en avant des initiatives longtemps ignorées d'Ortoli comme Commissaire européen.
Au-delà des deux dates charnières de 1973 et 1979, il importe de considérer les évolutions qui ont touché l'Europe de l'ouest comme des mutations nécessaires dans un monde de moins en moins bipolaire. A travers ses épreuves et ses hésitations, la Communauté européenne construit malgré tout un parcours original dans le domaine énergétique. Consciente de ses faiblesses, elle n'a pas toutes les armes pour dépasser ses contradictions. Mais la période 1960/1980 lui permet au moins de poser les bases de solutions adaptées aux réalités du Vieux Continent.