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Cadence. Essai autobiographique
Drillon Jacques
GALLIMARD
23,50 €
Épuisé
EAN :9782072818608
Il ne faudrait pas trop médire de l'hypocrisie. Si tous les êtres humains portaient leur âme sur leur visage, à quelles horreurs ne serions-nous pas exposés ! Que de faces répugnantes, gangrenées, pourries ! L'idéal serait qu'aujourd'hui soit comme hier, et que les journées s'enchaînent, délicieusement égales : que rien ne bouge, que rien ne change ; que la vie soit comme une toile de Vermeer, tranquille et stable à jamais : on y fait son courrier, on y brode avec le plus grand soin, on y cuisine en ne forçant surtout pas sur le lait, on y joue du clavecin, on étudie l'astronomie et la philosophie, on pèse le pour et le contre, on bavarde avec de beaux soldats qui racontent leurs campagnes, on s'assoupit. On reste bien caché, à l'intérieur de l'intérieur, à côté de la fenêtre qui ne laisse rien passer du dehors, si ce n'est la merveilleuse lumière. Au lieu de quoi aujourd'hui est pire qu'hier. Et l'on bénit les masques qui ne changent jamais". Jacques Drillon.
Résumé : "Le "Pauvre Lélian" est mort il y a cent ans, le 8 janvier 1896, rue Descartes à Paris. Les journaux de l'époque, les revues, les Correspondances, les Mémoires, sont pleins de cette disparition, de cette absence soudaine. Nous avons recherché ces documents, hélas trop nombreux pour être tous cités, nous les avons choisis, classés, annotés, avec un sentiment continu d'émerveillement. Quels talents ! Voici Zola, Barrès, Montesquiou, Tailhade, Proust, Bloy, Valéry, Mallarmé, au bord de la tombe fraîchement creusée de Paul Verlaine, prince des poètes". Jacques Drillon.
En dépit de ses dénégations, le claveciniste et chef d'orchestre Gustav Leonhardt est plus qu'un simple exécutant, et plus qu'un interprète, ce qui est déjà moins simple. Il a fait entrer dans l'art de jouer la musique une qualité qu'on ne reconnaissait qu'aux créateurs, et qui chez lui se fait vertu cardinale: l'élégance. Ce n'est pas tout: alors que l'esprit du baroque s'était perdu dans le romantisme et l'artistiquement correct, et que le fil susceptible de nous relier aux anciennes pratiques était rompu, il a su, par la culture, l'exigence intellectuelle et la sensibilité, retrouver toute une époque et toute une esthétique; ranimer ce que l'académisme avait tué; fonder tout de nouveau une tradition - comme si cet artiste, né en 1928, était jeune de trois siècles. Un portrait enrichi d'entretiens, une analyse, un fonds biographique, un essai. Tel est ce livre, le premier jamais consacré à l'un des musiciens véritablement exemplaires d'aujourd'hui.
Tout est affaire de lieu: une cuisine, un couloir, une caged'escalier, un bureau ne portent pas la même charge érotique,ne font pas naître les mêmes histoires. Sept pièces font septatmosphères. Mais ces tons divers, ces formes littérairesdiverses (dialogues, portraits, nouvelles, inventaires, lettres,récit dans le récit) sont moins des décors dissemblables pourune scène unique et toujours revécue qu'un point de vuerenouvelé sur un rapport humain toujours changeant. Ils ont encommun d'opposer clairement le très sophistiqué et le trèshard, et sont des objets littéraires d'autant plus obscènes dansla position que précieux dans le drapé. La visite de ces lieuxest rythmée par des gravures érotiques de la Renaissanceitalienne d'Augustin Carrache (1557-1602), qui ont pouravantage, parce qu'elles réconcilient aussi le pornographiqueet l'académique, de tirer définitivement le texte du côtélittéraire, d'effacer le moindre doute sur sa nature raffinée,mais sans rien lui ôter de son caractère troublant.
Résumé : Mozart passe sa vie en ballon. Les peupliers sont agités par le vent, les nuages défilent à toute vitesse. Mozart lâche du lest. Il monte vers le ciel. Bientôt, il ne voit plus ni les arbres ni les routes, ni même les maisons, que hantent les hommes et les rats. Mozart lâche encore du lest. Il s'élève au-dessus des nuages. Trop de matière encore, se dit-il. Il précipite tout ce qu'il possède pardessus bord, ses vêtements, ses chaussures. Il ne lui reste que sa nacelle, son ballon. Il les jette aussi.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.