Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le Visiteur de hasard
Drevet Patrick
GALLIMARD
13,80 €
Épuisé
EAN :9782070710591
Il suffit d'un échange de regards, d'un silence prolongé, d'une suspension du temps pour que l'équilibre fragile d'un homme soit rompu. Dans ce roman, le trouble qu'un élève conscient de sa beauté fait naître chez son professeur se transforme en obsession. Aucune parole, aucun geste n'aura, semble-t-il, le pouvoir de satisfaire le désir. Marié et père d'un petit garçon, le narrateur relate les étapes de l'aventure qui lui arrive, creuse jusqu'à leur terme les mystères de la patience, rapporte avec une rare force de conviction le fruit de ses observations. Cependant l'élève, jeune homme comme égaré mais ambigu et peut-être pervers, se transforme peu à peu en maître de son maître. Analysant avec minutie la progression de l'amour entre deux êtres réunis par le hasard dans une situation sociale qui suscite et interdit en même temps l'attirance physique, l'auteur du Lieu des passants poursuit sa réflexion sur le regard, sur la sensualité, sur le corps. Sur la vie intérieure aussi, nourrie des sensations et du langage.
Résumé : Que supporte le désir de dire ? Que représente l'acte d'écrire ? A quelle aventure engage le choix d'une parole silencieuse ? Telles sont les questions qui sous-tendent les petites études de ce nouveau recueil. Examinant les origines de l'écriture autant que les circonstances qui l'y ont personnellement conduit, mais aussi sa pratique de la lecture, l'exemple de Julien Gracq et les propriétés d'autres modes d'expression comme le cinéma, l'auteur défend ici une conception existentielle de la littérature, avec un grand souci d'authenticité.
Résumé : En cette retraite du monde qu'est le lieu de l'écriture, le narrateur confesse et analyse l'étrange passion qui l'habite et le condamne à la solitude : le visage et le corps des passants entrevus dans la rue l'obsèdent avec une insistance à tout le moins anormale. Un visage à peine saisi, un dos d'adolescent moulé dans ses jeans, un cou de jeune sportif, une paire de bras obscènes sous un fin tee-shirt, la pliure d'une jambe, les mains d'une serveuse, une physionomie rieuse ou grave, et les yeux qui soudain trahissent en un bref éclair l'inaccessible domaine intérieur, tels sont les spectacles qu'il ramène du coeur des foules dont il paraît être à la fois la victime et le sacrificateur, sorte de moine extasié, assumant toutes les sensibilités, exclu comme pour expier la vie des corps qui passent et chanter dans la solitude, la stupeur et le silence, leur beauté, leur réalité, la profondeur qu'il leur découvre. L'aventure, ici, tient à l'interpénétration progressive de l'écriture et du regard qui entretiennent une attente indéfinie jusqu'à la révélation finale, inéluctable et pourtant étonnante, qui ne clôt pas le livre mais l'ouvre au contraire, le suspend sur l'au-delà de ce qui n'a été encore que littérature. Un texte plein de flammes, forgé par le désespoir et qui témoigne d'un art halluciné.
Résumé : Dans ses gorges encaissées en amont de Saint-Claude, le lit de la Bienne ralentie forme un de ces bassins d'eau profonde que l'on nomme des gours. Ce lieu exerce sur les adolescents du pays une attraction irrésistible ainsi que, par ricochet, sur les enfants qui les voient s'y rendre. Le narrateur se remémore l'une des expéditions qu'en compagnie d'un camarade complice il lui arrivait d'entreprendre en direction du Gour des Abeilles, sollicité autant peut-être par le nom subtilement évocateur de ce lieu pour lui interdit que par le spectacle qu'il s'attendait à y découvrir. Cette lente remontée de la rivière, évoquée avec l'acuité extrême que l'angoisse du désir confère aux sens, devient une véritable quête, modèle de toute errance, de toute intrigue, de toute aventure. La chair peut se faire légende une fois qu'elle est filtrée par la mémoire. Le narrateur de cette enfance passée entre ciel et montagne garde en lui, intacts, enrichis par l'expérience de la vie, ses rêves et ses désirs. Et si le Gour des Abeilles se révèle, comme il se doit, un leurre, la vision à laquelle le cheminement vers lui donne lieu sur l'eau et les rochers, sur les feuillages et le silence, sur les insectes et la lumière, les jeunes filles imaginées au milieu des éclaboussures du courant, les jeunes hommes aux beautés graciles et lumineuses surpris dans l'écartement des buissons permettent à l'écrivain de nous donner aujourd'hui une de ses oeuvres les plus méditatives et les plus enchantées.
Résumé : " On évoque un sourire, on ne peut l'expliciter. Il échappe aux commentaires autant qu'à la saisie dans les traits : où est-il ? Dans l'incurvation des lèvres ? Dans l'irradiation de la pupille ? Dans le pincement des paupières ? Dans l'étirement de la peau vers les tempes ? Dans les fossettes qui se creusent aux commissures ? On le perçoit mais il est difficile de le localiser. Ce qu'on voit n'en est jamais que l'effet. En soi, le sourire se dérobe toujours. Il n'a de mode d'être que celui d'un souffle. "
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.