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Escales
Dourguin Claude
CHAMP VALLON
15,00 €
Épuisé
EAN :9782876733244
L'escale, sa respiration mesurée entre deux points du temps : l'arrivée et le départ. J'aime cette patrie brève du voyageur. Car il s'agit bien de vivre, d'habiter ici, d'avoir ses habitudes - ses chambres, ses cafés, ses promenades, ses rues, ses magasins et ses marchés. Chez moi à Manhattan, sur les bords de la Liffey ou dans Spaccanapoli, je sais aussi devoir partir un jour Escales : des séjours qui ne sont que des passages. Cet ici qui revigore, dispense ses vertus, il faudra l'abandonner. Quitter. Et les liens sont plus forts de se nouer sans arrière-pensée, délestés d'avenir - les lendemains seront tranchés, ou bien ils viendront imprévisibles, impromptus et tout sera à recommencer : même faim et d'autres rencontres - " la vie immédiate ".
Résumé : Le Donegal, Ouessant, les Scilly, Brest ou Alesund... Voici un livre de mer, voué à quelques-uns de ses rivages, évocateur de ports, d'îles, de périples et d'horizons contemplés. Dans le vent, les changeantes lumières, les odeurs, le goût du départ se lie à l'appel des paysages. Mais cet ailleurs, cette énigme que promettent les horizons marins, le sens profond des lieux - leur vérité peut-être -, la peinture, seule, a vocation et pouvoir de l'explorer, de les révéler : voici un livre hanté par les peintres, qui va, comme son auteur des Lofoten à Boudin ou à de Staël, de rives en tableaux.
Essai littéraire dans lequel Claude Dourguin en lectrice attentive et complice de Stendhal cartographie avec alacrité la Stendhalie. Ce livre qui ne prétend pas ajouter quoi que ce soit aux innombrables études savantes consacrées à Stendhal offre une rencontre chaleureuse avec l 'homme, son oeuvre et son style. L'essai est organisé selon une série d'entrées thématiques : le plaisir d'écrire, les goûts littéraires, les paysages et la nature, la dilection pour l' Italie "vraie patrie" et la musique. On entend dans ces pages, grâce aux nombreuses citations, la propre voix de Stendhal.
Au fil des jours, dans des registres variés, des événements, des rencontres adviennent, des présences surgissent. Termes de propos, d'écrits, de musique, d'images ; simples moments et leurs inflexions, travaux, instances de paysages aussi bien. Des figures, des manières de se tenir ici, des situations parfois. Insoucieuse de hiérarchie pour avoir choisi la continuité du monde et affirmé la pluralité heureuse des univers, une sensibilité toute partiale dans son attention les surprend, les reçoit, les considère : l'activité d'écriture n'imagine pas de faire sécession. Ce sont nos points de feu.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.