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Quand la peinture se joue des portes... Sur des oeuvres de Degas, Fragonard, Salviati et Vallotton
Dor Edouard
MICHEL DE MAULE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782876235199
Dans toute l'histoire de la peinture de Masaccio à Matisse, de Vermeer à Vuillard, les artistes ont joué avec les portes, à la symbolique manifeste et mystérieuse. La porte qui sépare deux endroits, deux univers, deux mondes (la réalité et le rêve, la vie et la mort, etc.), qui les isole, mais qui, dans le même temps, est le lieu de passage de l'un à l'autre et dont le seuil découpe le temps: l'avant et l'après son franchissement. Bref, la porte est intimement liée à notre vie, elle en sépare le côté privé de son aspect public. On comprend dès lors l'importance que peut prendre sa représentation dans un tableau, qu'elle soit inconsciente ou parfaitement réfléchie. En analysant des oeuvres de Degas, Fragonard, Salviati et Vallotton, l'auteur fait voir le rôle de ces portes que l'on distingue souvent mal dans les compositions, mais qui sont essentielles à leur compréhension, à chaque fois au coeur d'un affrontement homme-femme. Comme si les artistes voulaient souligner, par le battement d'une porte, le côté éphémère et l'inconstance des relations entre les deux sexes. Comme s'ils renvoyaient brutalement chacun d'entre nous, à son incommensurable solitude à l'image de ce qu'Adam et Eve ont dû ressentir lorsque s'est refermée sur leurs talons la première des portes, celle du Paradis.
Georges Braque a peint plus de soixante tableaux ayant pour sujet des barques entre 1928 (date à laquelle il se fait construire un atelier en Normandie et reprend la peinture de paysage abandonnée dix-sept ans plus tôt) et 1960, trois ans avant sa mort. Ce thème va initier une nouvelle série dans son oeuvre, une série "à part", tant par sa diversité et sa richesse que par son rythme et sa durée. Braque représente ses barques hors de toute présence humaine, le plus souvent échouées au pied des falaises crayeuses de la Côte d'Albâtre, devant des mers sombres et sous des ciels d'orage. Difficile de ne pas imaginer qu'en peignant ainsi ces esquifs fragiles et solitaires au bord de la nuit, l'artiste n'ait pas pensé au "grand passage", celui qui conduit là d'où l'on ne revient pas, et ne nous ait pas laissé quelque message. Très peu de choses ont, à ce jour, été écrites sur ce thème dans l'oeuvre de Georges Braque. Cet essai, publié à l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de l'artiste, en constitue une première tentative.
Pourquoi, dans un petit tableau de Véronèse, un cheval voyeur, bloqué dans un escalier, passe t il sa grosse tête dans l'encadrement d'une porte et jette t il un regard lourd sur les ébats amoureux de Mars et Vénus? Pourquoi une courtisane, peinte par Manet, allongée nue sur son lit, avec pour seuls atours un fin ruban de velours autour du cou, nous fixe t elle avec provocation, tandis qu'à ses pieds un chat au poil hérissé dresse sa queue en point d'interrogation? Pourquoi Matisse, le chantre de la couleur et de la joie de vivre, a t il représenté une porte fenêtre ouvrant sur un vide dont la noire profondeur est pétrie d'angoisse? Pourquoi ces trois artistes semblent ils avoir hésité à montrer précisément ces trois ?uvres? Et pourquoi celles ci nous troublent elles? Ne serait ce pas parce qu'elles dégagent, pour des raisons différentes, un même sentiment "d'inquiétante étrangeté"?
Pendant des années, il s?enfermait seul dans des églises de Florence pour en peindre les murs. Il parlait peu, ne s?intéressait guère au monde, ne recherchait aucun honneur. Raphaël lui prédisait le plus grand avenir. Michel-Ange le considérait comme son héritier. Vasari disait de lui qu?il atteignait «la perfection», mais aussi qu?il avait «un cerveau bizarre». Il est tombé dans l?oubli pendant près de quatre siècles... jusqu?à ce beau matind?automne de 1912 où un rayon de soleil traversant la nef d?une église de Florence permit à un historien d?art américain, venu là à tout hasard, d?avoir le choc de sa vie devant le retable d?une petite chapelle oubliée parce que le plus souvent dans l?obscurité. Ce tableau, la Déposition, est de Jacopo Pontormo (1494-1556). Il allait contribuer à marquer la fin de la Renaissance italienne et l?émergence de «l?art pour l?art ». Le mystère de sa composition et la mélancolie qui s?en dégage n?ont cessé de susciter études, analyses et commentaires, souvent divergents, parfois contradictoires, toujours passionnés. À travers une enquête méthodique, vivante et illustrée, l?auteur propose une lecture nouvelle et totalement originale de ce tableau.
Qui sont ces deux Vénitiennes et que font-elles sur cette terrasse ? On sait que ce panneau, peint par Vittore Carpaccio au 15e siècle, a été considéré comme "le plus beau tableau du monde" . On sait aussi que cette peinture n'est, en fait, que l'un des morceaux d'une composition beaucoup plus grande, dont on a retrouvé au 20e siècle l'une des autres parties… en Californie ! Mais ce tableau reste malgré tout un grand mystère. L'auteur imagine ce que pouvait être cette uvre dans son ensemble. Il en propose un "décodage" qui conduit à une interprétation séduisante et troublante, donnant à la femme un rôle inattendu dans notre monde, et trouve à celle-ci des échos dans deux tableaux plus récents de Gustave Caillebotte et d'Edward Hopper.
Les Habsbourg, originaires de l'actuel canton suisse d'Argovie et maison régnante en Espagne durant presque deux siècles (1517-1700), attribuèrent toujours beaucoup d'importance aux mariages des femmes de leur famille, les "Autrichiennes", comme moyen d'extension et de consolidation de leurs territoires. Ces reines ou princesses espagnoles et françaises, surent accomplir leur obligation en l'honneur d'une haute mission dynastique. Dans la majorité des cas, le prix à payer fut celui de leur bonheur personnel...Catharina de Habsbourg retrace la vie de dix de ces femmes, depuis l'exceptionnel point de vue que lui concède le fait de partager les mêmes origines familiales de: Marguerite, épouse de l'insatisfait Don Juan, à Marie-Anne, défenderesse forcenée des prérogatives de son fils Charles II; de Catherine, enfermée toute son enfance à côté de sa mère Jeanne La Folle et devenue reine du Portugal, à Isabelle Claire Eugénie et Catherine Michelle, l'une souveraine des Pays-Bas et l'autre duchesse de Savoie; à Jeanne, régente d'Espagne et fondatrice de monastères, à la reine de Castille, Anne, épouse aimée et mère sacrifiée. D'Anne Mauricie, épouse de Louis XIII, reine de France, régente courageuse et mère du grand Louis XIV, à Marie-Antoinette, reine de France, à l'enfance brisée et au destin cruel. Et enfin à Marie-Christine, épouse malheureuse d'Alphonse XII.Catharina de Habsbourg nous amène ainsi à découvrir ces femmes dans toute leur dimension humaine - des femmes qui, malgré le fait d'être nées à une époque où leur mariage était une pièce du jeu d'échec joué par les hommes, firent preuve d'un courage spécifique aussi bien dans leurs convictions morales que dans leur conduite politique.
Dos Passos John ; Freeman Marc ; Astre Georges-Alb
Et en Amérique, ça leur plaît la guerre? Ils ignorent ce quec'est. Ils sont comme des enfants. Ils croient tout ce qu'on leurraconte; ils n'ont aucune expérience des affairesinternationales, comme vous, les Européens. A mon sens,notre entrée dans la guerre est une vraie tragédie." Paru pour lapremière fois à Londres, au lendemain de la guerre de 1914-1918, ce roman raconte comment l'auteur, frais émoulu deHarvard, découvre, en s'engageant comme ambulancier sur lefront français, les horreurs de la Grande Guerre. L'initiation deMartin Howe, le double transparent de John Dos Passos, sefait à travers l'absurdité des rapports humains, mais aussi àtravers la poésie furtive d'un Paris nocturne, d'une provincefrançaise inhabituelle, telle que seul le regard d'un grandromancier et d'un Américain pouvait la saisir. Publié en 1920et traduit en 1925, ce premier récit de l'auteur de ManhattanTransfer n'avait jamais été republié. Il est précédé de préfacesinédites de Dos Passos et de Georges-Albert Astre et illustréde dessins de l'auteur.
Parce qu'elle ne sait presque rien de son père, Matteo, un immigré italien arrivé en France dans les années 1930, la narratrice tente de réinventer son parcours, de son départ d'Italie, dont elle ignore les causes, à son arrivée en France, dont elle ignore les modalités exactes. Ce qu'elle sait en revanche, c'est que son père est mort dans les années 1970 et qu'il est demeuré toute sa vie ouvrier en banlieue parisienne, dans l'usine de sa soeur et de son beau frère. Pour s'aider dans cette investigation imaginaire, elle s'imprègne du destin des immigrés qu'elle rencontre de nos jours en Europe, à Calais, à Lampedusa ou aux îles Canaries. Ce texte chemine ainsi dans des temporalités différentes, entre passé (avant guerre, Seconde Guerre mondiale, années 1950) et présent, entre destins pluriels et destin singulier. Il dit l'exploitation, l'ingratitude et l'humiliation, mais aussi les trouées de soleil et de bonheur, le plaisir de la danse, les vacances en Bretagne... Ce faisant, l'auteur nous offre une belle méditation sur l'exil, l'identité, la mémoire et la transmission, sur le jeu social, le courage et la lâcheté, sur la conjugaison, enfin, de l'Histoire collective et de l'histoire singulière. Biographie de l'auteur Martine Storti a été professeur de philosophie puis journaliste à Libération. Elle est aujourd'hui Inspectrice générale de l'Education nationale. Elle a déjà publié Un chagrin politique (L'Harmattan, 1995), Cahiers du Kosovo (Textuel, 2001), 32 jours de mai (roman, Le bord de l'eau, 2006).
Van Gogh par lui-même ; plus précisément, par l'intercession de Karin Müller travestie en narrateur de la vie du peintre. L'auteur nous dit tout de son enfance solitaire, de sa famille nombreuse, de son père pasteur, de sa courte carrière de marchand de tableaux, de son exaltation mystique, de ses multiples déboires sentimentaux, de son amitié avec Toulouse-Lautrec, de celle, orageuse, avec Paul Gauguin et de son affection pour le seul véritable ami et soutien, son petit frère Théo avec lequel il entretint une correspondance exceptionnelle. Et surtout de sa peinture, comme unique compagne. "Non, Van Gogh n'était pas fou", écrivait Artaud, seulement son double désespéré de solitude. Dans sa préface, David Haziot souligne que décrire une qualité humaine chez Van Gogh "est une chose, la faire vivre et sentir en est une autre que réussit Karin Müller dans son texte météorique, comme le fut la trajectoire de Vincent. Le recours à ce présent de l'indicatif à la première personne, en des phrases au rythme haletant qui signalent chacune un fait nouveau de la vie du peintre, nous restitue un jaillissement perpétuel de vie, et nous impose une voix qui attend son comédien, mais que nous percevons dans sa justesse à la lecture. Et ça marche !".