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Traité de banalistique
Domecq Jean-Philippe
1001 NUITS
17,95 €
Épuisé
EAN :9782842058449
Le Rien, je l'ai vu à ma petite échelle lorsque plus rien, plus rien ne m'a paru banal. Plus rien de ce que je trouvais tel auparavant. Ce n'était pas la plénitude pour autant, non c'était beaucoup trop tremblé pour cela, surtout pas assuré. Alors, s'il m'est permis de nie prendre pour support d'expérience, j'ai Constaté qu'une tranquille avidité résulte chaque luis de notre redécouverte ahurie d'une parcelle dit monde. on n'appréhende jamais mieux que dans l'inquiétude. Inquiet, on est prêt à tout capter, d'où que ça vienne, surtout de là où on ne l'attend pas, on éprouve la jubilation de l'étonnement. Devant un bâtiment, un paysage, un intime détail. De banalité apparente. Car tout se joue dans l'apparent, évidemment. Le banal n'est pas, il paraît tel. Il est verbalement étiqueté" banal ". Un a priori hérité nous lait penser que tel objet, tel lieu, tel comportement est banal, et le regard glisse dessus, nous passons à autre chose. C'est apparemment que ceci nous semble banal et cela non. Donc ceci, qui nous semblait banal, peut ne plus nous le sembler. Tout dépend de notre regard, constatais-je. Le banal n'est pas dans la masse du réel, il n'est que dans notre tête, dans la masse des préconceptions et préjugés dont elle est farcie et en vertu desquels nous regardons là ci pas ailleurs. C'est pourquoi cette petite affaire de banal, anodine s'il en est, m'a paru engager jusqu'à la pensée et la conception que l'on s'en fait. Jusqu'à la pensée de notre pensée, autrement dit." Dans les années 1970, à la suite des promenades surréalistes et des dérives situationnistes, Jean-Philippe Domecq invente une nouvelle discipline du regard, la banalyse. Un dépôt Pernod, une usine désaffectée, des maisons abandonnées, sa chambre, des couloirs - lieux d'une uniformité à couper le souffle -, tout est bon pour l'exercice qui lui offre des expériences toujours troublantes. Il en naît des textes poétiques, souvent drôles, que le romancier et critique littéraire rassemble dans ce Traité de banalistique.
Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée ; dont le propre fils de l'auteur. Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d'une oeuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l'émotion considérable qui s'est répandue à l'annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu'auprès de gens qui ne l'avaient jamais lue ni entendue. Ce récit de chagrin livre le portrait d'une femme exceptionnelle, en même temps qu'il médite sur les rapports père-fils, l'origine du sacré et l'aura d'un être qui avait "la passion de l'amitié".
Si l'on en croit ce qui nous est dit en France de la littérature française contemporaine, celle-ci est plus vivace que jamais. Est-il permis de douter des "nouveaux Balzac et Dante" qui se vendent mille fois mieux que leurs glorieux devanciers en leur temps? de leur qualité tant médiatisée? en premier lieu, dans les pages littéraires des plus prestigieux journaux? Ce devrait l'être. D'en discuter? Difficilement, très difficilement...Qui ose débattre de la valeur des livres encensés se marginalise, mais qui ose s'attaquer aux choix idéologiques et partis pris esthétiques de la critique littéraire française s'expose à la cabale. En publiant un article consacré à la rentrée 1992 dans la revue Esprit, Jean-Philippe Domecq en fit l'expérience cuisante. Son texte fut l'objet d'un étouffement immédiat, suivi d'une véritable censure. Dix ans après, il est enfin temps de rompre d'une voix discordante le concert unanimiste et d'inciter à lire de la littérature. Car celle-ci continue de s'écrire. Dans le monde. Pas - vraiment - lue, pas offerte au public, oblitérée par la peur de cette chair vive. Pourtant, plus que jamais, il importe d'en rappeler les enjeux fondamentaux, enjeux au regard du temps qui passe et qui dépasse, narcissisme des auteurs, enjeux pour ce que la littérature nous a toujours révélé et nous révèlera de l'amour et du désir, enjeux d'exigence aussi. Enjeux auxquels la critique française peut s'ouvrir à nouveau.
Qui sait si Bonnard ne parlera pas plus aux générations futures que son ami Matisse, aujourd'hui plus célèbre car plus expérimentateur,mais moins subtil? Qui sait si Les Demoiselles d'Avignon de Picasso, dans leur audace, ne touchent pas moins juste que la statuaire africaine dont il s'est inspiré? Combien plus saisissantes sont les déformations opérées par le même Picasso dans ses oeuvres érotiques. Et plus plastiques encore celles de Bellmer. Et les collages de Max Ernst, moins formalistes que ceux des cubistes. Qui sait si Magritte, en peignant platement, n'est pas allé plusloin dans l'art philosophique que les artistes conceptuels, qui ont refusé la peinture jugée trop traditionnelle? Et le ready-made était-il si riche d'avenir, quand Duchamp résolvait les problèmes qu'il a posés dès L'Urinoir? Qui sait si Rothko, de Staël et Pollock, en plongeant éperdument dans le "grand vide blanc" où s'étaient lancés les pionniersde l'abstraction, n'ont pas été emportés avec elle?Dans quelle mesure, et comme jamais, l'art occidental au XXe siècle aura-t-il été bouleversé par la part autre? Arts de l'Afrique, de l'Orient; art des premiers âges, depuis Lascaux; "art des fous"; et cette part autre de l'inconscient dont la découverte a permis d'explorer, comme jamais là encore, le continent du désir. Tels sont quelques-uns des points de vue et réévaluations que propose ce livre, en vertu de la plus ou moins forte intensité des oeuvres et d'une critique d'art qui souhaite dépasser toutdiscours normatif. Pour ouvrir à une histoire de l'art du XXe siècle qui, apparemment écrite, est loin de l'être. Sans totems ni tabous. Biographie de l'auteur Jean-Philippe Domecq a notamment publié des romans: Antichambre (Quai Voltaire, 1991; Fayard, 2004), L'Ombre de ta peau (Fayard, 2001); des essais: Qui a peur de la Littérature?, Grand Prix de la critique du PEN Club (Mille et une nuits, 2002), Traité de banalistique (Mille et une nuits, 2004), Artistes sans art? (Éditions Esprit, 1994) et Misère de l'art. Essai sur le dernier demi-siècle de création (Calmann-Lévy, 1999).
Résumé : La légende fait de Modigliani un peintre maudit, pauvre, incompris, caractériel, ravagé par le tourment, l'alcool et les drogues. Un être désespéré qui se serait suicidé par négligence. Pour la première fois, ses lettres se trouvent réunies. Les lire ensemble, les mettre en rapport permet de découvrir un autre Modigliani. Un artiste joyeux, travailleur, animé d'une discrète mais solide foi en ses moyens, qui sait qu'il trace sa voie, et que cette voie est nouvelle.
Lorsqu'en 1855 Hippolyte Taine (1828-1893) lit, retraduit partiellement et résume l'Anabase, il fait de ce récit le premier reportage de guerre et s'enthousiasme : "Rien de plus curieux que cette armée grecque, république voyageuse qui délibère et qui agit, qui combat et qui vote, sorte d'Athènes errante au milieu de l'Asie." Au IVe siècle avant J.-C., l'expédition des Dix Mille, ces mercenaires grecs partis pour Babylone et y mettre sur le trône de l'Empire perse Cyrus, bientôt contraints de retraverser l'Asie dans l'autre sens après avoir perdu leur chef lors de la bataille de Counaxa, ressemblait-elle à cela? Taine nous donne à lire une formidable histoire abrégée qui déjà crée une vision mythique. Celle-ci n'a pas peu contribué à relancer l'intérêt pour Xénophon et l'Anabase.
Mille et une facéties, pensées et humeurs de Boris Vian, mille et une merveilleuses conneries que l'écrivain, chanteur, inventeur, musicien, poète, trompettiste a dites ou écrites, directement ou au travers de ses personnages. Une lecture jubilatoire et inépuisable, où s'expriment aussi bien la fantaisie que la sagacité de Boris Vian.
Après Stirner, Proudhon et Bakounine, Pierre Kropotkine poursuit le grand rêve libertaire: ce prince russe devenu géographe de renom se fait le généalogiste d'une morale anarchiste qui dénonce les fausses morales imposées depuis des lustres par "le prêtre, le juge, le gouvernant". Avec La Morale anarchiste (1889), livre virulent et raisonné, il montre que seul l'instinct d'entraide est le dépositaire des valeurs humaines à construire.
La lecture n'a pas toujours été une activité solitaire : elle s'est longtemps pratiquée à voix haute, de manière collective, et, partagée dans les salons ou les jardins, fut un élément majeur de la sociabilité. La lecture est une rencontre : entre un lecteur, un texte et un auteur ; mais aussi entre plusieurs lecteurs qui confrontent leurs interprétations. La frontière entre l'écrit et l'oral s'estompe : la lecture vocalise le texte écrit et le prolonge par la conversation, voire la relation amoureuse. Cette anthologie regroupe une soixantaine de textes (très connus comme rares, français et étrangers) illustrant les différentes manières de lire : les rapports à l'objet-livre, à l'activité de lecture (rêverie, réflexion, méditation...) et au corps du lecteur. Car le plaisir de lire n'est pas seulement intellectuel mais aussi sensuel. On passe progressivement d'une lecture sacrée à une lecture profane, et d'une lecture édifiante à une lecture dangereuse — celle des romans, longtemps accusés de favoriser le vice de la curiosité. A l'heure où la lecture subit de profondes mutations, ces textes sont autant de témoignages d'une activité qui traverse les siècles et questionne notre rapport à la tradition et à l'altérité.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.
Entre le monde cristallin de la féerie et les dérèglements de la science-fiction s'étend un territoire brumeux, crépusculaire, aux reliefs dangereux et aux frontières incertaines, où le voyageur risque fort de se perdre... Fondé sur l'irruption du surnaturel dans la réalité, le fantastique manipule, choque, voire terrifie le lecteur à travers un récit tendu, comme une corde raide, vers une issue aux allures de précipice. Contrairement au merveilleux, où le surnaturel va de soi, et à l'étrange, qui s'explique, le texte fantastique reste une énigme. Pour quelles raisons le lecteur cherche-t-il à tout prix à ressentir le frisson de l'effroi ? Doit-on perdre nos repères pour mieux comprendre la réalité qui nous entoure ? Ou s'agit-il d'explorer les zones les plus secrètes de notre inconscient ? Démon, vampire, spectre... Derrière la peur de l'Autre, n'est-ce pas moi, en fin de compte, que je reconnais ?
Le roi Salomon suppliait l'Eternel de lui accorder un coeur intelligent. Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une senti-mentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond: à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres:"La Plaisanterie"de Milan Kundera,"Tout passe"de Vassili Grossman,"Histoire d'un Allemand"de Sebastian Haffner,"Le Premier Homme"d'Albert Camus,"La Tache"de Philip Roth,"Lord Jim"de Joseph Conrad,"Les Carnets du sous-sol"de Fédor Dostoïevski,"Washington Square"de Henry James et"Le Festin de Babette"de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde". Alain Finkielkraut.