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Le territoire du rien. Ou la contre-révolution patrimonialiste
Dollé Jean-Paul
LEO SCHEER
18,00 €
Épuisé
EAN :9782849380420
Notre époque est celle de la domination marchande sur le monde entier. Plutôt que le " nouvel ordre mondial " que prophétisaient certains, c'est un état de guerre permanent que nous subissons, tout entier régi par la production-reproduction des marchandises, dont l'obtention est censée procurer " plus de jouir ", mais dont la consommation répétée ne procure qu'insatisfaction et violence. Notre temps est celui d'une course perpétuelle vers un nouveau toujours rattrapé par un présent qui s'efface au moment même où il se présente. Notre espace est celui d'une urbanisation généralisée qui gomme peu à peu les traces d'urbanité que la succession des générations de citadins y avait déposées. Il n'offre comme perspective que le choix entre la muséification des " villes historiques " et l'extension des zones désignées par antiphrase " villes diffuses ", anti-villes fabriquées plutôt que construites. Face à cet espace-temps du nihilisme, il est urgent d'inventer une politique de l'événement, c'est-à-dire d'affirmer un désir d'agir avec les autres pour ouvrir le champ du possible et interrompre la répétition immuable du temps de la servitude.
Nulle part mieux que dans l'immobilier ne se montre cette transmutation métaphysique qui transforme la chose en produit. En effet, pour que l'immobilier devienne une activité hautement rentable, il faut qu'au préalable se modifie radicalement la conception que les mortels se font de l'essence de l'espace et changent en conséquence leur manière d'habiter sur terre et de construire leur habitat." La question de la propriété, celle de la maison en particulier, cristallise des déterminations très puissantes, en lien étroit avec l'histoire du capitalisme. Quand la réappropriation de son corps permit historiquement de s'arracher au servage dans les sociétés traditionnelles d'Europe, la propriété de sa maison constitua quant à elle le premier rempart contre la brutalité de la société de la conquête américaine. Aussi la récente crise des subprimes et les multiples expropriations auxquelles elle a donné lieu démontrent-elles, selon Jean-Paul Dollé, le fait suivant le capitalisme rend le monde inhabitable.
Quatre schizophrènes aux frontières de la raison humaine se côtoient, se frôlent, s'évitent entre les couloirs de l'hôpital et leurs froids appartements thérapeutiques. Prisonniers de leurs hallucinations, captifs de leur monde intérieur, ils se montrent aussi capables d'une étonnante fraternité, d'une frappante lucidité, parfois même d'amour. C'est à la lumière de témoignages réels recueillis par la jeune psychologue Margot Morgiève entre 2006 et 2008 que cette pièce de théâtre a été écrite. C'est une immersion, une plongée au coeur de la folie que l'auteur a effectuée pour en rapporter ces éclairs de pensée, ces fulgurances foudroyantes, ces délires qui clouent sur place.
Le Myope c'est Jean Dartois. Jean Dartois achève son adolescence au moment de la guerre d'Algérie. Il a rencontré dans un bistrot de banlieue Maurice Permanent qui, comme lui, aime bien le vin blanc sec. C'est un maçon communiste qui vend les journaux de son parti avec ses camarades Surfé et Cavignot. Toute une partie du roman traite donc de l'engagement politique de ce jeune bourgeois, de ses réactions devant ce qui lui plaît et le repousse dans le Parti. Apprenant que la torture se pratique en Algérie, il est scandalisé que les communistes ne s'insurgent pas plus violemment contre cette pratique qu'il considère comme le déshonneur suprême de son pays. Il s'exile. Quand il reviendra il rencontrera Dominique et le roman s'achève par la vie commençante du couple. Un tel résumé ne donne pas une idée du ton du livre. Ton, tour à tour réaliste, lyrique et plein d'une naïve tendresse. Réaliste quand il nous décrit la vie de ces militants de base qui s'expriment dans une langue populaire très savoureuse. Réaliste quand nous assistons au déjeuner dominical chez le papa Cavignot ou à la vente des journaux devant la bouche de métro, poétique comme une chanson des rues quand il nous peint l'idylle entre Brigitte, la fille des Cavignot, et Jean, idylle qui ne se transformera pas chez ce dernier en véritable amour et qui laissera la jeune fille blessée. Lyrique quand nous voyons s'éveiller dans un coeur pur et honnête comme celui de Jean la souffrance devant la guerre, la torture, les malheurs de l'homme, ou quand, dans un long retour aux sources à travers la plaine picarde, Jean va assister à l'enterrement de son oncle et médite sur le destin des siens. D'une profonde et touchante humanité enfin, quand, au terme du roman, Jean et Dominique s'essayent à constituer un couple, à se comprendre et à tenter l'aventureuse épreuve de l'amour. Bernard Privat
Ce qui sert de point de départ au présent recueil, ce qui a suscité son existence, n'est pas l'évidence des antisémitismes anciens et nouveaux. C'est un débat de portée plus générale, ou plutôt un débat qui doit être tranché de manière préliminaire, même entre ceux qui s'accordent à ne pas supporter la moindre allusion antisémite. Il s'agit en effet de savoir si le mot "juif" constitue, oui ou non, un signifiant exceptionnel dans le champ général de la discussion intellectuelle publique, exceptionnel au point qu'il serait licite de lui faire jouer le rôle d'un signifiant destinal, voire sacré. On voit bien qu'on n'aborde pas de la même façon le processus d'éradication des formes de conscience antisémites si l'on pense qu'elles sont essentiellement distinctes de toute autre forme de racialisme discriminatoire, ou si l'on pense que toutes ces formes n'en appellent pas moins des réactions du même type : égalitaires et universalistes. Les textes d'Alain Badiou ici réunis sont suivis, en annexe, de "Signifiant-maître des nouveaux aryens" , de Cécile Winter. enoncer à rien sans déclencher l'alarme.
Résumé : Un cinéphile découvre, sur le tard, l'opéra, sous la seule forme de DVD. Il savait que le cinéma s'est toujours défini par opposition au théâtre ; il découvre que, syntaxe musicale oblige, le cinéma est une gigantesque répétition des procédés de l'opéra. Pendant trois ans, il n'interroge plus son rapport à la seconde vie de l'opéra, le cinéma, qu'à travers le visionnage de plusieurs versions des mêmes opéras, chroniqués pour des magazines réels ou imaginaires. Le présent livre est un florilège de ces chroniques.
En conséquence de graves traumatismes, parfois pour un rien, l'histoire du sujet bifurque et un personnage nouveau, sans précédent, cohabite avec l'ancien. Un personnage méconnaissable, dont le présent ne provient d'aucun passé, dont le futur n'a pas d'avenir. Un monstre dont aucune anomalie génétique ne permet d'expliquer l'apparition. Une improvisation existentielle. De cette impossibilité du retour de l'identité blessée sur elle-même, une forme surgit, née de l'accident, née par accident. Quelle est cette forme? Un visage? Une allure? Un profil psychologique? Et quelle ontologie peut-elle en rendre compte, si l'ontologie est depuis toujours attachée à l'essentiel et reste aveugle à l'aléa des transformations? Quelle histoire de l'être peut-elle expliquer le pouvoir plastique de la destruction, de la tendance explosive de l'existence qui menace secrètement chacun de nous? Poursuivant sa réflexion sur les chocs psychiques et cérébraux, Catherine Malabou nous invite ici à une aventure philosophique et littéraire, où Spinoza, Deleuze, Freud croisent Proust et Duras. Biographie de l'auteur Catherine Malabou enseigne la philosophie à Paris-Ouest Nanterre et à l'Université de New York à Buffalo. Elle a dernièrement publié Les Nouveaux Blessés, de Freud à la neurologie: penser les traumatismes contemporains (Bayard, 2007).