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La Licorne N° 78, 2006 : Les camps et la littérature. Une littérature du XXe siècle, 2e édition revu
Dobbels Daniel ; Moncond'huy Dominique ; Antelme M
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753503069
Dès la libération des camps nazis furent publiés de nombreux textes de rescapés, au point de provoquer une certaine lassitude des lecteurs. Même s'il est assurément d'autres causes à ce phénomène, ces textes ne tardèrent pas à se trouver soit proprement occultés, soit relégués au statut confus de "témoignages", ce qui autorisait à en circonscrire l'effet dans l'éphémère de l'événement et à les exclure du champ littéraire. Un Primo Levi ne fut reconnu que tardivement. Et pourtant la question du témoignage, de sa légitimité, de sa possibilité même n'a cessé de susciter de vifs débats. La littérature y a très tôt répondu à sa manière, avec des ?uvres qui comptent parmi les plus fortes du XXe siècle. Peut-être même était-ce là la seule réponse légitime: un Georges Perec, dès 1963, exposait clairement que la question du témoignage ne pouvait être qu'une question littéraire - et en même temps qu'elle engageait toute la littérature. C'est pourquoi l'approche adoptée dans ce volume se veut d'abord, et en son abord, littéraire. Partant de la conviction de la littérature d'après 1945 ne pouvait être qu'une littérature d'après les camps, que l'expérience des camps a produit une littérature du XXe siècle, il s'agissait de relire Robert Antelme, David Rousset, Jean Cayrol, Primo Levi, Jean Améry, Jorge Semprun, Varlam Chalamov... dans cette perspective. Quelles pratiques d'écriture spécifiques ces ?uvres engagent-elles? Comment s'éclairent-elles d'être lues selon des modalités relevant de l'analyse littéraire actuelle? Comment nous incitent-elles, enfin, à revenir sur la question même de la littérature, de la littérature contemporaine, qu'elle avoue ou non sa dette à l'égard de ces textes particuliers, tous portés par une sorte d'urgence, de tension, par un enjeu qui n'échappe pas au lecteur - et auquel on ne souhaite pas qu'il échappe.
L'inoubliable beauté, la fulgurance de la trajectoire, entre abstraction et figure, la relation profonde, essentielle, avec les plus grands poètes de son temps, la fin tragique de celui qui écrivait "Je ne peux prévoir ce que je ferai demain, mais pour l'instant je suis au maximum du plan, aux confins de la toile vierge": on trouvera dans ce livre la trace de cet exceptionnel destin. Mais aussi - et c'est là sans doute sa nécessité - on y trouvera une lecture nouvelle de l'oeuvre, éclairée d'une lumière intérieure. Par-delà les périodes, les classifications, Dobbels montre que tous les motifs, toits, fleurs, nus, paysages, orchestres, ne sont là que pour servir au renouvellement: "Ce qui se répète n'est jamais le même, mais le neuf en est une mesure interne, un écart intérieur."
Le jour est le même - les yeux, blessés sous les heures mais étrangement indemnes, témoignent de ce recouvrement (d'une pellicule sur l'autre), de cette cicatrice aussi indue qu'un cil au centre de tous les regards (du sien : elle et lui). Cil insigne. Cil qui concentre la rage et le calme - à devenir fou, interdisant de devenir fou. " Daniel Dobbels " J'ai réalisé en 1997 un travail sur l'itinéraire de déportation de ma mère, résistante détenue de 1943 à 1945 à Auschwitz, Birkenau (Pologne), Ravensbrück (Allemagne) et Mauthausen (Autriche). J'ai découpé sa déportation de 28 mois en deux époques : un voyage d'hiver vers l'enfermement et le retour en France au printemps, à la veille du défilé du ter mai 1945. En suivant l'itinéraire au plus près, arrivant à Auschwitz le 27 janvier, le " même " jour qu'elle, c'est un voyage vers l'Europe de l'Est que j'ai entrepris. La représentation connue de l'entrée du camp de Birkenau, long bâtiment noir aplati dans sa lumière de fond de neige, m'a décidé à photographier en utilisant une chambre panoramique, sur trépied, de façon frontale. Ce travail m'a permis d'explorer des problématiques constantes sur la démarche du photographe, la mienne étant certainement imprégnée de ses récits de déportation : le temps dans les images, ou son apparente absence ; la distance à trouver tout en restant au-dehors de l'horreur et la neutralité du cadrage ; en somme, le choix esthétique par lequel il conviendrait de transcrire (au mieux ?) autant d'éléments documentaires de témoignage. " Claude Pauquet
Dupuy Dominique ; Pouillaude Frédéric ; Dobbels Da
Quels liens se tissent entre le butô et Hiroshima, la crise de 1929 et la radicalisation de la danse moderne américaine, la révolution bolchévique et l'évolution de l'art chorégraphique russe ? Comment le bombardement de la cathédrale de Reims en 1914 s'est-il inscrit dans la vie d'Émile Jaques-Dalcroze et dans la matière même de son enseignement ? Une bombe, une crise économique, une révolution, une autre bombe : au travers de ces quatre contextes s'est exprimé un rapport particulier de la danse au politique. De quelle façon l'événement historique marque-t-il les pratiques corporelles ? Comment le "politique" travaille-t-il la danse et, au-delà, toute production artistique ? Ces réflexions ont servi de fil conducteur au séminaire organisé en 2001 par le Centre national de la danse et le Mas de la danse, rassemblant des chercheurs de divers horizons. Les pistes de recherche ouvertes au cours de ces débats sont ici exposées par Frédéric Pouillaude. Enrichi d'un texte de Claude Rabant sur le "trauma", cet ouvrage aborde des thèmes essentiels : les rapports de la danse à la puissance étatique, de la danse au travail, la " micropolitique du spectacle ", etc. Dépassant le strict champ chorégraphique, il intéressera aussi bien les amateurs et les professionnels de la danse, que les étudiants, les chercheurs et les historiens de l'art.
Construire (vrai constructivisme) pas à pas des mondes auxquels on ne s'attend pas, ayant comme puissance d'existence (de vie) de prendre corps sur un néant en miettes, sur une négativité pour ainsi dire infiniment tenue à distance. C'est cela, avec un sens du temps qui lui est singulier, que soutient Albert Clermont : qu'aucun acte (filmer, dialoguer, observer, se tenir là où nul ne l'attend, témoigner d'un égard inouï, accepter l'endurance de ce qui doit sortir comme "épreuve") ne soit comme mordu par le néant. Ne s'attendre à rien c'est veiller à ce que rien ne ruine par avance l'étonnement qu'il y a à "faire exister" (Deleuze), avant même qu'une distance de jugement décide de la validité de cette existence gagnée.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?